En visite à Budapest le 16 février 2026, le secrétaire d'État Marco Rubio a scellé l'alliance entre l'administration Trump et Viktor Orban. Entre soutien électoral et pragmatisme énergétique, cette rencontre marque une rupture franche avec le multilatéralisme bureaucratique de l'UE.

L’Europe centrale devient le nouveau centre de gravité de la diplomatie américaine. Après une étape en Slovaquie chez Robert Fico, Marco Rubio a achevé sa tournée européenne en Hongrie. Ce déplacement, officiellement de soutien, intervient alors que Viktor Orban affronte la formation d’opposition TISZA (fondée par Péter Magyar, eurodéputé et ancien proche de Viktor Orbán), avant les législatives du 12 avril.
Un scrutin sous tension
Les deux hommes ont tenu une conférence de presse, pendant laquelle, Marco Rubio a déclaré que « Trump est profondément attaché » au succès du Premier ministre hongrois.
« Votre réussite est notre réussite, en raison de la relation que nous avons », a-t-il indiqué. Le président américain n’a jamais caché sa sympathie pour Viktor Orban. Il a déclaré sur son réseau Truth Social que c’est un « dirigeant véritablement fort et puissant, avec la capacité éprouvée à produire des résultats phénoménaux ».

Le Premier ministre hongrois a entre autres déclaré samedi qu’il s’engage à poursuivre la lutte contre les « pseudo-organisations civiles, les journalistes, les juges et les politiciens achetés ». Donald Trump a aussi décidé d’entreprendre le même combat depuis son retour à la Maison-Blanche.

Trump n'hésite pas à louer publiquement Orban comme un "homme fort et puissant" sur Truth Social, vantant ses "résultats phénoménaux". Face au parti d'opposition TISZA en tête des sondages, Orban s'engage à combattre les "pseudo-organisations civiles, journalistes, juges et politiciens achetés", un discours qui résonne avec les critiques trumpiennes aux États-Unis.
À 62 ans, le chef du parti Fidesz affronte son défi électoral le plus sérieux depuis quinze ans. Les sondages placent son mouvement derrière le parti d’opposition TISZA.
Critiques européennes et proximité avec Poutine
Orban est accusé par les Européens d'avoir muselé les voix critiques dans la justice, les médias, l'académie et la société civile, tout en restreignant les droits des minorités.

Le Premier ministre hongrois entretient une relation assumée avec Vladimir Poutine, (similaire à celle de Trump, qui l'a accueilli en Alaska l'été dernier) notamment sur les dossiers énergétiques. Cette proximité nourrit les tensions avec Bruxelles.
La visite de Rubio inclut une messe à la basilique Saint-Étienne, avant des entretiens bilatéraux. Elle suit un arrêt à Bratislava auprès de Robert Fico, autre allié nationaliste. Rubio a exhorté les Européens à défendre la "civilisation occidentale" contre l'immigration massive, tout en niant vouloir une Europe "dépendante" ou "vassale".

Enjeux énergétiques et antimigrants
Les discussions portent sur l'énergie, la Hongrie bénéficiant d'exemptions américaines sur les importations russes de pétrole et gaz. Orban prévoit un voyage à Washington pour le "Conseil de paix" de Trump.
À Bratislava, Marco Rubio a assuré que Washington ne souhaitait pas une Europe « dépendante » ou « vassale ». Le message vise à rassurer les alliés tout en promouvant la vision stratégique américaine.
Le chef de la diplomatie a également appelé les Européens à défendre ce qu’il décrit comme la civilisation occidentale face aux défis migratoires et sécuritaires.
La visite s'est conclue par l'annonce de la participation d'Orban au "Conseil de Paix" inaugural à Washington. En s'affichant avec les dirigeants nationaux-conservateurs, l'administration Trump contourne les instances de l'Union européenne. Ce rapprochement préfigure une restructuration des alliances où la souveraineté des nations prime sur l'intégration fédérale européenne.




