Discrètement, la Cour des Comptes crée une prime de 9.000€ pour ses membres

Discrètement, la Cour des Comptes crée une prime de 9.000€ pour ses membres


Partager cet article

Pendant que les Français se serrent la ceinture face à l'inflation, la caste, elle, s'arroge quelques nouveau privilèges pour améliorer son train de vie. C'est le cas de la Cour des Comptes, jamais avare de commentaires sur les dépenses excessives, mais attentives à son propre confort. Le budget 2023 montre en effet que la Cour des Comptes a décidé d'octroyer une prime moyenne nouvelle de 9.000€ à ses magistrats... un montant qui doit prévoir de fortes différences selon les cas.

L’information est habilement montée et présentée pour passer le plus inaperçue possible en ces temps de disette. Mais la Cour des Comptes vient de réserver un petit cadeau de derrière les fagots à ses membres, qui devrait mettre pas mal de beurre dans les épinards.

En loi de finances pour 2023, la Cour des Comptes prévoit une « mesure catégorielle » affichée à un peu plus de 300.000€, ce qui est modeste pour les 459 magistrats du corps. Il faut entendre, par « mesure catégorielle », les augmentations accordées au-delà de la valeur du point d’indice et de ses variations.

En l’espèce, il s’agit d’une prime accordée pour « harmoniser » les régimes indemnitaires avec ceux des autres corps de l’Etat.  L’expression ne manque pas de sel, puisqu’elle revient à dire que, pour faire comme les autres, on s’attribue des primes nouvelles. Comprenne qui pourra.

Les documents budgétaires prennent bien soin, d’ailleurs, de ne surtout pas expliquer les bases de calcul pour cette augmentation en apparence modeste (moins de 1.000€ par personne).

Sauf que…

Un tableau que peu de députés liront, sans doute, explique que cette somme modeste ne vaut que pour quelques mois. Et le tableau (que nous reproduisons ci-dessus) précise le coût « en année pleine ». Nous ne sommes plus dans la même dimension. En fait, la Cour s’attribue une augmentation de moyens de 4,1 millions pour les 459 magistrats, soit la rondelette augmentation moyenne de 9.000€ en un an.

Pourtant, les magistrats ne sont pas si mal payés : 118.000€ en moyenne, selon la même loi de finances.

La justification donnée à cette « mesure catégorielle » vaut le détour :

Dans le cadre de la mise en place du nouveau corps des administrateurs de l’État, et afin d’harmoniser les rémunérations des différents corps des hauts fonctionnaires, plusieurs revalorisations indemnitaires sont prévues, notamment pour les magistrats des chambres régionales. Une ouverture de crédits de 3,8 M€ a été votée dans la loi n° 2022-1157 du 16 août 2022 de finances rectificative pour 2022 afin d’assurer, à compter du 1er février 2022, la revalorisation indemnitaire des conseillers de chambres régionales et territoriales des comptes (CRTC) de 1er et 2e grade ainsi que le grade de présidents de section de CRTC, pour les auditeurs de la Cour et pour les 90 conseillers référendaires en service extraordinaire. Les crédits inscrits en 2023 sur cette mesure catégorielle correspondent à son extension sur une année pleine.

3,8 millions, 4,1 millions, au sens propre pour cette prime, la loi de finances 2023 évoque le chiffre de 3,4 millions… On ne sait plus trop combien coûte cette mesure particulière. Ce qui est sûr, c’est que, au moment où les Français commencent à sentir leur douleur causée par la politique erratique du gouvernement, la fin de l’abondance n’est pas pour tout le monde.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Par peur d’un “scénario iranien”, Kim Jong Un constitutionnalise la riposte atomique

Par peur d’un “scénario iranien”, Kim Jong Un constitutionnalise la riposte atomique

L’ombre d’une guerre de décapitation hante Pyongyang. Après l’élimination d’Ali Khamenei, Kim Jong Un verrouille son pouvoir par une clause apocalyptique. En cas d’attaque contre lui, l’armée doit lancer des armes nucléaires sans attendre aucun ordre. Un signal de terreur qui en dit long sur la fragilité des régimes totalitaires face à la stratégie de décapitation. La Corée du Nord vient d’inscrire dans sa constitution le déclenchement automatique d’une frappe nucléaire, en guise de représaille


Rédaction

Rédaction

L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

L'humeur de Veerle Daens : de plus en plus avachie, la presse subventionnée brigittomane

On pourrait croire à un épisode mal écrit de Sous le soleil, mais non : c’est le sommet de l’État. Apparemment, entre deux décrets liberticides et une énième ponction sur le fruit de votre travail, le Château s’adonne au vaudeville de boulevard. Je m'abonne au Courrier On nous murmure que Brigitte aurait administré une correction manuelle à notre Jupiter national (vous savez ? la fameuse, à la sortie de l'avion). La cause ? L'ombrageuse et sublime Golshifteh Farahani. Pendant que la France


CDS

CDS

Votes parlementaires: Démok.fr, la plateforme qui menace le confort des partis

Votes parlementaires: Démok.fr, la plateforme qui menace le confort des partis

Une nouvelle webapp gratuite, Démok.fr, permet aux Français de suivre en temps réel et de voter sur les projets et propositions de loi, en parallèle de leurs députés. Lancée par un citoyen il y a dix ans dans sa conception, elle vise à combler le fossé entre représentants et représentés. Un outil simple qui rappelle une vérité trop oubliée : une fois élus, les députés n’ont aucun devoir légal de représentativité. Démok (demok.fr) est une webapp non lucrative, née d'une idée vieille d'une dizain


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Menaces contre Emma Fourreau : quand LFI appelle à l’ordre… après avoir jeté de l’huile sur le feu

Menaces contre Emma Fourreau : quand LFI appelle à l’ordre… après avoir jeté de l’huile sur le feu

Après plusieurs semaines de cyberharcèlement, l’eurodéputée insoumise Emma Fourreau a annoncé le dépôt de 101 plaintes à Caen pour menaces de mort, menaces de viol et injures sexistes. En toile de fond : son opposition aux banquets du Canon Français, mouvement soutenu financièrement par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin. Derrière les faits indéfendables de harcèlement, se dessine une France fracturée où extrêmes s’invectivent et où la justice devient l’arène d’un bras de fer politique. Le p


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany