La folie fiscale française reprend avant même la fin de l’épidémie

La folie fiscale française reprend avant même la fin de l’épidémie


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La folie fiscale est décidément une maladie psychiatrique bien française, une sorte de phénomène endémique qui traverse les époques et résiste à tous les traitements. Alors que l’épidémie nous paralyse encore et tue à petits feux nos entreprises, les appels à la taxation tous azimuts reprennent sous tous les prétextes. On voit mal comment le gouvernement pourrait résister longtemps à cette invocation religieuse qui émane d’une part croissante du landerneau médiatique.

La folie fiscale française a connu une courte (et apparente) pause entre 2017 et aujourd’hui. Mais elle ne devrait pas tarder à reprendre à court terme, tant les discours enflammés de Biden sur la hausse de l’impôt sur les sociétés, et l’appel du FMI à imposer les riches suscitent des vocations dans le vaste groupe des taxophiles français.

Le gouvernement sommé d’augmenter les impôts

Plus un homme politique, et de préférence un ministre, ne peut rencontrer un journaliste sans qu’il ne soit désormais sommé de se dire favorable à une hausse des impôts.

C’était par exemple le cas de Bruno Retailleau, sur RMC, qui a contesté le principe de l’impôt. C’était aussi le cas de Bruno Le Maire ce matin sur Sud-Radio. Au train où vont les choses, plus aucun ministre n’osera sortir de son bureau par peur d’annoncer qu’il n’augmente pas ou ne soutient pas une augmentation des impôts.

La logique de Biden fait des ravages

Bien entendu, c’est l’annonce d’un relèvement du taux d’impôt sur les sociétés par Joe Biden qui nourrit tous les fantasmes. Que ce paradis de l’ultra-libéralisme que sont les Etats-Unis se mettent à augmenter les impôts des entreprises en plein milieu de la crise est bien la preuve qu’on nous ment sur le poids de la pression fiscale en France !

Le journaliste moyen pense comme ça, et ne perdez pas votre temps à lui expliquer que Biden va porter à 28% un impôt qui est à 33% en France. Cette rationalité-là est inaudible désormais. La nomenklatura française n’attendait qu’un signal pour crier en coeur son amour de l’impôt et son besoin de faire rendre gorge à toutes ces entreprises qui exploitent la planète. Alors que le chômage, c’est tellement mieux !

Donc, Biden augmente l’impôt sur les sociétés, nous aussi, nous devons l’augmenter !

Pour l’instant, le gouvernement tient

Dans ce contexte de folie fiscale, le gouvernement tient sa ligne… pour l’instant. La copie remise à la Commission Européenne sur notre trajectoire de finances publiques ne prévoit pas de hausse d’impôts. Ce faisant, elle propose un retour à un déficit budgétaire de 3% pour 2027.

Ces hypothèses sont fondées sur des taux bas qui n’asphyxient pas le budget de l’Etat. On sait tous que cette hypothèse repose sur du sable et que l’hyperinflation qui arrive va bouleverser la donne dans des proportions encore inconnues. Les taux vont inexorablement monter, et le recours à la dette sera donc beaucoup plus douloureux et compliqué dans les années à venir.

Dans cette hypothèse évidente, et imminente, la réponse aux difficultés est déjà trouvée, et les gouvernements qui viendront joueront sur du velours : il faut augmenter les impôts et ne surtout pas diminuer les moyens de nos brillants services publics que le monde entier nous envie.

Vous savez donc à quelle sauce les entrepreneurs et les épargnants seront mangés dans les mois à venir.


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