Mercredi 11 mars 2026, de nouveaux documents déclassifiés ont relancé l’affaire Epstein au cœur du pouvoir britannique. Après le scandale de l’ex-prince Andrew, c’est au tour de Peter Mandelson, ex-ministre travailliste et ancien ambassadeur aux États-Unis d'émerger du dossier. Soupçonné d’avoir transmis des informations financières sensibles au pédocriminel américain, Mandelson avait déjà démissionné en septembre 2025 et renoncé à son siège à la Chambre des Lords en février 2026. Ces nouveaux documents révèlent que le Downing Street a sacrifié la transparence pour un ami d’Epstein. Ce que ces pages révèlent est accablant : le Premier ministre savait, et il l'a nommé quand même.

L’affaire Jeffrey Epstein n’en finit pas de scandaliser les allées du pouvoir, de l’autre côté de l’Atlantique comme sur le Vieux Continent. La publication, le 11 mars, de documents relatifs à la nomination de Peter Mandelson au poste d’ambassadeur du Royaume-Uni aux États-Unis vient une nouvelle fois éclabousser le gouvernement travailliste de Keir Starmer. Si l’ancienne éminence grise du New Labour a déjà démissionné de la Chambre des Lords en février 2026, les archives judiciaires mettent désormais en lumière ce que beaucoup suspectaient : une complicité d’État par aveuglement volontaire.
Mandelson, nouveau symbole de la tempête
Au Royaume-Uni, l’onde de choc a déjà provoqué des dégâts politiques. La publication de documents sur Peter Mandelson, ancien ambassadeur britannique à Washington et figure du Parti travailliste, a ravivé la polémique.

Le 11 mars 2026, le gouvernement Starmer a publié 147 pages de documents sur la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington — sous pression du Parlement.
Le document signalait que Mandelson avait séjourné chez Epstein pendant son incarcération en 2009. Des notes internes mettaient en garde contre un "risque réputationnel" pour le gouvernement. ITV News Les conseillers de Downing Street avaient alerté. Starmer a passé outre.

Cette note interne avertissait des « dommages potentiels pour la réputation du gouvernement ». Pourtant, les atouts vantés – proximité avec Donald Trump, influence au Labour – ont primé sur la sécurité nationale.
Aujourd’hui mis en examen pour avoir transmis des informations financières sensibles à Epstein, Mandelson a déjà démissionné de son poste diplomatique puis renoncé à son siège à la Chambre des Lords en février dernier.
Quand l'élite protège l'élite
L'affaire dépasse le simple embarras diplomatique. Les fichiers Epstein publiés par le DOJ américain en janvier suggèrent que Mandelson a transmis des informations sensibles aux marchés à Epstein lorsqu'il était secrétaire d'État au Commerce — notamment un rapport interne sur des pistes de financement public, incluant la vente d'actifs d'État.

Selon The Hill , il aurait également lobbié l'administration Obama en mars 2010 pour atténuer les restrictions bancaires américaines, au bénéfice d'Epstein et du banquier Jes Staley. Mandelson a été arrêté le 23 février 2026 pour soupçon de manquement à ses obligations publiques, puis relâché sans conditions.

Après son limogeage, Mandelson a réclamé 547 000 livres sterling d'indemnités — soit quatre ans de salaire. Il a finalement perçu 75 000 livres aux frais du contribuable.
Et chez nous ? Le silence français
Alors que Washington et Londres sont en pleine ébullition, la France semble hésiter sur la marche à suivre. Pourtant, des noms ne manquent pas dans les marges du dossier.

Les relations entre Epstein et l’ancien agent de mannequins Jean-Luc Brunel, retrouvé mort en prison en 2022, avaient déjà révélé une connexion parisienne. D’autres interrogations persistent autour de personnalités publiques, dont Jack Lang et sa fille , régulièrement cités dans les débats médiatiques.

Pour l’instant, aucune commission d’enquête majeure n’a été lancée. Comme si, à Paris, la prudence institutionnelle l’emportait encore sur la volonté de transparence.

L’affaire Epstein n’est plus seulement un scandale criminel. Les États-Unis et le Royaume-Uni commencent, sous la pression médiatique et judiciaire, à ouvrir les archives. Reste à savoir si l’Europe continentale — et la France en particulier — acceptera d’examiner ses propres zones d’ombre. Car lorsque les archives s’ouvrent, ce ne sont pas seulement des individus qui vacillent, mais parfois tout un système de pouvoir et de privilèges.






