COVID: l’utilisation fréquente des désinfectants à l’origine d’eczéma chez les nourrissons

COVID: l’utilisation fréquente des désinfectants à l’origine d’eczéma chez les nourrissons


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La crise du  COVID-19 a bouleversé nos habitudes d’hygiène, mais ces changements pourraient avoir des conséquences inattendues sur la santé, en particulier chez les nourrissons. Les pratiques d’hygiène fréquentes comme l’utilisation excessive des désinfectants , auraient entraîné une hausse de 46 % des cas d’eczéma chez les nourrissons, selon une étude de l’Université chinoise de Hong Kong. Les chercheurs ont également mis au point des probiotiques innovants pour aider à traiter ces affections cutanées.

Une équipe de recherche sur le microbiome intestinal de la Faculté de médecine de l’Université chinoise de Hong Kong (CUHK) a découvert que l’augmentation des cas d’eczéma et d’autres maladies atopiques  est liée à la désinfection excessive appliquée pendant la pandémie du Covid-19. Les chercheurs estiment que le manque d’exposition aux divers micro-organismes pendant la petite enfance détériorer le développement du système immunitaire. Pendant la pandémie, l’utilisation accrue de désinfectants, de savons antibactériens et d’antibiotiques a réduit l’exposition des nourrissons aux bactéries bénéfiques, limitant ainsi la formation d’un microbiote intestinal sain. Cette situation a été exacerbée par les mesures d’hygiène strictes, créant un terrain propice aux maladies atopiques.

Une augmentation de 46 % des cas d’eczéma chez les nourrissons

Selon les chercheurs de CUHK, les pratiques d’hygiène « excessives » adoptées pendant la pandémie ont perturbé le développement du microbiote intestinal chez les nourrissons, entraînant une hausse de 46 % des cas d’eczéma et d’autres maladies atopiques. L’étude, basée sur des données provenant de la cohorte MOMmy (Mautre-infant Microbiote et son lien avec la santé longue terM du babY) sur 700 échantillons de selles de nourrissons a comparé le microbiote intestinal des nourrissons nés avant et pendant la pandémie.

Les résultats montrent que les nourrissons nés pendant la pandémie présentaient une diversité microbienne intestinale réduite, ainsi qu’une diminution des gènes de résistance aux peptides antimicrobiens, essentiels pour renforcer l’immunité. Ces perturbations du microbiote intestinal ont été associées à un risque accru de développer des allergies et des affections cutanées comme l’eczéma.

Le professeur Lin, chercheur principal de l’étude, explique :

« Un nettoyage excessif entrave le développement d’un microbiome intestinal sain chez les nourrissons et augmente probablement le risque de maladies atopiques. Nous encourageons les parents à revoir leurs habitudes d’hygiène et à permettre à leurs enfants d’être exposés à des environnements variés pour favoriser un microbiote intestinal diversifié. »

En effet, ces nourrissons ayant développé de l’eczéma et d’autres maladies allergies ont évolué dans un environnement trop propre. Le manque d’exposition à certains micro-organismes a altéré le développement de leur système immunitaire, favorisant ainsi le risque de maladies atopiques et immunitaires.

Le lien entre microbiote intestinal et santé cutanée

Un certain nombre d’études menées au cours de ces dernières années ont déjà révélé l’existence d’un lien entre la dysbiose intestinale et de nombreuses affections cutanées comme l’acné, l’eczéma, l’urticaire et le psoriasis. Notons que le microbiote intestinal possède un rôle majeur dans la régulation du système immunitaire. En évoluant dans un environnement propre, les nouveau-nés étaient à l’abri de tout risque d’infections bactériennes. Cela a empêché les bactéries bénéfiques dans l’intestin de fonctionner normalement.

Les chercheurs ont constaté que l’hygiène et l’assainissement accrus pendant la pandémie du Covid-19 ont favorisé ce dysbiose intestinal. En effet, l’application de ces mesures sanitaires a réduit la diversité et la richesse du microbiome intestinal chez les nourrissons, ce qui détériorer le développement de l’immunité.

Le professeur adjoint au département d’anesthésie et de soins intensifs de CU Medicine et chercheur principal au Microbiota I-Center (MagIC), Zhang Lin, a déclaré que cette étude révèle le risque de maladies atopiques, notamment de l’eczéma, chez les nourrissons est lié à un nettoyage excessif. Il invite donc les parents à revoir « leurs habitudes d’hygiène quotidiennes ».

Notons que l’équipe de recherche du CU Medicine a développé deux préparations orales uniques de microbiote vivant, nommées SIMO3 et SIMO5, pour soigner les enfants et les adultes atteints d’eczéma. Ils ont mené deux études pilotes distinctes pour évaluer l’efficacité du traitement. Les chercheurs ont constaté qu’après 12 semaines, la gravité de l’eczéma a diminué et la qualité de vie et du sommeil des patients s’est beaucoup améliorée.

Le professeur Leung Ting-fan, co-auteur de l’étude, souligne :

« La régulation du microbiote intestinal représente une nouvelle approche prometteuse pour traiter l’eczéma. Ces probiotiques pourraient offrir une solution sûre et efficace pour les patients souffrant de cette affection. »

Cette étude rappelle que la santé est un équilibre complexe, où même les mesures les plus bien intentionnées peuvent avoir des conséquences imprévues


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