Briefing – L’impuissance de la caste qui gouverne la France est de plus en plus difficile à cacher aux Français

Briefing – L’impuissance de la caste qui gouverne la France est de plus en plus difficile à cacher aux Français


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Le débat entre les candidats à la présidence de LR, hier soir 21 novembre, passablement soporifique a pourtant eu une vertu: nous faire comprendre qu'aussi arrogante soit-elle, la caste qui gouverne la France est avant tout impuissante. Emmanuel Macron et son gouvernement le dissimulent mieux que les héritiers de Nicolas Sarkozy. C'est pour cela qu'il est resté au pouvoir en 2022. Mais le débat politique intérieur est de moins en moins maîtrisé par l'Elysée, qui ne pourra pas gouverner éternellement à coup de "49-3"

Vous ne vous êtes peut-être pas aperçu qu’il y avait hier soir un débat pour aider les adhérents  à départager les trois prétendants à la présidence de LR: Eric Ciotti, Aurélien Pradié et Bruno Retailleau. En réalité, vous n’avez rien manqué mais ne vous moquez pas trop vite: le mal qui ronge Les Républicains est le même qui finira par emporter le régime d’Emmanuel Macron. D’un côté comme de l’autre on constate la même incapacité à briser les pesants tabous de la caste actuellement au pourvoir en Amérique du Nord et dans l’Union Européenne.

LR: un débat chuchoté entre les trois aspirants à la présidence

 Il ne reste plus grand chose du parti qui a donné cinq présidents à la Vè République. Si vous êtes tombés par hasard, hier soir, sur LCI, en zappant, sur le débat entre prétendants à la présidence LR  je suppose que vous avez hésité, comme moi, entre le rire et la pitié.  Pour ceux qui ne les identifient pas sur la photo ci-dessus: à côté d’Eric Ciotti (à gauche), député des Alpes-Maritimes, qui avait recueilli un quart des voix au premier tour du Congrès LR pour désigner le candidat LR à la présidentielle, voici un an, vous trouverez, au centre, Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, qui préside le groupe LR au Sénat; et, à droite, Aurélien Pradié, député du Lot. 

Il y a un an, les candidats qui débattaient en espérant être désignés par les adhérents du parti pour affronter Emmanuel Macron (outre Ciotti, il y avait Michel Barnier, Xavier Bertrand, Philippe Juvin, Valérie Pécresse), pouvaient encore espérer dépasser les 15% des voix au premier tour de la présidentielle. Et puis est venue la catastrophe: la candidate qui avait émergé du Congrès, Valérie Pécresse, a fait moins de 5% des voix à la présidentielle. 4% des électeurs potentiels du parti ont préféré, en effet, voter Emmanuel Macron dès le premier tour tandis que 8% votaient Eric Zemmour, dont la rhétorique solidement ancrée à droite, et focalisée sur les questions d’immigration et d’insécurité, répondait aux préoccupations d’électeurs qui avaient déjà élu Nicolas Sarkozy, en 2007, pour mettre en oeuvre une politique de fermeté dans ces deux domaines. Avec des résultats mitigés, dont Maxime Tandonnet, à l’époque conseiller à l’Elysée, a expliqué la raison: la parole présidentielle pesait peu face à l’inertie de l’administration centrale, aux pressions idéologiques du parisianisme et aux contraintes des engagements européens ou mondialistes de la france.  

Sarkozy, justement: le moment le plus pathétique du débat d’hier soir 21 novembre 2022 est venu quand les trois candidats se sont révélés incapables de « tuer le père », ou le grand frère, comme on voudra, quinze ans après la défaite aux présidentielles de celui qui avait déçu à la fois les libéraux (non suppression des 35h) et les conservateurs (inversion timide et tardive des chiffres de l’immigration) qui l’avaient plébiscité en 2007. 

En réalité, tout le débat d’hier soir fut à l’image de cette séquence: trois candidats marchant sur des oeufs pour annoncer des demi-mesures alors que la France attend des politiques tranchées. 

 

« De belles têtes de vainqueurs! »

Vous auriez tort de vous moquer trop vite, cependant. Les candidats LR ont juste l’air un peu plus sympathiques qu’Emmanuel Macron, Elisabeth Borne et leurs ministres, ils ne suscitent pas l’adhésion populaire sont exactement celles pour lesquelles le gouvernement d’Emmanuel Macron suscite toujours plus de rejet: un mélange d’arrogance et d’impuissance. Au fond LR et Renaissance ont la même disposition à imposer aux Français des politiques dont ils ne veulent pas (rappelons-nous l’unanimité chez LR en faveur du pass sanitaire à l’été et l’automne 2021). Ils ont aussi la même propension à instaurer des tabous, quel qu’en soit le coût pour la population française. 

Nous insistons suffisamment fréquemment sur la tendance du gouvernement à gouverner par oukases – Elisabeth Borne vient d’en donner une nouvelle illustration en ayant recours pour la cinquième fois en moins de six mois au 49-3. Mais cette autoritarisme est le revers de l’impuissance. 

Et la seule différence entre LR et Renaissance, c’est que LR représente le côté « perdant » de nos élites. En regardant le débat d’hier soir, on se disait, ironiquement, comme Thierry Lhermitte dans Le « dîner de cons »: de belles têtes de vainqueurs!

 

« L’impuissance du cirque Macron & Cie »

 

Cette impuissance du macronisme, le reste du monde s’en est déjà aperçu: de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère russe des Affaires étrangères, qui déclare insolemment au Point, « Macron nous a fatigués »  (par sa logorrhée pseudo-diplomatique) aux pays africains qui aspirent à expulser rapidement la présence française, Tout le drame français tient à ce que la caste a réussi – pour l’instant – à échapper à ses responsabilités lors des élections – sinon Emmanuel Macron n’aurait pas été réélu avec la complicité du CAC 40, des médias, des corps constitués. 

Et donc les Français sont condamnés – apparemment jusqu’en 2027, à subir le cirque « Macron & Cie », variante du mauvais spectacle des mondialistes occidentaux. 

+ Prenons l’Education Nationale. On apprend que le Conseil Scientifique de l’Education Nationale publie un rapport pour déplorer une nouvelle fois que l’on ne soit pas revenu franchement à la méthode syllabique d’apprentissage de la lecture. Et que, contre toute évidence, les syndicats tiennent encore la dragée haute aux retours d’expérience sur ce sujet. Le débat devrait être moins houleux quand Cédric Villani et les assises des mathématiques souligne l’effondrement de l’enseignement des mathématiques. Mais cela nous renvoie à une seule et unique question. Jean-Michel Blanquer a été pendant cinq ans ministres de l’Education Nationale d’Emmanuel Macron. Il aurait été celui d’un François Fillon élu en 2017. Mais pour quels résultats?  Comment se fait-il que la bonne idée d’un « retour aux fondamentaux » n’ait pas été véritablement mise en oeuvre?

Jean-Michel Blanquer était l’exemple du ministre qui croit que parce qu’il a communiqué sur une mesure énergique, cette dernière est appliquée.  C’est le meilleur moyen pour laisser l’administration centrale ensabler la politique mise en oeuvre. Et imaginons que la mesure ministérielle passe quand même à travers les filtres de la bureaucratie: les syndicats finissent par la neutraliser. 

+ Même chose sur l’immigration. »Loi immigration: l’exécutif veut convaincre » titre le Figaro, naguère sarkozyste, aujourd’hui macroniste: 

« Lors de sa reconduction à Beauvau, Gérald Darmanin a assuré qu’il allait reprendre en main le sujet alors que le pouvoir est régulièrement accusé depuis 2017 de ne pas faire preuve de fermeté dans le champ régalien. Expulsion des étrangers délinquants, application des obligations de quitter le territoire français (OQTF)… Les ambitions affichées ont d’abord rassuré la droite. Avant que le fiasco autour de l’accueil de l’Ocean Viking et de ses 234 passagers migrants sème de nouveau le trouble. Quant à la proposition du gouvernement de créer un titre de séjour pour les étrangers en situation irrégulière qui exercent un métier en tension, elle a relancé les accusations en laxisme venues des bancs de LR. »explique Le Figaro, qui poursuit:  « Au sein de l’exécutif, on assure que rien n’est figé. Le gouvernement affirme qu’il s’inspirera des débats sur la politique migratoire qui seront tenus à l’Assemblée le 6 décembre puis au Sénat le 13 décembre pour bâtir le projet de loi. En amont de cet exercice, les responsables de l’opposition et de la majorité commencent à exposer leur positionnement et à formuler leurs propositions. (…).  

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a quant à elle reçu Gérald Darmanin et Olivier Dussopt lundi à l’Hôtel de Lassay. En se faisant la porte-parole d’une majorité présidentielle qui réclame un projet de loi «équilibré». Les ministres avancent contraints: ils se souviennent des tensions créées dans le camp Macron par le projet de loi asile et immigration, en 2018″.

Un projet de loi « équilibré », Madame Braun-Pivet? Mais nous n’en pouvons plus plus des motions radical-socialistes! Nous attendons d’un gouvernement, quel qu’il soit, qu’il fasse ce qu’il dit et qu’il dise ce qu’il fait vraiment. Nous attendons des politiques qu’ils remettent l’Etat à sa place: celui d’un exécutant des politiques et non celui d’un « gouvernement permanent » qui fait s’enliser toutes les politiques nouvelles. Nous attendons de ceux qu’ils dirigent qu’ils gouvernent selon les informations remontées du terrain et non selon des présupposés idéologiques. 


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