Baisse historique de l’exil fiscal depuis la suppression de l’ISF

Baisse historique de l’exil fiscal depuis la suppression de l’ISF


Partager cet article

La suppression de l’ISF a-t-elle ou non un effet positif sur l’ensemble de l’économie? La question commence à agiter le landerneau politico-économique, sans qu’on ne sache exactement y répondre. On en veut pour preuve les conclusions du comité indépendant chargé de l’évaluation de ces mesures, qui vient de rendre un rapport mi-figue mi-raisin sur le sujet.

La suppression de l’ISF et la mise en place du prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital participent-elle ou non à la prospérité collective et à la réduction des inégalités ? La question était posée à un comité d’évaluation indépendant qui a rendu des conclusions désagréables pour le pouvoir exécutif.

Faute de recul et de données à l’égard de mesures instaurées début 2018, le comité déclare qu’il ne peut pas dès à présent fournir une évaluation complète de ces réformes, “tout simplement parce que celles-ci mettront des années à porter l’ensemble des fruits que l’on en attend”.

Voilà un pavé dans la mare qui est bien loin de clore le débat.

Suppression de l’ISF et baisse de l’exil fiscal

En l’état, la seule certitude que l’on puisse avoir est que les chiffres de l’exil fiscal se sont effondrés depuis l’adoption de cette mesure.

Quant au nombre de contribuables aisés ayant quitté la France, il a chuté en 2017 à 376, au plus bas depuis 2004, alors qu’il avait dépassé 900 en 2014 avec la taxation exceptionnelle des plus hauts revenus décidée par l’ancien président socialiste François Hollande.

90 gestionnaires de fonds ont toutefois complété la réponse en indiquant que la mise en place d’un prélèvement forfaitaire unique n’a pas eu pour conséquence une restructuration des actifs des ménages. Toutefois, une augmentation des dividendes laisse penser que l’avantage fiscal (relatif) conféré par le PFU pousse de nombreux ménages à préférer celui-ci à d’autres types de rémunération. Sur ce dernier point, une analyse approfondie devrait permettre de savoir si oui ou non les entrepreneurs ont modifié leurs arbitrages.

Enfin, le rapport note que la mesure a coûté moins de 5 milliards d’euros (4,5 milliards très exactement), ce qui est inférieur aux prévisions.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Le vote à l’Assemblée sur la constitutionalisation de l’IVG a divisé les partis de droite
30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

Le vote à l’Assemblée sur la constitutionalisation de l’IVG a divisé les partis de droite

Le débat sur la constitutionalisation de l'IVG a profondément divisé les partis de droite, Rassemblement National et Républicains à l'Assemblée. Emmanuel Macron peut se réjouir: il a une fois de plus montré qu'il n'avait pas d'adversaire idéologiquement constitué; il a divisé les deux groupes d'opposition de droite; il a tendu un piège, qui a fonctionné, à Marine Le Pen. Cependant le résultat du vote montre qu'être de  droite, c'est précisément ne pas accepter, comme force politique, les diktats


CDS

CDS

« Haro sur l’extrême-droite »: cette comédie politique déconnectée
30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

« Haro sur l’extrême-droite »: cette comédie politique déconnectée

"Haro sur l'extrême-droite" est un spectacle qui est bien parti pour rattraper "La Cantatrice Chauve" de Ionesco jouée sans interruption à Paris, au théâtre de la Huchette depuis 1957. En l'occurrence, nous avons affaire à une (mauvaise) comédie politique, jouée sans interruption depuis  le 13 février 1984, jour où Jean-Marie Le Pen était l'invité de L'Heure de Vérité, la célèbre émission politique de l'époque.  Depuis lors, nous avons affaire à un feuilleton ininterrompu d'épisodes, dont l'anal


CDS

CDS

Municipales à Nantes : la table rase comme programme des Insoumis

Municipales à Nantes : la table rase comme programme des Insoumis

À l’approche des municipales de 2026, la France insoumise rallume la mèche mémorielle. À Nantes, William Aucant, sa tête de liste annonce vouloir déboulonner la statue de Louis XVI, jugée incompatible avec l’espace public républicain. Une fois de plus, la gauche radicale instrumentalise l'histoire pour imposer son récit, au mépris de la liberté et de la propriété collective. La tête de liste de La France insoumise (LFI) à Nantes, William Aucant, a révélé son projet de retirer la statue de Louis


Rédaction

Rédaction

Le "Reset national" de Trump est-il plus ou moins acceptable que le "Great Reset" techno de Klaus Schwab ?

Le "Reset national" de Trump est-il plus ou moins acceptable que le "Great Reset" techno de Klaus Schwab ?

À Davos, Donald Trump a emmené une délégation américaine fournie pour marquer son territoire, et annoncer un renversement complet. Nous sommes passés du Great Reset technocratique professé en 2020 par Klaus Schwab, le fondateur du Forum, à un Reset national aux accents très différents. Mais est-ce mieux ? La 56ème réunion annuelle du Forum Économique Mondial (WEF) à Davos, en janvier 2026, restera gravée dans l'histoire diplomatique et économique comme le moment précis où l'ordre libéral intern


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Macron, Gims et les lunettes noires : quand la communication spectacle remplace l’action

Macron, Gims et les lunettes noires : quand la communication spectacle remplace l’action

L’image a fait le tour des réseaux : Gims et Emmanuel Macron, lunettes de soleil assorties, posent à l’Élysée avant le Gala des Pièces Jaunes. Un cliché soigneusement calibré, pensé pour buzzer, commenté jusqu’à l’international. Mais à force de jouer au « dur à cuire », Macron ne frôle-t-il pas le ridicule politique ? Ce jeudi 22 janvier, l’Élysée s'est transformé en plateau de tournage. Entre Gims et A$AP Rocky, Emmanuel Macron a multiplié les poses « street-crédibles », lunettes d'aviateur vi


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'humeur de Veerle Daens : Trump et le grand menu TACO de Davos

L'humeur de Veerle Daens : Trump et le grand menu TACO de Davos

On connaissait le "Big Mac" diplomatique, voici venu le temps du TACO. Non, il ne s'agit pas d'une nouvelle franchise de fast-food s'installant dans les Grisons, mais de l'acronyme qui fait désormais trembler (de rire ou d'effroi) les chancelleries : Trump Always Chickens Out (Trump se dégonfle toujours). Le scénario est devenu aussi prévisible qu’un épisode de téléréalité des années 2000. Acte I : La menace nucléaire commerciale. Acte II : Le chantage surréaliste. Acte III : La pirouette fi


CDS

CDS