Ce lundi 19 janvier s'ouvre à Davos (Suisse), la 56e édition du Forum économique mondial, le thème « l’esprit du dialogue » peine à masquer une dure réalité : l'effondrement du modèle de Klaus Schwab au profit d'une hégémonie américaine agressive et d'un divorce consommé avec les puissances émergentes.

Lundi 19 janvier 2026. La station grisonne de Davos accueille la « grand-messe » annuelle du multilatéralisme. Entre scandales financiers et désertion des puissances du Sud, le Forum Économique Mondial (WEF) ne semble plus être le centre de gravité du monde, mais le bastion d'un Occident inquiet. Le WEF affiche un thème ambitieux : « Un esprit de dialogue ». L’intention est louable mais la crédibilité, beaucoup moins évidente.
Un agenda global, des réponses hors-sol
Cette année, les discussions s’articuleront autour de grands axes : gouvernance mondiale, intelligence artificielle, transition énergétique, compétitivité économique, capital humain et sécurité des ressources stratégiques. Sur le papier, rien de nouveau. Dans les faits, Davos continue d’empiler les concepts — résilience, durabilité, inclusion — sans trancher sur les arbitrages concrets.

On y parle « prospérité dans les limites planétaires » et « tokenisation des actifs », tandis que dans le vrai monde, les guerres font rage et que les politiques interventionnistes – évoquées en coulisse sur le Venezuela ou l’Iran – continuent de produire chaos et souffrance. Le dialogue est un théâtre où les bonnes intentions servent de paravent à la consolidation d’un pouvoir déconnecté.
Le « bulldozer » Trump et l'hégémonie américaine
L’évolution majeure de cette année est la transformation du WEF en un rendez-vous quasi exclusivement américain. Le retour de Donald Trump, accompagné d'une délégation record de 300 personnes, change la donne. Le « dialogue » prôné officiellement s'efface derrière la Realpolitik de Washington.
Trump arrive en position de force, fort de ses menaces de surtaxes douanières contre les Européens récalcitrants à ses projets, notamment l’annexion du Groenland.
Pendant que Friedrich Merz, nouveau chancelier allemand, et Ursula von der Leyen viennent exposer leurs craintes, l’Amérique impose son agenda : IA générative, défense des intérêts stratégiques et reconstruction du monde sous influence américaine via son futur « Conseil de la paix ».

Le divorce des BRICS : un forum qui n'est plus « mondial »
Le signe le plus flagrant du déclin de Davos est le boycott des puissances émergentes. Aucun chef d’État des BRICS n’a fait le déplacement. La Chine n’envoie qu’une représentation de second rang, tandis que Vladimir Poutine, bien qu'invité par Trump à son Conseil de paix, brille par son absence physique.
L’absence prolongée de Xi Jinping, de Lula ou de Modi souligne une réalité que les élites de Davos refusent d'admettre : le monde multipolaire se construit désormais ailleurs.

Seul Javier Milei, l'Argentin, détonne dans ce paysage en portant une voix radicalement libertarienne au milieu d'un océan de dirigeants européens obsédés par la régulation et la « transition » planifiée.
Sous le slogan de « l’esprit du dialogue », Davos 2026 acte paradoxalement la fin du village global. Le monde ne se gouverne plus depuis les Alpes suisses. Pendant que les élites dialoguent entre elles, les nations réelles tranchent ailleurs, selon leurs intérêts et leurs peuples.



