Deux députés allemands démissionnent : ils auraient touché des commissions sur la vente de masques

Deux députés allemands démissionnent : ils auraient touché des commissions sur la vente de masques


Partager cet article

Alors que les chrétiens démocrates de Madame Merkel baissent dans les sondages du fait du ras-le-bol de la population face aux mesures de restriction sanitaire, le groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag est plongé dans la tourmente. Plusieurs de ses membres sont soupçonnés d’avoir touché des commissions sur les ventes de masques ou d’en avoir tiré des avantages pour des activités professionnelles extraparlementaires. De quoi troubler le jeu politique d’ici les élections législatives de septembre 2021

Le bâtiment du Reichstag à Berlin, siège du parlement fédéral

Rien ne va plus à l’union chrétienne-démocrate de Madame Merkel ni chez ses alliés de l’union chrétienne-sociale bavaroise, dont le président, Markus Söder, se verrait bien à la Chancellerie berlinoise à la fin de l’année. Le parti perd deux à trois points dans les différents sondages hebdomadaires qui mesurent les intentions de vote « si les élections législatives avaient lieu dimanche prochain ». Le Ministre de la Santé Jens Spahn est mis sous grosse pression car on lui reproche de plus s’occuper de ses affaires personnelles – en particulier d’avoir acheté une villa luxueuse dans les environs de Berlin en pleine crise du COVID 19 – que de gérer la lutte contre l’épidémie au plus près des intérêts de l’économie allemande. Et comme si cela ne suffisait pas, le groupe parlementaire CDU/CSU doit affronter à présent le soupçon d’enrichissement personnel ou d’affaires lucratives réalisés à l’occasion de l’approvisionnement en masques sanitaires.

Deux députés du Bundestag démissionnent

Georg Nüsslein, député bavarois, n’est pas le parlementaire lambda puisqu’il est vice-président du groupe parlementaire; or il est soupçonné d’avoir touché jusqu’à un million d’euros de commissions au printemps dernier pour faciliter l’approvisionnement en masques alors que le pays en manquait – comme la France. Nüsslein a démissionné du groupe parlementaire et annoncé qu’il ne se représenterait aux élections législatives de septembre. Nikolas Löbel, député CDU de Mannheim, a lui démissionné immédiatement de son mandat parlementaire: on lui reproche d’avoir encaissé 250 000 euros de commissions pour son entreprise en échange de la livraison de masques à des maisons de retraites et une société d’approvisionnement hospitalier.

24 députés, en tout, pourraient être visés par une enquête interne

Hans-Jürgen Imer, député en Hesse,  se voit reprocher à son tour d’avoir fait insérer des publicités dans un journal de sa circonscription, le Wetzlar Kurier, pour une entreprise qu’il avait par ailleurs poussée auprès du Ministre de la Santé. Une enquête parlementaire non publiée affirme qu’une vingtaine d’autres députés seraient concernés. L’opposition – Libéraux du FDP, Verts et Parti de Gauche – réclame une enquête approfondie. Que pouvait-il lui arriver de mieux à une semaine d’une élection régionale, en Bade-Wurttemberg qui aura valeur de test quant à la force des partis politiques respectifs – et pourrait bien placer les Verts en position avantageuse ; et à six mois des élections législatives – où la CDU pourrait voir fondre son avance, actuellement de dix points dans les sondages, sur les Verts.  En tout cas, contrairement à ce qu’espérait le parti de Madame Merkel, qui entendait bien profiter de la popularité retrouvée de cette dernière, avant qu’elle passe la main, l’année 2021 ne sera pas un long fleuve tranquille


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Imbert à l'Élysée, Moulin à la Banque de France : quand le grand jeu des chaises musicales macronistes s’accélère

Imbert à l'Élysée, Moulin à la Banque de France : quand le grand jeu des chaises musicales macronistes s’accélère

Un décret paru au Journal officiel ce 30 avril officialise le retour de Pierre-André Imbert comme secrétaire général de l'Élysée. Son précédent, Emmanuel Moulin, lorgne la Banque de France. Derrière ces nominations techniques se dessine une stratégie de placement institutionnel en cette fin du deuxième mandat de Macron. Pierre-André Imbert, inspecteur général des finances et ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée de 2020 à 2023, deviendra lundi 4 mai le nouveau secrétaire général de la p


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'OPEP-monde se meurt, le pétrole s'embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont

L'OPEP-monde se meurt, le pétrole s'embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont

Le marché pétrolier n'est plus une mécanique de précision, mais une boucherie à ciel ouvert. Le Brent frôle les 120 dollars le baril et, tandis que les chancelleries s'agitent, les faits, eux, sont têtus : nous assistons à la démolition contrôlée de l'ordre énergétique mondial. Ce n'est pas une simple "crise de volatilité", c'est le grand découplage entre la géopolitique de la force et les illusions d'un marché physique en état de mort cérébrale. Pourquoi l’asphyxie mondiale impose une stratég


Rédaction

Rédaction

La Directive UE sur les rémunérations ou la fin programmée de la liberté contractuelle...

La Directive UE sur les rémunérations ou la fin programmée de la liberté contractuelle...

Plusieurs lecteurs m'ont demandé ce que je pensais de la directive européenne sur les rémunérations, qui va révolutionner ce sujet tabou en France. Voici une première réponse... Sous le vernis moralisateur de l'« égalité femme-homme », la Directive (UE) 2023/970 vient d’achever ce qui restait de l’autonomie de gestion dans nos entreprises. Ce n'est plus du droit social, c'est de l'ingénierie bureaucratique pure, une tentative désespérée de la Caste européenne de substituer le plan à la réalité


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Directive rémunérations : quelles sont les surtranspositions françaises qui nuiront aux entreprises? par Elise Rochefort

Directive rémunérations : quelles sont les surtranspositions françaises qui nuiront aux entreprises? par Elise Rochefort

Alors que l'échéance du 7 juin 2026 approche, la France s'apprête à transformer son Index de l’égalité professionnelle pour l'aligner sur la directive (UE) 2023/970. Si l'intention de réduire l'écart salarial (toujours de 14,2 % en France) est louable, le projet de loi français choisit d'aller bien au-delà des exigences européennes minimales. Pour les entreprises, ces « surtranspositions » ne sont pas neutres : elles créent une charge administrative et un risque juridique inédit que j'analyse p


Rédaction

Rédaction