Avec le Remdesivir, Gilead rackettera-t-il la sécurité sociale française ?

Avec le Remdesivir, Gilead rackettera-t-il la sécurité sociale française ?


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Le Remdesivir du laboratoire américain Gilead fait l'objet de toutes les attentions. Il est le grand rival de la chloroquine ou de l'hydroxychloroquine poussées par Didier Raoult. Mais la particularité de ce traitement est que, à la différence des solutions proposées par Raoult, le Remdesivir n'est pas encore commercialisé. Et tout le problème est de savoir à quel prix il le sera. Et la facture pourrait être douloureuse pour l'assuré social français, car Gilead n'est pas du genre à faire low cost.

Le Remdesivir n’est pas encore prêt à la vente, il n’est pas encore testé, qu’il fait déjà couler beaucoup d’encre. Ce médicament contre le coronavirus annoncé par Gilead, le laboratoire américain sur-capitalisé, est un peu l’Arlésienne du coronavirus. Annoncé depuis plusieurs semaines, on ne sait rien de son efficacité ni de son prix.

Le Remdesivir, tant attendu par les malades… et les investisseurs

Pour l’instant, le capitalisme américain se mobilise beaucoup pour défendre ce médicament encore « virtuel ». Rappelons qu’un journaliste de CNN a, lors d’une conférence de presse, interpelé le gouvernement chinois sur son manque de soutien à cette solution, en des termes qui montrent l’efficacité de l’influence de Gilead que nous avons décrite par ailleurs.

Tout le monde se féliciterait bien entendu que ce médicament soit miraculeux. Les patients qui seraient sauvés grâce à lui pourront lui rendre une belle action de grâces. Mais ils ne seront pas les seuls : les actionnaires de Gilead ont déjà prévu que si ce médicament se révélait efficace, il pourrait rapporter 2,5 milliards $ à sa commercialisation. Dans la pratique, les financiers américains poussent le management de Gilead a dégager des « opportunités commerciales » pour ce médicament. Autrement dit à tirer profit de l’épidémie pour faire du cash.

Une première bataille gagnée par Gilead

Dans cette grande offensive commerciale menée par Gilead et ses importants actionnaires (je renvoie ici à l’article détaillé que j’ai écrit sur le sujet pour comprendre l’ampleur capitalistique de ce laboratoire), plusieurs signaux avant-coureurs laissent penser que les affaires pourraient être juteuses à l’occasion de la pandémie.

Ainsi, l’administration américaine a-t-elle accordé, pour les États-Unis, un monopole d’exploitation du brevet pour une durée de 7 ans. Autrement dit, pendant 7 ans, aucun générique ne pourra venir faire concurrence au Remdesivir. De cette façon, le laboratoire s’assure d’une rente confortable.

Le prix du Remdesivir est un débat aux USA

Bien entendu, le gouvernement américain dispose de la faculté de négocier le tarif du Remdesivir pour le rendre accessible au public, même si Gilead en détient le monopole. C’est ce que les Américains appellent la section 1498. Selon les dispositions de ce texte, le gouvernement peut imposer un tarif abordable pour ce médicament, à condition d’apporter des compensations raisonnables au détenteur du brevet.

Quel sera le choix de l’administration Trump dans ce dossier ? Personne ne le sait, puisque le Remdesivir n’a pas encore démontré son efficacité et n’est pas encore commercialisé. Mais de nombreuses ONG ont déjà entamé un plaidoyer pour que le médicament reste accessible aux plus pauvres.

Le précédent du Sovaldi en France

En France, la même question se posera, surtout si les essais Discovery écartent (ce qui sera probablement le cas, puisque la prescription est d’ores et déjà identifiée comme inefficace dans les cas graves) l’hydroxychloroquine et font la part belle au Remdesivir. Plusieurs associations s’en sont déjà inquiété : quel sera le prix du Remdesivir ?

Gilead se traîne, sur le sujet, une mauvaise réputation. Le laboratoire américain avait en effet mis au point un traitement efficace contre l’hépatite C, qui présentait l’inconvénient d’être très cher. Il s’agissait du Sovaldi, facturé à 19.000 € la boîte.

À l’époque, l’affaire avait fait grand bruit et suscité de nombreux débats, y compris au Parlement.

De façon très étrange, c’était déjà Yazdan Yazdanpanah, chargé de la coordination des essais Discovery et appointé par Gilead, qui avait été chargé de justifier ce tarif élevé.

On comprend bien la logique de Gilead : dans l’euphorie d’une découverte scientifique dont tout le monde a un besoin vital et urgent, on n’aura pas la mesquinerie de compter. Reste que la dimension économique et financière de cette affaire compte et joue même un rôle essentiel.

Vous êtes exposé au coronavirus du fait de l’inaction de l’État (pas de masques, de protections, de tests, de médicament, etc.) ?

Laissez votre témoignage détaillé sur le groupe Facebook #RendezVousAuProcès. Et préparez une action de groupe avec nous.


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