Ah, la belle affaire ! Vincent Bolloré, ce magnat dont le nom seul fait trembler les salons parisiens comme un séisme de magnitude 5 sur l’échelle des vanités, vient de commettre l’irréparable : il a osé soustraire son cinéma à l’emprise bienveillante de l’État-nounou et surtout aux petits marquis qui en vivent comme des sangsues en Amazonie. Une sécession, rien que ça !

Et devinez qui hurle à la trahison ? Ceux-là même qui se sont enrichis sur le dos des financements de celui qu'ils vilipendent publiquement.
La révolte du méchant capitaliste
Notre cher Vincent, donc, a décidé que son entreprise de financement du cinéma appelée Canal – vous savez, cette chaîne cryptée qui donnait droit au Journal du X, au siècle dernier – fonctionnerait désormais selon des règles qu’il a l’audace de fixer lui-même. Horreur ! Scandale ! Comment un homme peut-il prétendre gérer son business sans demander la bénédiction de la Commission supérieure des bons sentiments culturels ? Les gardiens du temple, ces petits marquis habillés à la mode parisienne bobo avec leur conscience à géométrie variable, s’étouffent dans leur champagne bio. "C’est la fin de la culture !" clament-ils, oubliant au passage que la culture, pour eux, se résume souvent à un festival subventionné où l’on se congratule entre initiés.
Le syndrome du jouet cassé
Ce qui est délicieux, c’est de voir ces mêmes gens, qui hier encore traitaient Bolloré de "prédateur capitaliste" (un comble, pour un homme qui a bâti son empire en surfant sur les subventions publiques) et d'extrémiste de droite, lui reprocher aujourd’hui de ne plus jouer selon leurs règles. On croirait assister à une crise de cour de récréation : "Vincent, tu ne veux plus partager tes billes ? Mais c’est pas juste !" Sauf que les billes en question, ce sont des millions d’euros, et que le "partage", dans leur esprit, signifie surtout "laisse-nous en prélever une partie pour financer notre dernier film d’auteur vu par 12 spectateurs".

L’hypocrisie en costume-cravate
Ironie suprême : ces apôtres de la "diversité culturelle" sont les premiers à exiger l’uniformité dès qu’il s’agit de plier le genou devant le dogme étatique. Bolloré veut innover, tester des modèles économiques libérés du carcan administratif ? "Intolérable !" Il oserait même – ô sacrilège – faire confiance au marché pour décider ce qui plaît au public ? "C’est la fin de l’art !" Pourtant, quand Netflix ou Amazon font la même chose, on les encense comme des génies disruptifs. Mais Bolloré, lui, a le tort de ne pas être américain. Et surtout, de ne pas demander pardon.
La leçon (que personne ne retient)
Ce que cette affaire révèle, c’est la peur panique des élites culturelles de perdre leur mainmise sur un secteur qu’elles considèrent comme leur chasse gardée. Le cinéma français, ce joyau sacralisé, doit rester sous domination étatique et bienpensante, sinon qui paiera les dîners en ville ? Bolloré, en refusant de jouer les figurants dans cette comédie, leur rappelle une vérité insupportable : le talent et l’audace n’ont pas besoin de subventions pour exister. Ils ont besoin de liberté.
Épilogue en forme de clin d’œil
Alors, chers petits marquis, calmez vos tremblements. Bolloré ne fait que vous offrir une leçon de cohérence : si vous croyez tant qu'il est d'extrême-droite, allez jusqu'au bout de vos haines. Passez-vous de son argent. Sinon, avouez simplement que ce qui vous dérange, ce n’est pas sa sécession… c’est qu’il vous méprise.
Et maintenant, passons au pop-corn. Sans subvention, s’il vous plaît.