Jacques Chirac s’en va et ses très riches mécènes récupèrent leur logement

Jacques Chirac s’en va et ses très riches mécènes récupèrent leur logement


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Officiellement, la nation rend un vibrant hommage à Jacques Chirac, considéré comme un président sympathique, chaleureux, ami des petites gens, etc. Derrière cette mythologie savamment entretenue, la vérité est sans doute très différente. Jacques Chirac avait contracté, alors jeune science-potard, un mariage d’ambition (selon les termes du couple) avec Bernadette Chodron de Courcel. Par la suite, il a mené une existence extrêmement bourgeoise, illustrée par ses dernières demeures… prêtées gratuitement par de très riches mécènes.

On n’épiloguera pas ici sur les bénéfices que Jacques Chirac a retirés de ses mandats électifs, grâce auxquels il a pu être logé dans Paris gratuitement durant de longues années. On s’amusera surtout de son mode de vie après son départ de l’Élysée, en 2007.

Jacques Chirac et l’Arabie Saoudite

Comme le signale Le Monde, il s’installe alors gracieusement dans l’appartement de Ayman Hariri, fils du Premier Ministre libanais assassiné, situé quai Voltaire, dans le très chic 6è arrondissement, face au Louvre. L’appartement occupait une surface de 400 mètres carrés… Les Chirac occupent les lieux jusqu’en 2015.

Au-delà de l’anecdote, cette mise à disposition gracieuse d’un gigantesque appartement d’une valeur actuelle de plusieurs millions d’euros (plus proche des 10 millions que des 5 millions…) soulève une question politique majeure. Ayman Hariri est en effet installé en Arabie Saoudite et sa fortune est estimée à 1,5 milliard €. Il dirigeait un géant saoudien du BTP et il est soupçonné de faillite frauduleuse. Ces circonstances rappellent que, à peine arrivé au pouvoir, Jacques Chirac s’est empressé de nouer un partenariat étroit avec l’Arabie Saoudite.

Jacques Chirac et la famille Pinault

Après un accident de santé en 2015, Jacques Chirac peine à se déplacer. Il s’installe alors au rez-de-chaussée de l’hôtel particulier de François Pinault, rue de Tournon, à quelques enjambées du quai Voltaire et à un jet de pierres du Sénat.

Dès lors, il n’a plus goût à rien, refuse de s’alimenter comme de monter dans le fauteuil roulant qu’il appelle « la petite voiture ». Il ne peut pourtant plus se déplacer autrement. C’est du reste pour cela que François Pinault a offert à Claude la solution de la rue de Tournon. « Parce que le fauteuil ­roulant ne passait pas dans l’ascenseur de l’appartement de la rue de Seine » où le couple habitait depuis 2007, explique le journaliste Arnaud ­Ardoin, auteur de Président, la nuit vient de tomber (Cherche midi, 2017).

Il n’est pas inintéressant de relever là encore la proximité de Jacques Chirac avec de très riches mécènes. Cette heureuse circonstance a au moins permis aux Chirac de ne pas s’éloigner des plus beaux quartiers de Paris. Bien loin de M. et Mme Toutlemonde que Jacques aimait tant, paraît-il.


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