Fidèle à son habitude, désormais, Thibault de Varenne nous donne le point de vue "Brics" sur le cessez-le-feu conclu hier soir, in extremis, sur le front iranien.

Le 7 avril 2026, le monde a retenu son souffle. À moins de deux heures de l'expiration d'un ultimatum trumpien promettant d'effacer une "civilisation entière" de la carte, les canons se sont tus. Pour l'observateur européen, souvent marginalisé dans ces grands duels de puissance, ce "deal" de 15 jours conclu à Islamabad ressemble à une victoire à l'arraché pour Washington. Pourtant, si l'on se place derrière les murs de Téhéran, le récit est tout autre : c'est celui d'une survie héroïque transformée en levier diplomatique magistral.

La diplomatie du "bord du gouffre"
L'Iran de l'après-Khamenei — le Guide suprême s'étant éteint le 1er avril dans le fracas des bombes — a prouvé qu'un régime blessé reste un prédateur redoutable. Malgré la destruction d'un tiers de son arsenal de missiles et des frappes chirurgicales sur ses infrastructures pétrolières de l'île de Kharg, la République islamique a tenu son "levier" le plus précieux : le détroit d'Hormuz.
En fermant ce verrou où transite 20 % du brut mondial, Téhéran n'a pas seulement fait exploser les cours du pétrole ; il a forcé Donald Trump, le champion du "bilatéralisme transactionnel", à suspendre sa "destruction totale" pour éviter un krach planétaire qui aurait emporté ses chances de réélection.


Le plan en dix points : le cheval de Troie de Téhéran
Ce qui est présenté à Washington comme une capitulation iranienne est perçu à Téhéran comme une charte de victoire. Le Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC) a imposé une proposition en dix points que Trump lui-même a qualifiée de "base de travail viable".


