Covid-19 : faut-il vraiment obéir aux injonctions du gouvernement ?

Covid-19 : faut-il vraiment obéir aux injonctions du gouvernement ?


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Il paraît qu’on va reconfiner Paris. Fermeture des bars, des restaurants, des lieux de vie, et tout et tout. Et comme nous sommes des petits enfants pas très malins, Olivier Véran, le ministre de la Santé qui s’est montré incapable d’organiser une campagne de tests digne de ce nom, nous explique que si on fait des efforts, ils finiront bien par payer et par diminuer la circulation de la maladie. Mais les pouvoirs publics savent-ils aujourd’hui vraiment de quoi ils parlent ?

Reconfiner Paris ? Voilà une idée absolument géniale. Alors que le ville s’est vidée de ses masses de touristes qui encombraient ses trottoirs, alors qu’elle s’est vidée de ses banlieusards dont l’odeur de diesel gênaient Anne Hidalgo et ses amis écologistes, il paraît qu’on n’en pas fait assez et qu’il faudrait encore tuer un peu plus les entreprises, les commerces, la vie de quartier, pour diminuer la circulation du virus et éviter un nouvel encombrement des hôpitaux. Mais sommes-nous sûrs d’avoir élu des gens qui savent vraiment de quoi ils parlent ?

Oui, le COVID tue ou a vraiment tué

Je voudrais commencer cet impertinent papier d’impressions en précisant que je n’ai aucun doute sur la dangerosité du coronavirus, contrairement à un certain nombre de Français qui s’interrogent régulièrement sur les intentions ou les vidées véritables des pouvoirs publics. Ces sceptiques remettent parfois en cause la létalité du virus. De mes propres yeux, j’ai vu le nombre de tombes fraîches s’accumuler au printemps dans des cimetières français, et il faut avoir vu ce triste cortège pour comprendre que le virus a fait des ravages là où il est passé. J’ai également entendu les récits poignants d’urgentistes ou de réanimateurs de mon entourage, et je n’ignore pas combien l’épidémie a constitué une épreuve pour les soignants, pour les hôpitaux. On peut en discuter les proportions, mais il est un fait que le virus est une tragédie pour beaucoup, et je ne voudrais pas faire croire que ma circonspection vis-à-vis des instructions officielles tiendrait d’un relativisme vis-à-vis des tragédies qui se sont jouées et qui se joueront dans les semaines à venir.

Qui est responsable de la dégradation de la situation ?

Ce qui me gêne est ailleurs. Comme beaucoup de Français, j’ai constaté l’impéritie, puis l’incompétence du gouvernement face à l’épidémie au printemps. Je ne peux pas oublier la très révélatrice audition du directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, devant l’Assemblée Nationale, qui a reconnu dans un même mouvement avoir ordonné la destruction des masques existants, et n’avoir pas ordonné la commande de nouveaux masques pour les remplacer, compte tenu des doutes scientifiques sur leur utilité. Le même directeur général de la Santé a reconnu qu’il appliquait une doctrine de son fait qui n’avait été discutée par personne, sauf peut-être par quelques hauts fonctionnaires du ministère de la Santé qui ne rendent compte devant personne – en tout cas ni devant nous, ni devant l’Assemblée Nationale, ni devant un corps constitué.

Les mêmes hauts fonctionnaires, visiblement inamovibles, ont organisé durant tout l’été des campagnes incitant à porter le masque partout dans les lieux publics, au nom de la lutte contre la propagation du virus. Les mêmes nous ont annoncé que des centaines de milliers de tests de dépistage seraient réalisés chaque semaine pour notre plus grand bien.

Résultat de cette esbroufe agitée par des gens qui avaient démontré leur incompétence pendant plusieurs mois : il faut désormais reconfiner, ou fermer les lieux d’échanges sociaux, parce que l’ensemble des mesures prises durant l’été n’a servi à rien. Sitôt les Français revenus de vacances, le virus a retrouvé cette libre circulation dont nous devrions nous priver.

Tout ça, toutes ces vacances avec un masque, toutes ces visites de musées, toutes ces heures passées au bureau, au travail ou ailleurs, pour en revenir à la situation de quand nous n’avions pas de masques ? Euh… c’est une blague ?

“Il ne faut pas vous décourager (...) vos efforts ils doivent payer et vos efforts, ils vont payer.”   

Olivier Véran

Les terribles loupés de la technostructure sanitaire

Entre-temps, Olivier Véran, avec son air plein de certitudes et de « pédagogie » vis-à-vis des abrutis que nous sommes, a quand même réussi quelques exploits qu’il semble bien décidé à passer sous silence, mais sur lesquels nous avons quelques comptes à lui demander. Parlons des tests. Il en a organisé des milliers. Ah! ça fait genre je fais mon boulot. Le problème, c’est évidemment que, lorsqu’une suspicion de COVID apparaît, il faut plusieurs jours pour avoir accès au test, et plusieurs jours pour avoir les résultats. Pendant ce temps, le virus court et fait des dégâts.

On nous dit, qu’en Allemagne, l’accès au test est immédiat et le résultat tout autant. Pourquoi pas chez nous ? Sommes-nous tiers-mondisés à ce point ?

Accessoirement, de nombreux fabricants de tests plus simples (salivaires ou sanguins) se sont plaints de n’avoir pas accès à l’homologation de leur procédé. Nous avons signalé les retards sur les tests salivaires. Beaucoup ont dénoncé des procédures opaques mises en place par la technostructure sanitaire. Est-ce vrai ? Est-il vrai que ces retards servent des concurrents qui occupent la place ? Cela nous intéresserait que notre pétillant ministre de la Santé fasse le ménage dans ses écuries avant de nous infantiliser.

Nous sommes prêts à croire que le virus circule par notre faute, notre insouciance, notre manque de respect vis-à-vis des règles, mais nous aimerions être sûr que ce service public (qui nous coûte) si cher à la France ne porte pas lui aussi une part de responsabilité dans le nouveau désastre qui s’annonce.

Arrêtez de nous infantiliser : voilà nos conditions

Pour le reste, nous savons tous aujourd’hui quel bénéfice collectif nous retirerons d’un nouveau confinement : un ralentissement progressif et provisoire de la circulation du virus grâce auquel l’engorgement des hôpitaux sera ralenti. Mais nous savons aussi quel sera le montant de l’ardoise à payer : des fermetures massives d’entreprises, du chômage, des ruines, des ravages économiques, un appauvrissement global qui fait sans doute rêver les amish.

Personnellement, ce n’est pas trop mon truc. Je ne vois pas pourquoi je lèguerais à ma fille un pays moins prospère, moins heureux, moins facile, moins libre que celui que mes parents m’ont légué. Pour que j’accepte un nouveau confinement, c’est-à-dire pour que j’accepte la ruine définitive de ce pays, je pose donc deux conditions rédhibitoires.

La première est que, pétri de doutes face à la compétence des gens au pouvoir, je veux pouvoir les traduire en justice et ruiner leur carrière si les méthodes qu’ils proposent ne sont pas les bonnes. Sur ce point, la désignation d’un juge d’instruction chargé de centraliser toutes les mises en cause de l’État dans les accusations portées à l’issue du premier confinement augure d’une volonté d’étouffer toute contestation, et elle est inacceptable.

La deuxième condition est que ceux qui ont échoué à empêcher cette deuxième vague, ceux qui ont échoué dans la mise en place d’une véritable campagne de tests, ceux qui ont trop peu préparé les hôpitaux à faire face à une nouvelle vague doivent être punis sans mollir et rendre des comptes publics.

Parce que la ruine des uns ne peut se faire dans l’impunité des autres.

Sans quoi, reconfinement ou pas, nous savons que le virus continuera à courir, et qu’un nouveau sacrifice du pays ne servira à rien. Au fond, la guerre que nous menons, c’est un nouveau Verdun : les Poilus veulent bien mourir au front, mais les responsables de cette saignée doivent être jugés et sanctionnés. Sans état d’âme.


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