Document: l’interrogatoire de Djokovic par la police des frontières australiennes. Kafka à Canberra!

Document: l’interrogatoire de Djokovic par la police des frontières australiennes. Kafka à Canberra!


Partager cet article

Novak Djokovic mène deux sets à un dans le bras de fer qui l'oppose aux autorités australiennes. Le tribunal australien saisi par les avocats du joueur lui a donné raison, a exigé sa libération et a considéré son visa comme valide. Ceci ne veut pas dire que le numéro un mondial a gagné le match. Le ministre australien de l'Immigration a déclaré qu'il était prêt à inverser la décision du juge par une décision personnelle. Et puis on a vu, depuis quatre jours, tout le choeur des collaborateurs de la tyrannie sanitaire-et jusqu'à certains joueurs, compétiteurs de Djokovic, dont on aurait attendu plus de solidarité -dénigrer le joueur et tenter de donner raison à l'arbitraire des autorités australiennes.  Sur le fond, il s'agit d'une défaite majeure pour le nouvel ordre sanitaire. Mais on peut imaginer que dans les jours prochains Djokovic soit poussé dans ses retranchements, jusqu'à devoir disputer d'autres manches.

.L’Open d’Australie est le premier tournoi de tennis du grand chelem à exiger une vaccination obligatoire pour tous les athlètes, sous réserve de dérogations. Cette position a également été adoptée par le gouvernement de l’État de Victoria. Ce qui restait flou était de savoir si des dispenses pouvaient être accordées, et dans quelles conditions. Et Novak Djokovic a été non seulement le prétexte d’un bras de fer entre le gouvernement fédéral australien et l’Etat de Victoria; mais aussi une cible lui-même, emblématique, parce qu’il ne veut pas se soumettre aux injonctions de l’ordre sanitaire.

Raison d'Etat

 « À son arrivée à Melbourne, Djokovic s’est heurté à la méchanceté qui a rendu célèbre l’Australian Border Force dans les films, les médias sociaux et la presse écrite » écrit Oriental review. Nous avons traduit la transcription des entretiens qui se sont déroulés durant les presque sept heures que Novak Djokovic a dû passer à l’aéroport parce que la police des frontières refusait de reconnaître la validité de son visa (voir ci-dessous). Nous reproduisons ce document parce qu’il montre la folie d’un gouvernement occidental qui a sombré dans le fascisme gris.  On est plus dans Kafka que dans Soljenitsyne. Mais nul doute qu’une chape de plomb est tombée sur ce qui s’appelait autrefois « le monde libre ».  

Ayant conservé son sang-froid tout au long de la nuit, Novak Djokovic  a lucidement refusé de signer la révocation de son visa. Et été formellement placé en détention puis remis à la société privée de services Serco; avec qui le gouvernement fédéral australien a contracté pour gérer les entrants sans visa valable. 

Selon la décision de la police des frontières australienne « M. Djokovic n’a pas réussi à fournir les preuves appropriées pour satisfaire aux conditions d’entrée en Australie, et son visa a donc été annulé ».  

Ensuite, l’État de Victoria, à qui le gouvernement fédéral a demandé de fournir des preuves de l’exemption de Djokovic, a refusé d’assumer sa première décision. Et le Premier ministre australien, Scott Morrison a déclaré: « Personne n’est au-dessus de ces règles. Nos politiques frontalières rigoureuses ont été essentielles pour que l’Australie ait l’un des taux de mortalité par COVID les plus bas du monde, nous continuons à être vigilants. »

Comme le souligne Oriental review: « De telles paroles sont appréciables venant d’un gouvernement accro à la subversion de l’état de droit, des conventions et de la procédure régulière ».

Version française entretien djokovic avec les douanes australiennes from EdouardHusson

Sauver l'état de droit

Comme l’a expliqué l’ancien directeur de l’Australia Open, Paul McNamee, à la chaîne ABC, « chaque joueur et membre de l’encadrement du tournoi remplit un formulaire, le visa 408, et tout le monde fait cela, vous êtes guidé par Tennis Australia, à chaque étape, et ensuite vous obtenez l’approbation, c’est le processus. »

McNamee, ancien joueur professionnel, a souligné que Djokovic « avait suivi les règles. Vous pouvez être en colère qu’on lui ait accordé une exemption, mais les joueurs doivent avoir confiance dans le fait que les règles qu’ils respectent vont être appliquées, donc il n’y a aucune équité dans le fait de lui retirer une exemption vaccinale accordée. »

Non seulement le gouvernement fédéral australien a commi un déni de justice mais il a assigné à résidence Djokovic dans un hôtel, le Carlton’s Park Hotel où certains immigrants sans visa sont détenus depuis des années, comme cet Iranien qui, grâce à la présence de Djokovic a pu rappeler au monde qu’il était là depuis neuf ans: . 

Name: Mehdi

I came to Australia asking for safety when I was just 15 years old.

Now I am 23 and still in detention. I am suffering.

Shame on this cruel policy that destroyed my childhood.#NoOneCanHearUs pic.twitter.com/OJhl1lLWIH

— Mehdi Ali (@MehdiAli98) August 16, 2021

Lundi 10 janvier en fin  d’après-midi à Melbourne, le juge Anthony Kelly du tribunal fédéral de Melbourne s’est assuré une place dans les livres d’histoire. Il a déjugé  l’annulation du visa  de Novak Djokovic décidée par les autorités fédérales  Le juge a par ailleurs demandé la libération, dans les trente minutes suivant la décision, de Djokovic de l’hôtel/ centre de détention où il était assigné à résidence.

Le numéro un du tennis mondial a donc remporté la troisième manche et mène par deux sets à un contre le gouvernement australien. Mai ce dernier va chercher à prendre sa revanche – le lecteur du document ci-dessus remarquera une incohérence: Djokovic parle d’abord de la mi-décembre 2021 pour  avoir contracté le COVID-19; puis le document parle de novembre; est-ce une erreur de transcription? Ou bien y a-t-il des failles dans l’argumentation du joueur?

En tout cas, le Ministre de l’Intérieur Alex Hawkes  a déclaré, avec une arrogance fascistoïde qu’il allait évaluer la possibilité d’utiliser son « pouvoir personnel d’annulation » alors que la précédente annulation était due aux services du Ministère de l’Intérieur. Et le gouvernement de Canberra de faire savoir sadiquement que Djokovic pourrait bien – comme cela lui avait été notifié pendant l’entretien – être interdit de séjour en Australie pendant trois ans. Autant dire d’ici la fin de la carrière d’un joueur professionnelle de 34 ans qui rêvent de gagner son 21è tournoi du Grand Chelem. 

Il faut s’attendre à une nouvelle offensive du gouvernement australien parce que la fausse ingénuité du tennisman les met en porte-à-faux vis-à-vis de leur population soumise à l’objectif scientifiquement stupide du « zéro Covid ». Il serait si facile de réconcilier le gouvernement et la société aux dépens d’un affreux « Djodjo » serbe. Il est vrai que Canberra a de plus en plus le mauvais rôle devant l’opinion mondiale; mais cela sera-t-il suffisant pour arrêter une logique suicidaire – elle aussi bien fasciste? 


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Jurançon: il gagne 5,8 millions au Loto… et finit criblé de dettes
Photo by Waldemar Brandt / Unsplash

Jurançon: il gagne 5,8 millions au Loto… et finit criblé de dettes

Le 4 avril 2007, un habitant de Jurançon (Pyrénées-Atlantiques) validait une grille au tabac-presse du quartier et empochait 5,8 millions d’euros au Loto. Dix-huit mois plus tard, la fortune avait fondu. Aujourd’hui endetté de quelque 150 000 euros, avec ses deux maisons hypothéquées, il confie à la radio locale Ici Béarn Bigorre une « haine astronomique » envers l’escroc rencontré en chemin et regrette amèrement d’avoir ignoré l’accompagnement proposé par la Française des Jeux. Une histoire ban


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Imbert à l'Élysée, Moulin à la Banque de France : quand le grand jeu des chaises musicales macronistes s’accélère

Imbert à l'Élysée, Moulin à la Banque de France : quand le grand jeu des chaises musicales macronistes s’accélère

Un décret paru au Journal officiel ce 30 avril officialise le retour de Pierre-André Imbert comme secrétaire général de l'Élysée. Son précédent, Emmanuel Moulin, lorgne la Banque de France. Derrière ces nominations techniques se dessine une stratégie de placement institutionnel en cette fin du deuxième mandat de Macron. Pierre-André Imbert, inspecteur général des finances et ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée de 2020 à 2023, deviendra lundi 4 mai le nouveau secrétaire général de la p


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'OPEP-monde se meurt, le pétrole s'embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont

L'OPEP-monde se meurt, le pétrole s'embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont

Le marché pétrolier n'est plus une mécanique de précision, mais une boucherie à ciel ouvert. Le Brent frôle les 120 dollars le baril et, tandis que les chancelleries s'agitent, les faits, eux, sont têtus : nous assistons à la démolition contrôlée de l'ordre énergétique mondial. Ce n'est pas une simple "crise de volatilité", c'est le grand découplage entre la géopolitique de la force et les illusions d'un marché physique en état de mort cérébrale. Pourquoi l’asphyxie mondiale impose une stratég


Rédaction

Rédaction

La Directive UE sur les rémunérations ou la fin programmée de la liberté contractuelle...

La Directive UE sur les rémunérations ou la fin programmée de la liberté contractuelle...

Plusieurs lecteurs m'ont demandé ce que je pensais de la directive européenne sur les rémunérations, qui va révolutionner ce sujet tabou en France. Voici une première réponse... Sous le vernis moralisateur de l'« égalité femme-homme », la Directive (UE) 2023/970 vient d’achever ce qui restait de l’autonomie de gestion dans nos entreprises. Ce n'est plus du droit social, c'est de l'ingénierie bureaucratique pure, une tentative désespérée de la Caste européenne de substituer le plan à la réalité


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe