Aujourd’hui l’OTAN et l’Union Européenne présentent plus d’inconvénients que d’avantages pour la France – par Edouard Husson

Aujourd’hui l’OTAN et l’Union Européenne présentent plus d’inconvénients que d’avantages pour la France – par Edouard Husson


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Le moment est arrivé où il devient évident que l'appartenance de la France à l'OTAN et à l'Union Européenne pose plus de problèmes qu'elle n'aide à résoudre de difficultés. Nous sommes en train d'assister à l'effondrement de ce qui était le "pont-aux-ânes" de tous les élèves de SciencesPo: l'idée que seule, la France ne pèse plus assez dans le monde contemporain. Or ce à quoi nous assistons, c'est une France en train de couler à pic à cause du collectif occidental. Il est temps de reprendre notre liberté de mouvement et de recommencer à assumer nos responsabilités.

Combien de fois ne l’avons-nous pas entendu, depuis quarante ans: la France est trop petite pour avoir une politique indépendante. 

Trop petite par rapport à qui? Par rapport à Israël ou la Corée du Sud, nations indépendantes devenues des puissances de la troisième révolution industrielles? Par rapport à l’Ecosse, à la Catalogne ou au Québec, qui réclamèrent un temps leur indépendance? Trop petite la France, pour être deux fois championne du monde de football depuis 1998? 

Pourquoi nous fallait-il absolument être dans l’euro quand la Grande-Bretagne ou la République tchèque se sont bien mieux portées économiquement de ne pas en être? Comment se faisait-il que le Danemark ou le Canada menaient bien mieux la réforme de leur fonction public alors que nous pesons plus lourd économiquement? etc….

En réalité, vous aviez beau expliquer, comme Jean-Jacques Rosa, que la révolution informatique était passée par là, à avec son effet de grande niveleuse – l’important n’est pas votre taille mais votre capacité à amasser l’information et à la traiter qualitativement – personne ne vous écoutait dans les couloirs du pouvoir ou dans la sphère médiatique.

La France était trop petite, un point c’est tout. 

L'OTAN-UE , ce Titanic institutionnel

Le problème, c’est que nous n’avons pas vu venir le naufrage du Titanic sur lequel nous étions montés. 

L’iceberg, c’est la guerre d’Ukraine. Elle fait découvrir deux réalités: 

+ l’OTAN n’est pas à la hauteur militairement, malgré les sommes englouties par les Etats-Unis dans leur appareil de défense. La Russie est en train d’écraser une armée équipée et formée par l’OTAN. Elle démontre jour après jour qu’elle a forgé un outil militaire plus performant que l’OTAN en engageant moins de moyens. Une gigantesque propagande circulaire – storytelling par les services de renseignement britannique, mise en scène des jeux de rôle par le gouvernement ukrainien et reprise du discours ukrainien par les médias occidentaux – s’est mise en place. Mais elle ne pourra pas dissimuler très longtemps la réalité militaire, sur le terrain. 

+ l’Union Européenne est en train de prendre en pleine face l’effet boomerang des sanctions qu’elle a voulu imposer à la Russie.  Hausse du coût de l’énergie, inflation, remontée des taux d’intérêt, étouffement du pays par la dette publique, récession industrielle vont façonner les mois qui viennent. On peut imaginer que l’euro n’y survive pas. En attendant, notre pays découvre qu’être attaché à des pays auxquels on est attaché et qui sont en train de se noyer, c’est le plus sûr moyen de couler à pic. 

A vrai dire, l’OTAN-UE n’est qu’une seule réalité. (les traités européens mettent l’OTAN au centre de leur dispositif). Et c’est ce Titanic euro-américain qui est en train de couler. 

L’union fait la force, ont répété nos dirigeants pendant des années – en oubliant que onze personnes qui n’ont jamais joué au football ne constituent pas une équipe par le seul fait qu’on les met sur le terrain. 

Nous sommes en train de découvrir que l’enchaînement des perdants les uns aux autres est une énorme bêtise. Aujourd’hui, nous ne sommes plus défendus par l’OTAN – or nous avons largement négligé d’entretenir notre outil militaire.  Et nous voilà étroitement lies à une Allemagne qui préfère casser son industrie plutôt que s’opposer aux Américains. 

Il est urgent de reprendre notre indépendance ! 


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