Le cessez-le-feu vu d'Iran : défaite tactique, victoire politique, par Thibault de Varenne

Le cessez-le-feu vu d'Iran : défaite tactique, victoire politique, par Thibault de Varenne


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Fidèle à son habitude, désormais, Thibault de Varenne nous donne le point de vue "Brics" sur le cessez-le-feu conclu hier soir, in extremis, sur le front iranien.

Le 7 avril 2026, le monde a retenu son souffle. À moins de deux heures de l'expiration d'un ultimatum trumpien promettant d'effacer une "civilisation entière" de la carte, les canons se sont tus. Pour l'observateur européen, souvent marginalisé dans ces grands duels de puissance, ce "deal" de 15 jours conclu à Islamabad ressemble à une victoire à l'arraché pour Washington. Pourtant, si l'on se place derrière les murs de Téhéran, le récit est tout autre : c'est celui d'une survie héroïque transformée en levier diplomatique magistral.

Trump agrees to 2-week ceasefire with Iran, delaying threat of large-scale bombing campaign
President Trump said​ he has agreed to a “double sided CEASEFIRE” with Iran, less than two hours before his deadline for Iran to either cut a deal with the U.S. or face massive strikes on its power plants.

La diplomatie du "bord du gouffre"

L'Iran de l'après-Khamenei — le Guide suprême s'étant éteint le 1er avril dans le fracas des bombes — a prouvé qu'un régime blessé reste un prédateur redoutable. Malgré la destruction d'un tiers de son arsenal de missiles et des frappes chirurgicales sur ses infrastructures pétrolières de l'île de Kharg, la République islamique a tenu son "levier" le plus précieux : le détroit d'Hormuz.

En fermant ce verrou où transite 20 % du brut mondial, Téhéran n'a pas seulement fait exploser les cours du pétrole ; il a forcé Donald Trump, le champion du "bilatéralisme transactionnel", à suspendre sa "destruction totale" pour éviter un krach planétaire qui aurait emporté ses chances de réélection.

La guerre d’Iran vue d’Occident, du 28 mars au 4 avril, par Thibault de Varenne
Le conflit déclenché le 28 février 2026 par les frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre la République islamique d’Iran a atteint, durant la période du 27 mars au 4 avril 2026, un point de bascule critique. Cette phase, marquant l’entrée dans le deuxième mois de l’opération « Epic Fury » (États-Unis)
La guerre d’Iran vue d’Iran, du 27 mars au 4 avril, par Thibault de Varenne
La période charnière s’étendant du 27 mars au 4 avril 2026 représente une phase de transition critique dans le conflit opposant la République islamique d’Iran à la coalition dirigée par les États-Unis et Israël, connue sous le nom de code opérationnel « Epic Fury ». Après un mois de bombardements intensifs visant

Le plan en dix points : le cheval de Troie de Téhéran

Ce qui est présenté à Washington comme une capitulation iranienne est perçu à Téhéran comme une charte de victoire. Le Conseil suprême de sécurité nationale (SNSC) a imposé une proposition en dix points que Trump lui-même a qualifiée de "base de travail viable".

On sait à cause de qui les cours de l'or ont baissé, par Vincent Clairmont

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Le marché de l'or, en ce début d'avril 2026, offre un spectacle qui défie les manuels d'histoire financière. Alors que le conflit en Iran, déclenché le 28 février dernier, aurait dû propulser le métal jaune vers la stratosphère, nous assistons à un "bullion slump" — un effondrement des cours — qui laisse les investisseurs pantois. Pourquoi l'or, cette valeur refuge ultime, refuse-t-il de briller alors que le détroit d'Ormuz est en feu? La réponse ne se trouve ni à New York, ni à Londres, mais à


Rédaction

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Diesel à 2,50 € : Ormuz, prétexte idéal pour achever le moteur thermique

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Le gazole franchit allègrement les 2,25 € et s’apprête à atteindre 2,50 € le litre selon Frédéric Plan. Officiellement, c’est la faute au conflit iranien et au détroit d’Ormuz. Officieusement, cette crise offre aux idéologues verts le prétexte idéal pour rendre le diesel prohibitif et forcer les Français vers l’électrique. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, les prix du carburant flambent. Ils ont dépassé les niveaux les plus hauts atteints après l’invasion russe en Ukraine. Depuis la s


Lalaina Andriamparany

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Loi Yadan : la République met sa justice au service d'Israël

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Une pétition en ligne a déjà franchi le seuil des 460 000 signatures contre la proposition de loi de Caroline Yadan, qui sera examinée les 16 et 17 avril à l’Assemblée nationale. Portée par la députée des Français de l’étranger (circonscription incluant notamment Israël), ce texte prétend lutter contre les « formes renouvelées de l’antisémitisme » en élargissant l’apologie du terrorisme aux propos implicites, en créant un délit de négation de l’État d’Israël et en assimilant toute comparaison en


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Sortie du Grand Est: quand l'oligarchie régionale dicte sa loi au peuple alsacien

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Ce mardi 7 avril, l’Assemblée nationale examine une proposition de loi visant à créer une collectivité unique d’Alsace, qui sortirait de facto de la région Grand Est. Dans une tribune virulente publiée dimanche dans La Tribune, dix présidents de région – de Carole Delga à Valérie Pécresse en passant par Xavier Bertrand et Franck Leroy – dénoncent une « faute institutionnelle, politique et historique » calquée sur les « exigences de l’extrême droite ». Derrière les grands mots sur l’unité nationa


Lalaina Andriamparany

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