Alors que des enquêtes judiciaires visent 84 écoles maternelles, une vingtaine d’écoles élémentaires et une dizaine de crèches à Paris pour des faits de violences et de pédocriminalité, Emmanuel Grégoire, premier adjoint au maire, appelle les parents à « avoir confiance en leur école ». Un discours du pompier-pyromane : rassurer les parents tout en administrant la ville qui a laissé prospérer ces dérives pendant des années.

Le lundi 18 mai, Emmanuel Grégoire montait sur RTL pour éteindre l'incendie. Le périmètre de l'enquête, confirmé par le parquet de Paris, est pourtant grave: 84 écoles maternelles, une vingtaine d'écoles élémentaires, une dizaine de crèches. Autant dire que c'est l'ensemble du système périscolaire municipal qui est sous les projecteurs de la justice.
Une enquête qui change d’échelle
Le dossier ne relève plus de faits isolés. Les déclarations du procureur de Paris confirment désormais l’existence d’investigations massives portant sur des dizaines d’établissements municipaux. Le périscolaire parisien qui dépend directement de la Ville de Paris via ses recrutements, ses procédures de contrôle et son organisation administrative se retrouve au cœur d’une crise de confiance majeure.

Invité sur RTL le 18 mai, Emmanuel Grégoire a énuméré plusieurs mesures correctives : modification des procédures de recrutement, inspections renforcées et lancement d’une convention citoyenne sur les droits de l’enfant.
Vous aimez retrouver sur le Courrier une vision du monde introuvable ailleurs ? Vous pouvez nous aider sans vous abonner...

Mais ces annonces posent une question simple : pourquoi ces garde-fous n’ont-ils pas existé plus tôt ? Car les animateurs mis en cause ont été recrutés, encadrés et maintenus dans le système sous l’autorité de la municipalité. Certes, Emmanuel Grégoire évoque des changements de procédures, mais omet de préciser depuis quand ces dysfonctionnements perdurent et pourquoi ils n’ont pas été anticipés malgré les alertes répétées ces dernières années.
Toujours la communication cosmétique
« Je veux dire aux parents qu'ils doivent avoir confiance en leur école. » Cette phrase, prononcée à l'antenne alors qu'une enquête judiciaire d'une ampleur inédite est en cours, résume assez bien la méthode : le verbe administrer là où les faits accablent.

On convoque une « Convention citoyenne sur les droits de l'enfant » dont les conclusions sont attendues fin juin, pour une application au 1er septembre , délai administratif pendant lequel les familles, elles, vivent dans l'angoisse. Emmanuel Grégoire a lui-a reconnu que cette attente est même « insupportable » pour les parents.

Sans mesurer qu'elle l'est davantage encore quand les responsables institutionnels occupent le temps médiatique à se féliciter de « l'accélération des enquêtes » qu'ils n'ont pas diligentées.

Au fond, les parents ne demandent pas des conventions citoyennes ni des discours lénifiants : ils exigent des contrôles réels, une justice rapide et une responsabilité des élus et des administrations qui gèrent ces structures. Pour les parents, tant que la culture du silence et de la déresponsabilisation perdurera, la confiance restera un vœu pieux.
