Gel des pensions : Bercy spolie les retraités en silence

Gel des pensions : Bercy spolie les retraités en silence


Partager cet article

Bercy planche sur la désindexation des retraites supérieures à 3 000 euros pour le budget 2027. Une mesure présentée comme un geste de justice sociale, mais qui masque un mécanisme bien plus brutal : l'État, incapable d'augmenter l'impôt, choisit de rogner discrètement sa dette envers ceux qui l'ont financé pendant quarante ans.

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Le gouvernement cherche 3 milliards d'euros d'économies supplémentaires (2 sur l'État, 1 sur la Sécurité sociale ) et regarde du côté des pensions les plus élevées. Une "année blanche" généralisée coûterait trop cher politiquement ; une désindexation ciblée, elle, passe mieux dans l'opinion.

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
CdS
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Bercy cherche 3 milliards, les retraités deviennent une variable d’ajustement

Le gouvernement cherche environ 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires, dont 2 milliards sur l’État et 1 milliard sur la Sécurité sociale. Parmi les pistes étudiées figure la désindexation des pensions les plus élevées, avec un seuil de 3 000 euros évoqué par le gouvernement.

Le gouvernement en dit plus sur son projet de gel des pensions
Selon « Le Figaro », Bercy étudie une hypothèse de désindexation des retraites les plus élevées (au-dessus de 3 000 euros) de l’inflation pour le budget 2027

Selon Le Figaro, Bercy travaille sur cette hypothèse pour le budget 2027. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a lui-même estimé sur France Inter qu’il fallait examiner les mécanismes d’indexation à l’inflation. Au micro de Sud Radio,Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a également défendu le débat sur les « indexations automatiques indifférenciées ».

Retraites : la grande spoliation continue, cachée derrière une taxe sur votre santé
Le rideau tombe sur un nouvel acte de la tragicomédie française, cette pièce interminable où l’État, bouffi d’impuissance et de suffisance, prétend réformer ce qu’il n’ose même plus nommer. La réforme des retraites, ce serpent de mer qui terrorise les gouvernements successifs depuis trente ans, est

L’enjeu financier est considérable : depuis 2022, les pensions ont augmenté d’environ 14 %. Une nouvelle revalorisation pourrait coûter autour de 6 milliards d’euros, tandis qu’un gel complet avait été évalué à environ 3,6 milliards d’économies.

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

L’inflation permet de réduire la dette sans prononcer le mot « défaut »

Une pension de retraite n’est pas simplement une prestation distribuée généreusement par l’administration. Elle constitue la contrepartie d’un système contributif auquel les actifs ont cotisé pendant des décennies.

Retraites : une France toujours hostile à l’universalité de la sécu
Le débat (que dis-je ? l’affrontement !) sur la réforme des retraites fait affleurer à la surface, une nouvelle fois,

Certes, juridiquement, il ne s’agit pas d’une dette souveraine classique : l’État n’a pas promis à chaque retraité une pension indexée à vie selon un contrat individuel. Mais économiquement, la logique est proche d’un défaut partiel en termes réels : le débiteur respecte nominalement le montant versé tout en laissant l’inflation en réduire progressivement le pouvoir d’achat.

Le procédé est politiquement commode. Pas besoin d’augmenter explicitement les impôts ni d’annoncer une baisse nominale des pensions. Il suffit de laisser les prix progresser plus vite que les revenus.

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

124 milliards à trouver, les retraités paieront la première facture

À Matignon, on temporise : il ne s’agirait encore que d’« hypothèses de travail » de Bercy. Les arbitrages doivent être présentés au Premier ministre d’ici la fin août. Et les précédents montrent combien le sujet est explosif : des projets de désindexation ont déjà été abandonnés.

Retraites : l’échec perpétuel du “jardin à la Française”
Demain, mercredi 12 novembre 2025, l’Assemblée Nationale s’apprête à accomplir un acte hautement symbolique : voter, dans le cadre du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026, la suspension de la réforme des retraites de 2023. Cet événement, qui peut sembler n’être qu’une

Surtout, cette économie ciblée intervient alors que le gouvernement doit trouver 124 milliards d’euros d’ici 2030 pour redresser les comptes publics, selon les projections évoquées dans le dossier budgétaire. La question fondamentale demeure donc intacte : pourquoi faire supporter progressivement l’ajustement aux détenteurs d’un revenu constitué après une vie de cotisations, plutôt que s’attaquer frontalement aux causes structurelles de l’explosion de la dépense publique ?

De la Paulette à l’INSP ? ou la France des offices
De la Paulette (1604) à l’INSP (2022) : quatre siècles d’offices, de robe et de concours. La centralisation française n’est pas un accident, c’est un héritage.

Le seuil de 3 000 euros permet de présenter la mesure comme une affaire de « riches retraités ». Ce n’est pas de la justice sociale. C’est de l’ingénierie financière d’État. Et chaque fois que Bercy ouvre ce dossier, il confirme une vérité simple : quand les caisses sont vides, le créancier le plus facile à spolier reste le citoyen qui a déjà payé.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Plan de relance européen : 19 perquisitions pour une fraude présumée de 7 millions d’euros

Plan de relance européen : 19 perquisitions pour une fraude présumée de 7 millions d’euros

Le 13 août 2026, le Parquet européen a lancé 19 perquisitions à Bucarest dans une affaire de fraude aux marchés publics touchant 29 projets informatiques financés par le plan de relance européen. Montant estimé du préjudice : 7 millions d'euros d'argent public détourné vers des prestataires de conseil et de cloud présélectionnés. Encore une nouvelle illustration des failles structurelles d'un plan de relance financé par la dette commune européenne. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany