Au Michigan, un Conseil municipal destitué après son soutien à une usine chinoise « liée au PCC »

Au Michigan, un Conseil municipal destitué après son soutien à une usine chinoise « liée au PCC »


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Gotion spécialisée dans la fabrication des batteries, a décidé d’intenter une action en justice contre une petite ville du Michigan, Green Charter Township, qui s’est opposée à son projet de construction d’une usine de 2,4 milliards de dollars. Les responsables de la communauté accusent la société Gotion d’être liée au Parti communiste chinois (PCC), alimentant les inquiétudes locales. Perçu comme une intrusion chinoise dans leur communauté, l’ensemble du Conseil municipal de Green Charter Township ayant donné l’autorisation, a été démis de ses fonctions par les habitants.

L’année dernière, l’ensemble du conseil d’administration de Green Charter Township, une petite ville du Michigan, a été remplacé suite à une élection de rappel organisé en novembre. Les résidents les ont accusés d’avoir soutenu un projet de Gotion, le géant des batteries chinois lié au PCC. Il s’agit de la construction d’une usine de 2, 4 milliards de dollars dans cette communauté rurale. Selon Gotion, l’achat du terrain a  été finalisé en août 2023 et les travaux ont débuté.

Gotion accusé d’intimider les résidents de la ville

Bien que la société mère de Gotion soit détenue à 30 % par Volkswagen, elle est basée en Chine, des accusations de connivence avec le Parti communiste chinois ont alimenté les inquiétudes locales.

Le nouveau conseil municipal dirigé par Jason Kruse a juré de stopper la construction de l’usine. L’entreprise chinoise a alors décidé de  poursuivre la ville. Elle accuse les nouveaux responsables de Green Charter Township d’avoir renié l’accord conclu avec leurs prédécesseurs et d’avoir tenté « de faire échouer le projet illégalement ». Gotion a déposé une plainte fédérale.

Selon le syndic de la municipalité, Jeff Throne, l’entreprise chinoise a pris une « mesure agressive », qui selon lui est une « manœuvre d’intimidation ». Pour Throne, Gotion tente de dire « nous sommes importants, nous avons beaucoup d’argent et nous allons vous poursuivre devant un tribunal fédéral ».

Pour Gotion, l’opposition du nouveau conseil d’administration est illégale, car le projet est déjà approuvé. Notons que l’ouverture de cette usine devrait permettre la création de 2.350 emplois  » biens rémunérés en moyenne de 52 000 dollars par an ». Le vice-président de la fabrication nord-américaine de Gotion, Chuck Thelen, a déclaré : « Il est regrettable que Gotion ait dû recourir à un procès pour obliger la municipalité à respecter ses obligations en vertu de l’accord ». Kruse a déclaré à DailyMail.com que « c’est un cas classique de David contre Goliath ».

Une question de sécurité nationale et de risque environnemental

Le site de construction de l’usine se trouve à environ 60 miles au nord du Grand Rapids, soit à 160 kilomètres d’un camp militaire américain. C’est l’endroit où la Garde nationale du Michigan  entraîne les troupes de Taïwan.

Cette proximité de l’usine au camp militaire a suscité de l’inquiétude chez les résidents et les politiciens, vu qu’elle appartient à une entreprise liée au PCC. Le Conseil d’administration de la ville a donc décidé de stopper le projet pour des raisons de sécurité. Gotion a nié publiquement son lien avec le Parti communiste.

Mais les nouveaux chefs de Green Charter Township ont aussi évoqué un problème d’ordre environnemental. L’usine sera implantée dans une région rurale traversée par des rivières qui alimentent les Grands Lacs du Michigan. Pour régler se problème, Gotion demande au tribunal d’ordonner à la municipalité de raccorder les conduites d’eau à l’usine.

Les cinq membres du conseil, tous républicains, ont été remplacés par des candidats sans affiliation partisane. Ces nouveaux élus, déterminés à bloquer le projet de Gotion, ont immédiatement pris des mesures, notamment en changeant les serrures du bâtiment gouvernemental. Corri Riebow, une résidente sans expérience politique, est l’une des nouvelles élues. Son élection symbolise la volonté des habitants de s’opposer à un projet perçu comme une intrusion chinoise dans leur communauté.

Le sénateur Marco Rubio et plusieurs républicains du Michigan et de l’Illinois ont appelé à un examen de sécurité nationale sur Gotion, soulignant que la Chine pourrait avoir une influence significative sur l’entreprise malgré son affiliation  à Volkswagen. Le projet de Gotion a mis en lumière les tensions entre les impératifs économiques et les préoccupations de sécurité nationale. Alors que l’administration Biden mise sur les véhicules électriques pour revitaliser l’industrie et créer des emplois, des questions demeurent quant à la dépendance américaine vis-à-vis de la Chine dans ce secteur stratégique. Les républicains, de leur côté, soulignent le risque de permettre à une entreprise ayant des liens présumés avec le Parti communiste chinois d’avoir un rôle crucial dans cette industrie en pleine expansion.


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