Il commentait les double-fautes. Le voilà qui analyse les frappes de missiles iraniens. En quelques semaines, Nelson Monfort a changé de registre sans changer de chaîne — ou presque. CNews a trouvé son nouveau visage de la matinale.

Spécialiste des interviews sportives et des échanges aux thèmes plutôt légers, Nelson Monfort trône désormais sur la table de la matinale de Romain Desarbres. Ses premiers débats sur Cnews n’ont pas laissé les téléspectateurs indifférents. Les réactions sont partagées entre critiques et soutiens.
La reconversion inattendue de Nelson Monfort
Du haut de ses 73 ans, après plus de 30 ans de service chez France Televisions, Nelson Monfort a décidé de mettre fin à sa carrière de journaliste sportif. Il a choisi d’entamer une nouvelle aventure en rejoignant la table de la matinale de Romain Desarbres sur Cnews. Sa reconversion a provoqué un grand débat.

Nelson Monfort s'est retrouvé dès ses premières émissions sur CNews à commenter les frappes de missiles iraniens contre Israël et les résultats des scrutins municipaux. Deux sujets qui n'ont, objectivement, aucun lien avec le passing-shot ou le chrono de natation.

Toutefois, les réactions des téléspectateurs sont très partagées. Certains saluent la capacité d’adaptation de Monfort, d’autres pointent un déficit de légitimité.
La mécanique bien huilée des chaînes d'info
CNews ne recrute pas Monfort pour ce qu'il sait, mais pour ce qu'il représente : une image rassurante, un nom immédiatement reconnaissable, une garantie d'audience dans un créneau matinal concurrentiel.

La chaîne du groupe Canal+, qui a construit sa puissance sur des personnalités clivantes et des débats musclés, intègre ici un profil atypique — le ton mesuré, la retenue presque télévisuelle d'une autre époque.
Sur le fond, peu importe l’expertise : CNews n’achète pas une analyse, elle achète une image. Celle d’un homme posé, consensuel, star du service public. En l’installant aux côtés de Romain Desarbres, la chaîne cherche à désamorcer la critique d’une ligne trop clivante.
Dans une arène où Zemmour a débattu et où Pascal Praud règne, Monfort fait figure de "poli". À l'heure où la France s'enfonce dans une crise de souveraineté — économique et éditoriale — ce recyclage de vedettes agit comme un sédatif intellectuel. Pour le spectateur, le danger est de confondre la sympathie d'un visage familier avec la rigueur d'une analyse libre de toute influence institutionnelle.


