Echec de l'EPSO: l’Union européenne, malade de sa propre bureaucratie

Echec de l'EPSO: l’Union européenne, malade de sa propre bureaucratie


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L'EPSO, l’Office européen de sélection du personnel, organe de sélection des fonctionnaires européens, accumule les échecs techniques. Les eurodéputés ont fortement critiqué l'EPSO en raison du dysfonctionnement de son système de recrutement en ligne. Entre bugs techniques, erreurs de traduction et favoritisme latent, l’échec de la modernisation du recrutement illustre la dérive bureaucratique d’une Union incapable de se réformer.

Les eurodéputés ont demandé au bureau d’entamer une réforme interne tout en exigeant la transparence, l’intégrité et la transparence tout au long des procédures de sélection.Traductions automatiques erronées, tests annulés : le système révèle une gestion opaque et clientéliste. Pour répondre aux parlementaires, l’EPSO a déclaré que le bureau de recrutement « travaille sans relâche ».  

Des problèmes techniques dénoncés

L’Office européen de sélection du personnel (EPSO) a pour mission d’organiser les concours pour les postes au sein des diverses institutions et agences de l’Union européenne (UE). En 2023, le bureau a pris la décision de moderniser les procédures de sélection des candidats en remplaçant les examens en présentiel par des tests en ligne plus rapides et moins nombreux. Mais le projet a échoué.

 L’EPSO a été la cible de nombreuses critiques en raison des problèmes techniques répétés survenus au cours des tests numériques. Selon Politico, en avril, le bureau du recrutement a informé environ 10.000 candidats eurocrates que les résultats de leurs examens n’ont pas été validés suite à une erreur technique. Ils devraient donc repasser le test d’entrée.

Un candidat français qui participait aux tests en ligne pour le poste de fonctionnaire de l’UE a même déposé une plainte auprès du Parlement européen. Il a évoqué différents problèmes comme des erreurs de traduction introduites par l’IA.

Comment, dans ces conditions, garantir l’égalité de traitement ? La réponse de l’EPSO, par la voix de son directeur Olivier Salles, se limite à des promesses de travail « sans relâche » et d’« audits en cours ». Des mots qui sonnent creux.

Le clientélisme, poison de la méritocratie européenne

Mardi, les membres de commission des pétitions du Parlement ont voté pour une proposition visant à obliger l’EPSO à répondre à ces critiques concernant son système de tests à distance et à mettre en place une réforme interne.

Lorsque Cristiano Sebastiani du syndicat Renouveau & Démocratie accuse l’EPSO de « nier tout ce qui pourrait encore être nié », il pointe une culture de l’irresponsabilité où l’institution se protège elle-même au détriment des candidats et, in fine, de la qualité du service public européen. Les 2 750 candidats retenus récemment, brandis comme un signe de redressement, ne peuvent masquer la défiance désormais installée.

La résolution du Parlement, qui sera ratifiée en novembre, exhorte l’EPSO à mener des réformes internes. Mais peut-on raisonnablement attendre d’une structure bureaucratique qu’elle se réforme elle-même ? L’histoire récente de l’UE suggère le contraire.

La lourdeur administrative, l’absence de reddition de comptes et le manque de concurrence ont créé un écosystème où l’échec est toléré, voire absorbé, sans conséquences pour ses responsables. La modernisation annoncée n’était qu’un leurre ; elle a simplement déplacé les problèmes du physique au numérique sans en résoudre les causes profondes.

La machine européenne produit des règlements à la chaîne, mais n’arrive même plus à embaucher correctement ceux censés les appliquer. Nous avions évoqué dernièrement que la Médiatrice européenne Teresa Anjinho a placé Lampros Papadias, son propre chef de cabinet au poste de Secrétaire Général.

L'urgence est de "rétablir l'intégrité, la transparence, la responsabilité et la prévisibilité", comme le réclament les législateurs.

Pour assainir l'Union européenne et garantir que les postes reviennent aux plus compétents, il n'y a qu'une solution : une réduction drastique de la taille de sa bureaucratie et l'introduction de mécanismes de marché qui seuls peuvent garantir l'efficacité et la responsabilisation.


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