À Colombey-les-Deux-Églises, la demeure historique du général de Gaulle, La Boisserie, est officiellement sur le marché. Selon L’Express du 30 avril, les quatre petits-fils de l’ancien président héritiers depuis la mort de leur père, l’amiral Philippe de Gaulle, en mars 2024, veulent s’en séparer. Derrière l’image sacrée de la Ve République, les héritiers du Général se déchirent désormais autour d’une vente que l’Élysée surveille de près.

L’ancienne demeure du général de Gaulle située à Colombey est actuellement en vente. Mais un désaccord entre les héritiers, dont ses quatre petits-fils, rend la transaction difficile. L’Etat suit de près l’évolution de cette affaire. La Boisserie, où le Général s’est éteint en 1970, est inscrite aux Monuments historiques depuis 2004. Les premières estimations de sa valeur oscillent entre 800 000 et 3 millions d’euros. Un bien immobilier ordinaire pour un notaire, mais un lieu hautement symbolique pour la Ve République.
Quatre héritiers, deux camps, une maison à brader
Se trouvant dans la commune de Colombey-les-Deux-Eglises, en Haute-Marne, l’ancienne demeure du général Charles de Gaulle baptisée « La Boisserie » est actuellement en vente. Mais la cession de la propriété est devenue un dossier sensible et elle a du mal à aboutir en raison d’une mésentente entre les héritiers, les quatre fils de l’ancien président, l’amiral Philippe de Gaulle, le fils du général.

Charles (77 ans), Yves (74 ans), Jean (72 ans) et Pierre (62 ans) ne s’entendent guère, comme le souligne la presse. Pierre a déjà racheté la part de son aîné Charles et contrôle désormais la moitié de l'indivision, ce qui lui confère un levier décisif dans toute négociation à venir. Yves, lui, serait avant tout motivé par la cession du bien.
Vous aimez retrouver sur le Courrier une vision du monde introuvable ailleurs ? Vous pouvez nous aider sans vous abonner...
Derrière les « mésententes chamailleuses » se cachent des logiques classiques d’héritage : rapports de force, calculs pécuniaires et absence d’unité familiale autour d’un symbole national. Selon l’Express, « Charles et Pierre ne s’entendent pas avec Yves et Jean ». Selon Europe 1, l'estimation de cette demeure classée monument historique depuis 2004 oscille entre 800 000 et 3 millions d'euros.
Macron et Dati à la manœuvre
L'Élysée suit le dossier depuis plusieurs mois. Emmanuel Macron en personne, secondé par Rachida Dati lorsqu'elle était encore ministre de la Culture, a engagé des discussions directes avec la famille notamment avec Yves de Gaulle et son épouse Laurence.

L'Elysée veut éviter une cession à un acquéreur privé. Des discussions ont déjà eu lieu avec la famille, notamment Yves et son épouse Laurence. Le gouvernement, qui n’a pas été surpris par la décision des héritiers, craint visiblement qu’un bien aussi chargé d’histoire ne tombe entre des mains étrangères ou simplement privées. Une intention qui se comprend mais qui appelle quelques questions.

L’État se retrouve face à une contradiction familière : défendre un patrimoine national sans assumer ouvertement le coût de sa conservation. Faut-il nationaliser symboliquement un lieu lié au récit gaullien ? Ou laisser des héritiers disposer librement d’un bien privé, même chargé d’histoire ?

Derrière cette affaire apparaît surtout une fracture plus profonde : la République célèbre volontiers la mémoire du Général, mais hésite dès qu’il faut arbitrer entre patrimoine, argent et propriété privée. Si pour certains, La Boisserie devrait relever du patrimoine historique national, d’autres ne voient pas pourquoi l’État se mêlerait d’une succession familiale au prétexte de l’Histoire.
