Comment Laurent Fabius et la caste refusent d’entendre la colère qui gronde dans le pays
Le Premier ministre Laurent Fabius, quitte le palais de l’Elysée le 23 décembre 1985 à l’issue du Conseil des Ministres. AFP / JOEL ROBINE

Comment Laurent Fabius et la caste refusent d’entendre la colère qui gronde dans le pays


Partager cet article

C’est à un étonnant numéro de claquettes sourdes et aveugles que Laurent Fabius, président du Conseil Constitutionnel, s’est livré lors de la cérémonie d’investiture du Président de la République. L’ex-Premier Ministre de François Mitterrand a prononcé en effet un discours qui en dit long sur l’incompréhension des élites vis-à-vis de la colère du pays. Je vous recommande absolument de lire ces mots qui fâchent.

AFP PHOTO MICHEL CLEMENT

Voici ce que Laurent Fabius a dit au Président de la République :

Monsieur le Président de la République,

Dimanche 24 avril 2022, vous avez recueilli lors du second tour de l’élection présidentielle 18.768.639 voix, soit la majorité absolue des suffrages exprimés. En application des articles 7 et 58 de la Constitution, le Conseil constitutionnel vous a déclaré élu Président de la République pour un second mandat qui débutera le 14 mai à 0 heure. Je vous renouvelle nos chaleureuses félicitations.

Monsieur le Président, il y a 5 ans, lors de votre première investiture dans cette même salle, j’avais évoqué les mots de Chateaubriand : « Pour être l’homme de son pays, il faut être l’homme de son temps ». Or le temps du quinquennat qui s’achève a été percuté par une accumulation singulière de crises et de bouleversements, sur les plans sanitaire, sécuritaire, social, énergétique, financier, qui n’ont pas épuisé leurs conséquences, notamment sur un malaise démocratique préoccupant.

C’est pourquoi, je complèterai volontiers aujourd’hui les mots de Chateaubriand par ceux de Victor Hugo : « en ces temps troublés, soyons les serviteurs du droit et les esclaves du devoir ».

Le droit, c’est d’abord respecter l’Etat de droit, ce patrimoine précieux de principes essentiels à nos démocraties, y compris si la Constitution elle-même devait être révisée. C’est en effet la condition première de la préservation de nos libertés.

Le devoir, c’est de contribuer, chacun à sa mesure, à relever les nombreux défis de notre nation indépendante : intérieurs, européens et internationaux. Particulièrement trois d’entre eux. Celui de la paix et de la guerre, criminellement réintroduite sur notre continent 77 ans après le 8 mai. Celui de la lutte, urgentissime, contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la biodiversité. Celui, enfin, du renforcement concret de notre démocratie et de sa compagne, la justice sociale, en métropole et outre-mer. Trois défis qui ont en commun de conditionner notre vivre ensemble et la vie même des générations futures.

Monsieur le Président de la République, relever ces défis et tous les autres, sous votre autorité, sous la conduite du Gouvernement et le contrôle du Parlement, tel est le vœu ardent que je forme, pour votre mandat, pour les Français et pour la France.

Assez justement, Fabius rappelle à Macron qu’il devrait être l’esclave de son devoir. Mais on notera avec quelle obstination la caste refuse d’entendre que la contestation qui gronde (et qui explique qu’Emmanuel Macron ne puisse plus sortir sans être hué) est d’abord venue de la gestion du COVID et des mesures liberticides prises par le Président de la République. C’est particulièrement le cas en Outre-Mer.

Comme d’habitude, la caste se propose d’acheter la paix sociale en continuant son projet liberticide à coups d’allocations et d’aides en tous genres. Ce qu’on appelle lutter contre l’injustice sociale.

Et si Fabius se contentait de lutter contre l’injustice tout court ? Il avait évoqué l’importance de l’Etat de droit devant Macron en 2017. Ce pays ne serait pas en lambeaux si Fabius n’avait pas bafoué cet Etat de droit au Conseil Constitutionnel depuis 2 ans.

Les dossiers d’Aventin

Retrouvez les dossiers de référence de Laurent Aventin sur le COVID et la vaccination, pour enfin être informé clairement et avec rigueur sur la situation

Je veux lire les dossiers
ESSENTIEL

Encore + de confidentiels et d’impertinence ?

Le fil Telegram de Rester libre ! est fait pour ça

Je rejoins le fil Telegram


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
L'humeur de Veerle Daens : J'adore Macron et son nouveau look de dictateur latino

L'humeur de Veerle Daens : J'adore Macron et son nouveau look de dictateur latino

Ah, Emmanuel… Je dois vous faire une confidence : depuis mon petit appartement de Malines, alors que je regarde la Dyle couler tranquillement sous un ciel de plomb, je ne peux m’empêcher de fixer mon écran. C’est beau, c’est inquiétant, et on ne peut pas détacher ses yeux du spectacle. À 29 ans, je suis sans doute une cible facile pour ce genre de charisme. Mais là, il a franchi un cap. À Davos, au milieu des sommets enneigés et de l'entre-soi des puissants, notre « Mozart de la finance » a ran


CDS

CDS

Trump, comme le Titanic, va-t-il se heurter à l'iceberg de la réalité? par Thibault de Varenne

Trump, comme le Titanic, va-t-il se heurter à l'iceberg de la réalité? par Thibault de Varenne

Il règne cette année à Davos une étrange atmosphère de fin de règne, ou peut-être, plus effrayant encore, de début d'une ère dont personne ici ne possède le mode d'emploi. La station alpine, habituée aux murmures feutrés du consensus technocratique, a été percutée de plein fouet par un objet politique non identifié, ou plutôt trop bien identifié : le retour physique, tonitruant et sans filtre de Donald Trump. Le thème officiel de cette 56ème réunion, "Un Esprit de dialogue", sonne désormais com


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Le peuple et la nostalgie du sacrifiable : pourquoi la France ne sait plus "faire société"

Le peuple et la nostalgie du sacrifiable : pourquoi la France ne sait plus "faire société"

En ce 21 janvier 2026, anniversaire de la décapitation de Louis Capet, la France se recueille, ou plutôt, elle s'interroge. Sous la grisaille d'un hiver incertain, aussi mou du genou que le Bloc Central, le souvenir de la place de la Révolution et du couperet tombant sur le cou de Louis XVI n'est plus une simple image d'Épinal pour manuels scolaires en déshérence. C’est une interrogation ouverte, un pivot que nous n'en finissons pas d'interroger. Pourquoi, deux siècles plus tard, la figure du «


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

L'or ne cesse de monter : quand en acheter ? par Vincent Clairmont

L'or ne cesse de monter : quand en acheter ? par Vincent Clairmont

Nous sommes le 21 janvier 2026, et le marché des métaux précieux semble être entré dans une phase de "gravité inversée". Avec une once d’or qui flirte désormais avec les 4 750 $ (dépassant largement les 4 100 € sur nos places européennes), l’adjectif « vertigineux » n’est plus une figure de style, mais une réalité comptable. Voici mon analyse de cette envolée et des forces qui pourraient, dans les mois à venir, soit briser cet élan, soit le transformer en un socle durable. Une ascension sous


Rédaction

Rédaction