Grandes inquiétudes du Pentagone face à l’ ascension de DeepSeek

Grandes inquiétudes du Pentagone face à l’ ascension de DeepSeek


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En une semaine seulement, DeepSeek, le chatbot chinois, a bouleversé les marchés de l’IA. Moins coûteux mais tout aussi performant que ChatGPT, ce robot menace la suprématie technologique américaine. Le phénomène technologique chinois, suscite des inquiétudes croissantes parmi les entreprises américaines pour la sécurité des données. Les géants de la cybersécurité et le Pentagone ont rapidement pris des mesures drastiques.Les USA, autrefois convaincus de leur invincibilité dans le domaine de l’IA, connaissent une chute retentissante.

DeepSeek, lancé le 20 janvier par la start-up chinoise, a rapidement conquis le public mondial. Classée en tête de l’App Store, l’application a non seulement captivé des millions d’utilisateurs mais aussi déstabilisé les grandes entreprises technologiques américaines en bourse. Issu du génie de Liang Wengfeng, un entrepreneur chinois né en 1985, DeepSeek-R1 offre une alternative moins coûteuse à ChatGPT, tout en proposant des performances comparables, la start-up n’a seulement dépensé que 6 millions de dollars, contre 2,85 milliards pour la société américaine.  Selon la MIT Technology Review, l’entreprise a misé sur l’efficacité et la mutualisation des ressources. Résultat : DeepSeek-R1 utilise seulement 2 000 puces Nvidia pour entraîner son IA, contre plus de 16 000 pour ses concurrents californiens. Même Sam Altman, PDG d’OpenAI, a qualifié ce chatbot d’« impressionnant ». Cette avancée a remis en question la domination de l’IA américaine, jusque-là considérée comme intouchable. Cette popularité a rapidement été entachée par des préoccupations liées à la sécurité des données. Des centaines d’entreprises américaines, notamment celles ayant des liens avec le gouvernement, ont bloqué l’accès à DeepSeek.

Des entreprises US sur la défensive

Selon Bloomberg, des centaines d’entreprises, notamment celles ayant des liens avec le gouvernement, ont bloqué l’accès à DeepSeek. Selon les experts en cybersécurité d’Armis et Netskope, le principal risque réside dans la possible fuite de données vers le gouvernement chinois.

« La plus grande préoccupation concerne la fuite potentielle de données du modèle d’IA au gouvernement chinois », a expliqué Nadir Izrael, directeur technique d’Armis.

Un cabinet d’avocats de renom, Fox Rothschild, basé à San Francisco, a également choisi de bloquer l’accès à DeepSeek, rapportant des inquiétudes similaires.

Inquiétudes autour de la politique de confidentialité

Au cœur des préoccupations se trouve la politique de confidentialité de DeepSeek, qui stipule que toutes les données des utilisateurs sont stockées en Chine. Or, les lois locales obligent les entreprises à partager ces données avec les agences de renseignement chinoises sur demande.

Cette situation a poussé plusieurs institutions stratégiques, telles que le Pentagone et la marine américaine, à interdire l’utilisation de l’outil. Le Pentagone a officialisé cette mesure cette semaine, emboîtant le pas à la marine qui avait déjà pris cette décision la semaine dernière.

Le succès fulgurant de DeepSeek soulève une question majeure : jusqu’où faut-il s’engager avec des technologies étrangères, surtout lorsqu’elles sont associées à des risques de cybersécurité ? Par ailleurs, l’arrivée de ce chatbot a fait chuter les actions des géants américains de la tech, tandis que les investisseurs asiatiques saluaient cette percée technologique chinoise. Certains experts prédisent déjà un basculement de l’hégémonie américaine dans le secteur de l’IA.

Pour rappel, le géant du stockage informatique Oracle, le fonds d’investissement japonais SoftBank et la start-up OpenAI, créatrice de ChatGPTse sont associés à l’administration Donald Trump, et s’engagent à investir 100 milliards de dollars pour lancer le projet Stargate: un projet  ambitieux d’au moins 500 milliards de dollars destiné à construire des infrastructures IA aux Etats-Unis sur 5 ans.


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