Droit de retrait et COVID : attention aux pièges

Droit de retrait et COVID : attention aux pièges

2 min de lecture

Partager cet article

Dans les stratagèmes préconisés ou évoqués pour contourner l’obligation vaccinale, l’invocation du droit de retrait pour les non-vaccinés qui seraient mis en danger par les vaccinés ne manque pas d’intérêt, en apparence. Effectivement, les vaccinés ne sont pas testés et ne sont pas astreints au port du masque, ce qui fait d’eux des bombes virales en puissance. Voilà un motif plausible pour se retirer. Mais attention aux appréciations du juge, qui pourraient mettre les « retirés » en position difficile.

Le droit de retrait est une hypothèse séduisante pour contourner l’obstacle de la suspension consécutive au refus de se vacciner dans certaines professions. Il repose sur une démarche en plusieurs temps :

  1. le salarié ou le fonctionnaire présente un test l’autorisant à travailler
  2. il alerte son employeur sur les risques qu’une absence de tests et de masques pour les vaccinés font courir à la collectivité
  3. fort de cette alerte, où il constate que sa santé est mise en danger, il exerce son droit de retrait, qui interdit à l’employeur de lui retenir le moindre euro de salaire.

Le risque du droit de retrait

Cette stratégie n’est pas sans risque, et il faut que ce sujet soit bien clair dans les esprits. Car si le retrait repose forcément sur l’appréciation subjective d’un risque encouru par le salarié qui se retire, il appartient in fine au juge d’estimer la réalité de ce danger. En l’espèce, le juge est celui des prud’hommes pour les salariés du secteur privé, et le juge administratif pour les fonctionnaires.

L’appréciation finale du juge peut se révéler redoutable pour les salariés. En effet, si la réalité du danger entraînant le droit de retrait n’est pas reconnue, l’employeur est autorisé à exercer les retenues sur salaire correspondant à l’absence du salarié. Il peut même en tirer prétexte pour licencier le salarié.

On voit ici le risque pris dans l’exploration de cette stratégie…

Droit de retrait et COVID

S’agissant du COVID, le ministère de la Santé a « anticipé le coup » en rappelant que les entreprises qui respectent les protocoles officiels sont présumées protégées de tout droit de retrait. Tenter cette stratégie peut donc constituer un véritable boomerang. Certes, la position de l’administration n’engage pas le juge, mais il faut avoir conscience que la pente sera longue à remonter… longue et forte.

L’usage du droit de retrait peut donc être tenté. Mais il faut avoir conscience des risques qu’il emporte pour le maintien dans l’emploi.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Val de Briey : les urgences ferment encore cette nuit, après onze jours de fermeture en août
Photo by Eriel Ezequiel Reyes Saviñon / Unsplash

Val de Briey : les urgences ferment encore cette nuit, après onze jours de fermeture en août

À Val de Briey, les urgences de l’hôpital Maillot ferment une nouvelle fois leurs portes, cette fois du 9 septembre à 20 heures au 10 septembre à 9 heures. Après onze jours de fermeture consécutifs en août, cette succession de suspensions pose une question simple : comment un service d’urgence financé par la solidarité nationale peut-il devenir inaccessible par intermittence sans qu’une véritable responsabilité publique soit engagée ? LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLE


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

CCAS de Lyon : subvention triplée, comptes dans le rouge, et des administrateurs qui ne viennent pas aux réunions

CCAS de Lyon : subvention triplée, comptes dans le rouge, et des administrateurs qui ne viennent pas aux réunions

La Ville de Lyon a plus que triplé sa subvention au CCAS depuis 2019, de 5,8 à 19,4 millions d’euros. Pourtant, les comptes sont désormais déficitaires de 1,3 million d’euros et les dépenses de fonctionnement ont bondi de 40 % en cinq ans. Plus inquiétant encore : les instances censées surveiller cette gestion semblent avoir déserté. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cin


Rédaction

Rédaction