Juppé, mauvais candidat pour le Conseil Constitutionnel


Partager cet article

Alain Juppé a été proposé par Richard Ferrand, président de l’Assemblée Nationale, pour remplacer Lionel Jospin au Conseil Constitutionnel. Ce bâton de maréchal pour l’une des plus grandes carrières politiques de la Vè République est un signal négatif envoyé par les institutions.

Ce n’est pas que la carrière d’Alain Juppé soit contestable, ni que l’homme n’ait pas l’ampleur suffisante pour continuer à jouer un rôle national. Ce n’est pas non plus qu’on n’aime pas l’homme (encore que son orléanisme old-fashion soit d’un ennui mortel, avec cette manie d’équilibrer les propos et ce souci si bien élevé de n’être jamais dans l’excès, qui selon nous, fait somnoler un nombre grandissant de Français et explique largement le besoin de (ré)jouissances exprimé par les Gilets Jaunes). Non, ce n’est pas tout cela, bien au contraire.

Car Juppé, au Conseil Constitutionnel, fera du Juppé, c’est-à-dire portera une vision dépassée du Conseil. Il est un politique qui lira les textes soumis à son avis ou à sa décision avec le regard d’un politique, et non d’un juge. C’est bien ce qu’on reproche à cette nomination. Il est temps que la France accorde une vraie indépendance à la justice, et à cette Cour si particulière qu’est le Conseil Constitutionnel.

Pour ce faire, Richard Ferrand avait envisagé de proposer la nomination de l’éminent publiciste Guy Canivet. C’eut été un choix bien inspiré. Le signal envoyé aurait été celui d’une indépendance accrue de cette instance devenue essentielle depuis l’octroi des questions prioritaires de constitutionnalité.

Tenté pendant quelques jours de renouveler les institutions, Richard Ferrand a préféré revenir au monde ancien. Dommage.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
L'humeur de Veerle Daens : la dangereuse victoire narrative de l'Iran face aux certitudes de la caste occidentale

L'humeur de Veerle Daens : la dangereuse victoire narrative de l'Iran face aux certitudes de la caste occidentale

Mes chers amis, approchez. Quel spectacle fascinant et tragique nous offre cette « comédie du pouvoir » en ce début de mois de mars 2026! Tandis que nos élites — cette Caste qui se pense investie d'une mission divine pour régenter le monde — débouchent le champagne pour fêter la « décapitation » du régime iranien, le réveil s'annonce d'une brutalité sans nom. « Epic Fury » ou la fureur du ridicule Le Pentagone a donc accouché de l’opération « Epic Fury ». Quel nom! On se croirait dans une mau


CDS

CDS

Guerre en Iran : les stocks de missiles US s’épuisent

Guerre en Iran : les stocks de missiles US s’épuisent

Alors que les frappes américano-israéliennes contre l’Iran se poursuivent, un signal d’alerte émerge de Washington : les stocks de missiles stratégiques américains s’amenuisent. Selon CNN, citant un haut responsable, les réserves de missiles de croisière Tomahawk et d’intercepteurs Standard Missile-3 (SM-3) seraient en baisse. Une donnée technique en apparence, mais lourde de conséquences dans un contexte d’escalade militaire rapide. Alors que Washington et Tel Aviv intensifient leurs frappes s


Rédaction

Rédaction

Affaire Epstein: la série de décès  se poursuit en Russie

Affaire Epstein: la série de décès se poursuit en Russie

L’homme d’affaires russe Umar Dzhabrailov a été retrouvé mort à Moscou le 2 mars 2026. La thèse du suicide est privilégiée. Ancien sénateur et milliardaire controversé, il était apparu dans les documents liés à l’affaire Epstein. Le 2 mars 2026, Umar Dzhabrailov, 67 ans, homme d’affaires et ex-sénateur, a été retrouvé mort à Moscou. Les premières informations relayées par des médias russes évoquent un suicide par arme à feu. Suicide à Moscou, une version officielle prudente Selon le quotidie


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Iran : le pic imminent d'inflation en Europe calme la fureur guerrière, par Vincent Clairmont

Iran : le pic imminent d'inflation en Europe calme la fureur guerrière, par Vincent Clairmont

L'essentiel : Le retour de la "Realpolitik du portefeuille" Alors que les tambours de guerre résonnent, une force invisible freine l'ardeur des chancelleries européennes : l'inflation. Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), a lancé un avertissement glacial : un conflit prolongé entraînerait un « pic substantiel » de l'inflation et une chute brutale de la production en zone euro. En Europe, la "fureur guerrière" se heurte désormais à une réalité implacable : le


Rédaction

Rédaction