Dans un entretien au New York Times publié le 22 mars, la journaliste Catherine Porter dresse le portrait sans fard de Pierre-Édouard Stérin, entrepreneur milliardaire exilé en Belgique depuis 2012. Avec son projet « Périclès », doté de 150 millions d’euros sur dix ans, l’homme d’affaires entend peser sur les élections municipales de dimanche et accélérer le virage idéologique du pays.

Entrepreneur milliardaire qui a choisi de vivre en Belgique depuis 14 ans, Pierre-Edouard Stérin est l’une des figures les plus influentes de la droite de la droite française. Sa carrière politique se limite jusqu’à présent au financement des programmes visant à « accélérer le virage à droite » de la France. M. Stérin a pour objectif de faire de l’Hexagone un pays moins musulman, plus catholique et économiquement puissant. Né à Evreux, une petite ville localisée à 80 kilomètres de Paris, en 1974, Pierre-Edouard Stérin est un milliardaire français qui réside en Belgique depuis 2012. Il a fait fortune grâce aux profits générés par son entreprise spécialisée dans la vente de coffrets cadeaux. Selon le magazine Challenge, l’équivalent français de Forbes, le patrimoine de M. Stérin est évalué à environ 1,85 milliard de dollars. Aux dernieres élections municipales de dimanche, il a affirmé avoir soutenu au moins 4000 candidats de la droite en finançant un programme visant à les former.
Entre capitalisme de rupture et catholicisme d’affaires
Stérin ne cache rien de son programme, une France « moins musulmane, plus catholique et plus capitaliste ». Il prône l’interdiction de l’avortement (inscrit dans la Constitution en 2024), la fin du financement public de la culture, la privatisation de l’éducation et de la santé, et un démantèlement de la protection sociale.
Sur l’immigration, il se dit « plus à droite que l’extrême droite » : expulsion des sans-papiers inactifs, interdiction du voile et du halal dans l’espace public. « Je rêve d’une France qui embrasse ses racines chrétiennes », affirme celui qui espère un jour être canonisé, promet de donner 99 % de sa fortune « pour servir le Christ », mais prie six minutes par jour et a cessé de financer ses cinq enfants après leurs études.
Sa fortune, estimée à 1,85 milliard de dollars par Challenges, il la doit à sa vingt-et-unième start-up, Smartbox, avant de fonder le fonds d’investissement Otium Capital.

Mais c’est son exil, en 2012, qui cristallise sa doctrine. Stérin fuit alors la « supertaxe » sur les hauts revenus promise par François Hollande – un impôt que les juges annuleront moins de quinze jours après son entrée en vigueur.
Dans Le Pèlerin, il justifie ce choix par l’efficacité : « Je préfère éviter de payer l’impôt, et ainsi gagner plus d’argent, pour le redistribuer à bon escient, au profit de projets que nous sélectionnons, où l’euro dépensé sera beaucoup plus efficace que dans la grande machine de l’État. »
150 millions, 4 000 candidats et une enquête parlementaire
Lancé en 2023, Périclès déploie une panoplie complète : boîte de production, institut de sondage, école de formation politique (Politicae). Bilan affiché : au moins 4 000 candidats formés pour les municipales de dimanche. « Si l’extrême droite entre au Sénat, pour lui, c’est la percée », alerte Alice Barbe, responsable d’un programme concurrent de gauche.

Le Fonds de bien commun, créé en 2021, a rendu publics environ 35 millions de dollars de dons. Son directeur, Edward Whalley, révèle que seuls 22 des 70 projets financés sont publics, les 116 millions d’euros vers des entreprises privées restent secretsn, ce qui a déclenché une commission d’enquête parlementaire le mois dernier.
Fanélie Carrey-Conte (La Cimade) et François Hollande y voient « racisme » et « islamophobie ». Stérin répond que la vraie égalité n’est pas l’égalitarisme et que l’immigration massive menace la cohésion nationale. Le rapport de force est claire : la gauche, habituée à financer ses ONG avec l’argent du contribuable, panique devant un acteur privé qui utilise son propre capital pour changer le cadre politique. Stérin ne rentrera pas en France tant que le pays ne sera pas « un bon endroit pour vivre » ; il rêve même des États-Unis.

Ironie d’un homme qui veut sauver la France mais préfère la regarder de l’extérieur, tout en démontrant chaque jour que le privé, quand il est libre, est infiniment plus efficace que l’État pour allouer les ressources.
Quand un milliardaire préfère financer directement des milliers de candidats plutôt que de payer des impôts qui financent l’immigration de masse et la dette, c’est que le contrat social est rompu. Les élites qui hurlent à l’ingérence privée oublient qu’elles vivent depuis des décennies de l’ingérence publique. Périclès n’est pas un complot ; c’est la réponse d’un entrepreneur à un système qui punit la création de richesse.




