Chikungunya : le vaccin retiré à La Réunion et Mayotte après des effets indésirables graves

Chikungunya : le vaccin retiré à La Réunion et Mayotte après des effets indésirables graves


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Le vaccin Ixchiq, développé par Valneva, a été présenté comme une avancée majeure dans la lutte contre le chikungunya. Premier du genre à obtenir une autorisation de mise sur le marché en Europe, il n’a pas fallu longtemps pour que de sérieux problèmes émergent : trois personnes âgées de plus de 80 ans, toutes vaccinées, ont développé des formes graves évoquant les symptômes du chikungunya… dont une est décédée. Plutôt que de suspendre la vaccination en attendant une enquête complète, le ministère de la Santé décide de poursuivre les injections à La Réunion et à Mayotte, en écartant seulement les plus de 65 ans.

La campagne de vaccination gratuite contre le chikungunya a été lancée le lundi 7 avril par Manuel VALLS, ministre des Outre-mer, en visite à La Réunion, en présence de Gérard Cotellon, directeur général de l’ARS La Réunion.

Alors que les autorités promeuvent une vaccination massive contre le chikungunya à La Réunion et à Mayotte, trois événements indésirables graves — dont un décès —ont été recensés chez les personnes âgées fraîchement vaccinées. La réponse officielle : exclure les plus de 65 ans… sans la moindre remise en cause du vaccin lui-même. Une décision qui soulève nombreuses questions : comment un vaccin censé protéger peut-il déclencher les mêmes symptômes que la maladie qu’il combat ? Pourquoi cette volte-face tardive ? Et surtout, pourquoi prendre autant de risques avec des populations vulnérables ?

Effets secondaires graves liés à au vaccin IXCHIQ

Dès le 17 avril, soit quelques jours seulement après le début de la campagne, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait reconnu la nécessité d’une « surveillance renforcée » concernant le vaccin Ixchiq. Malgré cela, l’administration a préféré maintenir la stratégie vaccinale sans interruption notable.

Faut-il rappeler qu’un vaccin, en particulier nouveau, nécessite des études rigoureuses, longues, et prudentes avant une administration à grande échelle, surtout sur des populations vulnérables ? Ici, l’urgence de « faire quelque chose » semble avoir primé sur la prudence élémentaire.

La Haute Autorité de santé (HAS) précise que « la vaccination reste ouverte pour les personnes âgées de 18 à 64 ans présentant des comorbidités ». Mais comment être rassuré quand, en l’espace de quelques semaines, les recommandations changent du tout au tout ?

  • Avant : « Ce vaccin est sûr et nécessaire pour tous, y compris les seniors. »
  • Après : « En fait, non, pas pour les plus de 65 ans… désolé pour le mort. »

Comme avec le COVID , encore une fois, la logique sanitaire semble secondaire par rapport à la volonté politique d’afficher une réponse visible à l’épidémie. Quitte à répéter les mêmes erreurs du COVID où la précipitation vaccinale a parfois fait plus de mal que de bien.

Le chikungunya, une vraie menace… mais la vaccination, une fausse bonne solution ?

L’épidémie, qui a déjà fait neuf morts à La Réunion, reste active. Les moustiques tigres prolifèrent, et les douleurs articulaires invalidantes se multiplient. Selon les autorités sanitaires  l’épidémie se « stabilise à un haut niveau ». Malgré cette urgence, les autorités sanitaires semblent naviguer à vue.

  • Problème n°1 : Un vaccin aux effets secondaires inquiétants, testé en conditions réelles sur des populations fragiles.
  • Problème n°2 : Une gestion chaotique, où chaque ajustement est fait a posteriori, une fois que des vies sont en jeu.

Retirer les plus de 65 ans de la campagne vaccinale après les premiers drames, c’est un aveu d’échec. Cela prouve que les autorités ont sous-estimé les risques, malgré les alertes.La question n’est plus : « Faut-il se faire vacciner ?Mais plutôt : « Peut-on encore faire confiance à des décideurs qui improvisent avec nos vies ? »


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