«Il transpire maintenant»: quand Le Louvre expose la chute de l'ex-prince Andrew

«Il transpire maintenant»: quand Le Louvre expose la chute de l'ex-prince Andrew


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Le 19 février, le groupe activiste "Everyone Hates Elon" a brièvement exposé au Louvre un portrait de l'ex-prince Andrew, capturé après sa garde à vue. Cette action symbolique lie l'actualité judiciaire britannique à la mémoire de la victime Virginia Giuffre.

L’institution la plus visitée au monde a servi de théâtre à une intrusion politique inédite. Une photographie de Phil Noble (Reuters), montrant Andrew Mountbatten-Windsor hagard dans une voiture de police, a été accrochée sur les murs du Louvre. L’image, vestige d’une garde à vue de douze heures à Aylsham, a côtoyé les chefs-d'œuvre classiques durant quinze minutes.

Une image devenue virale

Le cliché est signé Phil Noble pour Reuters. On y voit Prince Andrew, affalé à l’arrière d’un véhicule de police, regard fixe, traits tirés. La scène date du 19 février, à la sortie du commissariat d’Aylsham (Norfolk), après douze heures d’interrogatoire par la police britannique.

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L’image s’est rapidement imposée comme l’une des plus marquantes du feuilleton judiciaire lié à l’affaire Jeffrey Epstein. Elle cristallise la chute symbolique d’un membre de la monarchie britannique, longtemps protégé par son statut.

Une opération militante au cœur du Louvre

Le 23 février, un militant du collectif britannique « Everyone Hates Elon » — mouvance anti-Elon Musk et plus largement anti-milliardaires — a accroché la photographie, encadrée, sur un mur du Musée du Louvre.

Un cartel ironique accompagnait l’image : « Il transpire maintenant ». Allusion directe à l’interview accordée en 2019 à BBC, où Andrew affirmait souffrir d’un trouble médical l’empêchant de transpirer, en réponse aux accusations de Virginia Giuffre.

L’action a duré environ quinze minutes avant l’intervention du personnel. Aucun dégât n’a été signalé. L’opération visait explicitement à « montrer comment le monde se souviendra de lui », selon le collectif.

Le Louvre, décor involontaire d’un scandale global

L’ironie est double. Dans son autobiographie posthume Nobody’s Girl, Virginia Giuffre ouvre son récit sur une visite au Louvre en 2021, alors qu’elle témoignait à Paris contre Jean-Luc Brunel, associé d’Epstein. La victime du réseau Epstein y décrit le Louvre comme le décor de ses traumatismes passés.

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En 2001, Jeffrey Epstein et Ghislaine Maxwell l'y escortaient alors qu'elle était sous leur emprise. En 2021, elle y subissait une crise d'angoisse devant les tapisseries de Louis XIV. L'accrochage de la photo d'Andrew, cinq ans plus tard, apparaît comme une forme de clôture symbolique, une intrusion de la justice des faits dans un lieu marqué par l'ombre des prédateurs.

L’épisode illustre la montée des actions spectaculaires à faible coût, conçues pour les réseaux sociaux. En quinze minutes, le collectif a obtenu une visibilité mondiale.

Il pose aussi une question plus prosaïque : celle de la sécurité d’un musée d’État parmi les plus visités au monde. Visiblement, le Louvre n’a toujours pas amélioré sa sécurité après le vol des bijoux.


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