France: des propriétaires mécontents attaquent Tesla en justice

France: des propriétaires mécontents attaquent Tesla en justice


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Un groupe de propriétaires français de Tesla, représenté par le cabinet d’avocats GKA, a annoncé son intention d’assigner la marque en justice. Selon les plaignants, le magnat de la technologie a transformé leurs véhicules en véritables « totems » d’extrême droite. Les plaignants réclament des indemnisations pour perte de valeur et préjudice moral, invoquant l’impossibilité de jouir pleinement de leur voiture en raison des prises de position politiques controversées du milliardaire.

Un cabinet d’avocats français a lancé une action conjointe contre Tesla, accusant Elon Musk d’avoir transformé les voitures de la marque en symboles politiques controversés. Des propriétaires affirment ne plus pouvoir jouir librement de leur véhicule, redoutant une perte de valeur et des actes de vandalisme.

Les véhicules Tesla devenus des symboles politiques

Les conducteurs de voitures Tesla en France ont lancé une poursuite judiciaire contre Elon Musk et son entreprise de fabrication de véhicules électriques. Dans une déclaration, le cabinet GKA affirme :

« Les véhicules Tesla sont devenus de forts symboles politiques, à la consternation de ceux qui les ont achetés pour leur innovation et leur aspect écologique. »

Accusé de faire des appels du pied à l’antisémitisme et au suprémacisme blanc, il est aussi connu pour son comportement provocateur, le patron de Tesla est accusé d’avoir effectué deux saluts nazis le lundi 20 janvier, à l’occasion de son discours dans une enceinte sportive de Washington, lors de la cérémonie d’investiture de Donald Trump.Il a répondu au critique:« C’est usant, ce truc de comparer tout le monde à Hitler. ».  Il est également apparu par liaison vidéo dans des rassemblements politiques d’extrême droite en Italie et en Allemagne. Un geste qui aurait fait chuter les ventes de Tesla en Allemagne. Le constructeur de véhicules électriques a vu son chiffre de ventes chuter de 53% le mois dernier. Bien que Tesla attribue ce recul à l’attente du nouveau Model Y restylé, la baisse généralisée de la valeur des véhicules d’occasion alimente l’inquiétude.

Selon  le cabinet d’avocats français, leurs clients, les propriétaires de Tesla sont embarrassés et frustrés, et veulent se débarrasser de leurs voitures. Pourtant, la valeurà la revente aurait beaucoup diminué. Selon GKA, certains propriétaires ont peur de la stigmatisation sociale, certains affichent désormais des autocollants du type « J’ai acheté ça avant qu’Elon ne devienne fou » pour se distancier.

Une action collective incertaine

Dans cette affaire, le cabinet GKA souhaite aller au-delà d’un simple dédommagement symbolique : il vise la résiliation pure et simple des contrats de crédit-bail. Une démarche juridiquement complexe, puisque ces contrats sont souvent gérés par des sociétés tierces indépendantes de Tesla.

Par ailleurs, prouver une perte de valeur imputable uniquement aux prises de position de Musk risque de s’avérer difficile. La décote d’un véhicule dépend de nombreux facteurs : état, kilométrage, marché de l’occasion, etc.

Pour autant, le cabinet d’avocats GKA a déclaré que ses clients ont fait acquisition des voitures Tesla dans le seul but de « posséder un véhicule innovant et écologique ».

« Nous pensons que M. Musk doit à ces acheteurs la possession paisible de la chose vendue »

, a ajouté Patrick Klugman, un membre du cabinet.

La date d’audience, encore inconnue, déterminera si les propriétaires français pourront faire plier le géant américain.


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