Deux adolescents frappés lors d'un contrôle en 2019 : le policier condamné sept ans plus tard, grâce à un journaliste infiltré

Deux adolescents frappés lors d'un contrôle en 2019 : le policier condamné sept ans plus tard, grâce à un journaliste infiltré

Un policier parisien condamné le 3 novembre à un an de prison avec sursis pour des violences commises en 2019 sur deux mineurs, révélées par un journaliste infiltré.

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Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, le 3 novembre 2026, le gardien de la paix Marc F. à un an de prison avec sursis pour des violences aggravées sur deux frères mineurs. Les faits remontent à avril 2019, dans l’est parisien. Ils n’ont émergé qu’après la publication du livre Flic, en 2020, et la saisine de l’IGPN. Il aura fallu sept ans, et l’imposture d’un reporter, pour qu’une institution examine ce qui s’était passé dans ses propres locaux.

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En avril 2019, deux adolescents sont contrôlés dans l’est de Paris. Selon les faits rapportés, l’intervention dégénère : une gifle, puis des coups de poing dans un véhicule et au commissariat. Pourtant, ces violences ne donnent pas immédiatement lieu à une mise en cause judiciaire connue. Il faudra l’intervention d’un journaliste infiltré pour faire émerger l’affaire.

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Sept années de procédure pour des violences révélées de l’intérieur

Le 3 novembre, le tribunal correctionnel de Paris a condamné le policier, identifié sous les initiales Marc F., à douze mois d’emprisonnement avec sursis pour violences aggravées. La condamnation n’est toutefois pas définitive : le délai d’appel reste ouvert et le fonctionnaire conteste les faits.

L'affaire doit beaucoup au travail de Valentin Gendrot. Pendant six mois, ce journaliste s’est fait recruter comme adjoint de sécurité au sein de la police parisienne. Son immersion a donné naissance au livre Flic, dans lequel il rapporte notamment les violences commises contre les deux frères. Ses révélations ont entraîné une saisine de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN).

Ce cheminement soulève une question embarrassante : pourquoi a-t-il fallu qu’un journaliste se fasse passer pour un membre de l’institution afin que des faits commis dans ses propres locaux soient exposés ? La chaîne hiérarchique et les dispositifs internes de contrôle n’ont manifestement pas permis de faire émerger l’affaire avant cette intervention extérieure. Dans cette affaire, l’IGPN, la police des polices, a été saisie, sur la foi d’un ouvrage et non d’une alerte venue de la hiérarchie.

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Une sanction judiciaire, mais des questions demeurent sur le fonctionnement policier

L’affaire comporte un autre élément particulièrement préoccupant. Valentin Gendrot affirme avoir assisté à la rédaction d’un procès-verbal qui ne mentionnait pas les violences. Cette accusation donne à l’affaire une dimension supplémentaire : au-delà du comportement individuel d’un agent, c’est la fiabilité de la traçabilité des interventions policières qui se trouve questionnée.

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Marc F., aujourd’hui âgé de 38 ans, a depuis été affecté comme pilote de drone à la préfecture de police de Paris. Il a défendu devant le tribunal une intervention qu’il jugeait proportionnée. D’autres pratiques décrites dans le livre, notamment le déplacement de personnes interpellées avant leur remise en liberté, n’ont pas pu être établies par l’enquête.

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La mère des deux victimes était présente à l’audience. Ses fils, eux, ont préféré ne pas assister au procès pour ne pas revivre les événements. Le journaliste a également regretté de ne pas avoir été entendu pendant la procédure.

La justice a tranché en première instance. La condamnation reste susceptible d’appel. Il reste à savoir ce que la préfecture de police, qui emploie aujourd’hui Marc F., compte faire de cette décision, et pourquoi il faut un reporter déguisé pour obtenir ce que la hiérarchie n’a pas cherché pendant sept ans.


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