Goulard victime d’une vengeance… allemande

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Après l’éviction de Sylvie Goulard par le Parlement européen, l’image de la France, et plus singulièrement celle d’Emmanuel Macron, sont sévèrement écornées. Manifestement, le vote du parlement européen a pris le président français au dépourvu. Il semblait incapable d’imaginer un affront aussi puissant. Selon les dernières informations qui circulent, ce sont les conservateurs allemands qui lui ont infligé une défaite.

L‘affaire Sylvie Goulard n’a, en soi, rien de très étonnant. Les parlementaires européens attendaient d’elle un engagement à démissionner en cas de mise en examen dans l’affaire des emplois fictifs. Elle a, lors de deux auditions, et à l’occasion de réponses écrites, refusé de s’engager sur ce point, en expliquant que cette démission affaiblirait la Commission. Il n’en fallait pas plus, dans tous les cas, et quels que soient les arguments annexes, pour justifier la rejet de sa candidature. Il fallait une naïveté très française pour imaginer que la France pourrait échapper à la règle commune.

Que l’arrogance française se soit greffée sur le sujet n’a fait qu’empirer un choix qui était déjà acté. Le député conservateur bulgare Andreï Kovatchev a très bien résumé la situation :

« Pourquoi ne pas appliquer les standards français au niveau européen »

Selon les propos d’Emmanuel Macron, Ursula Von Der Leyen avait pourtant assuré que les affaires de la future commissaire ne poseraient pas problème. Nos lecteurs se souviennent de notre scepticisme sur ce sujet, déjà exprimé à la fin du mois d’août.

Il semblerait que, dans ce dossier, la président Von Der Leyen et le président Macron aient sous-estimé la détermination prussienne à se venger des mauvais procédés français. On n’épiloguera pas ici sur les insultes que Nathalie Loiseau avait en son temps adressées à ses partenaires, condamnant son élection à la présidence du groupe libéral. La brutalité et l’arrogance avec laquelle Macron lui a emboîté le pas en dénigrant la candidature de Manfred Weber, le conservateur allemand, à la tête de la Commission.

Tout laisse à penser que Manfred Weber a agi dans l’ombre pour plomber la candidature Goulard, en représailles à ces postures désagréables. Il n’a eu qu’à surfer sur la guerre déclarée par Macron au système des Spitzenkandidaten, et à actionner, y compris parmi les Républicains ou les Insoumis français, le rejet viscéral du style Macron, pour infliger à la France une défaite en rase campagne.

Tôt ou tard, dans la vie, tout se paie.


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