Le gaz, épine dorsale des actions militaires d’Erdogan


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Bien sûr, Erdogan veut éviter la création d’un hypothétique Etat kurde, qui n’a jamais existé, mais contre lequel la Turquie lutte de toutes ses forces depuis la disparition du sultanat. Mais derrière des considérations purement nationalistes faciles à agiter devant les foules, le Président turc a quelques autres calculs en tête, beaucoup plus liés à des considérations énergétiques. En particulier, l’accès au gaz devient un élément structurant de sa stratégie militaire.

Erdogan est à la recherche de matières premières. Nonobstant les considérations politiques et les rivalités avec la Syrie, l’Iran ou l’Arabie Saoudite qui expliquent sa stratégie dans la région, dont l’une des conséquences n’est autre que l’invasion militaire du nord de la Syrie depuis quelques jours, un calcul plus profond explique l’action du Président turc.

Comme le fait remarquer Kaveh Afrasiabi, professeur de sciences politiques à l’université de Téhéran, l’opération militaire en cours dans le nord de la Syrie obéit aussi à des objectifs économiques:

Dévoilé en grande pompe au sommet de l’ONU cette année, le plan d’Erdoğan consiste à s’emparer d’un large pan du territoire syrien « s’étendant sur 460 kilomètres », selon la presse officielle turque, englobant la majorité sinon la totalité de la zone contrôlée par les Kurdes, notamment l’importante autoroute M4 reliant l’est et l’ouest de la Syrie.

En cas de succès, la Turquie contrôlerait 80 % des ressources pétrolières et gazières de la Syrie, actuellement aux mains des Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, sans parler des sources d’eau et de certaines des meilleures terres agricoles de Syrie.

Dans le même temps, pour donner un gage supplémentaire à cette explication, la Turquie mène une opération dangereuse à Chypre, qui suscite de fortes réactions en Europe. Erdogan cherche du gaz dans les eaux territoriales chypriotes.

A priori, cette mauvaise idée devrait être discutée au sommet européen de cette fin de semaine. Reste à savoir si l’Europe prendra des sanctions pour protéger l’un des siens. Voire décidera de croiser le fer.


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