Après la Libye et l’Ukraine, BHL veut embraser Téhéran

Après la Libye et l’Ukraine, BHL veut embraser Téhéran


Partager cet article

Bernard-Henri Lévy réclame une intervention américaine en Iran. Fidèle à son habitude, le philosophe-stratège pousse à la roue de l’escalade militaire. Entre humanisme de façade et intérêts géopolitiques opaques, ce scénario semble copié-collé des plaidoiries passées pour l’intervention en Libye, un précédent dont l’échec catastrophique devrait pourtant inviter à la retenue.

Bernard-Henri Lévy, figure incontournable des débats géopolitiques depuis 1973, se pose une fois de plus en défenseur des opprimés. Dans son Bloc-Notes pour Le Point de ce jeudi, il exhorte Donald Trump à intervenir en Iran pour "secourir les Iraniens" et faire chuter les mollahs, au nom de la paix au Proche-Orient. Ce plaidoyer s'inscrit dans une longue série d'appels à l'action militaire aux conséquences économiques et humaines dévastatrices.

L’ombre portée de la Libye

En 2011, BHL fut l’un des plus ardents promoteurs de l’intervention en Libye. L’opération, menée au nom de la protection des civils, déboucha sur la chute de Kadhafi.

Le résultat est documenté : fragmentation du pays, milices rivales, instabilité chronique. Le coût humain est lourd. La prospérité relative d’avant-guerre a disparu.

L’épisode a aussi révélé les jeux d’influence régionaux, notamment le rôle du Qatar dans la recomposition post-conflit.

Après l'Ukraine, l'Iran en ligne de mire

Plus récemment, Lévy s'est autoproclamé VRP de l'adhésion ukrainienne à l'OTAN, loin des lignes de front. Cette posture, postérieure aux événements, ignore les coûts humains et économiques d'un conflit prolongé : inflation galopante en Europe, dépendance énergétique accrue et milliards détournés vers l'armement, au détriment des libertés individuelles.

Aujourd'hui, BHL cible l'Iran, appelant à une intervention pour renverser le régime. Factuellement, cela risque de répéter les erreurs passées : escalade militaire, sanctions économiques pénalisant les civils iraniens, et opportunités pour des lobbies pétroliers ou géostratégiques.

Cette vision interventionniste ignore superbement les principes de souveraineté et les conséquences économiques désastreuses d'un nouveau conflit mondialisé.

BHL n'est pas un philosophe, mais un agent d'influence du complexe militaro-industriel masqué par la morale. Ses appels à la guerre, lancés depuis le confort des plateaux parisiens, ne sont jamais suivis des factures qu'ils génèrent. En réclamant le sang des autres, BHL confirme sa fonction : être le VRP permanent du chaos globaliste.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Qui est Bally Bagayoko, candidat LFI élu au premier tour à Saint-Denis, par Elise Rochefort

Qui est Bally Bagayoko, candidat LFI élu au premier tour à Saint-Denis, par Elise Rochefort

Grâce à une intense campagne de dénigrement sur le mode de l'antisémitisme, LFI a réalisé une percée significative dans les villes de plus de 100.000 habitants. Bally Bagayoko, élu au premier tour dans la ville des rois, Saint-Denis, face au maire sortant, en est une figure emblématique. Bally Bagayoko est une figure centrale de La France Insoumise en Seine-Saint-Denis, dont le parcours et la stratégie expliquent la victoire historique dès le premier tour à Saint-Denis. Parcours et profil pol


Rédaction

Rédaction

Inventaire avant fermeture : LFI confirme la fin de la France des petits blancs...

Inventaire avant fermeture : LFI confirme la fin de la France des petits blancs...

On les disait battus d'avance, pour fait d'antisémitisme. Et finalement, les LFI effectuent une percée contre la pensée mainstream ! Leur secret ? Avoir parié sur cette France nouvelle, celles des enfants d'immigrés, des banlieues, des invisibles que la droite et la caste méprisent ostensiblement. Jusqu'où iront-ils ? (première chronique de la lucidité mélancolique que je rédige sur le Courrier) Rochebin : « Saint Denis c’est la ville des rois » Bagayoko : « des noirs la ville des noirs »pic.


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

L'humeur de Veerle Daens : la dynastie des Duhamel, ou quand l'info mainstream est une affaire de famille

L'humeur de Veerle Daens : la dynastie des Duhamel, ou quand l'info mainstream est une affaire de famille

Veerle Daens revient pour nous sur l'entre-soi hallucinant, tellement Ancien Régime, de l'information télévisée française, structurée autour de la famille Duhamel. Mais ! chut ! nous sommes dans une grande démocratie où l'égalité des chances et la méritocratie triomphent... 🇫🇷📺 La dynastie Duhamel est présente sur quasiment tous les plateaux des chaînes d’infos en continu ce soir : - Le fils, Benjamin Duhamel, sur France 2 - Le père, Patrice Duhamel, sur LCI - La mère, Nathalie Saint-Cricq,


CDS

CDS

De Guaino à Zemmour: comment Sarah Knafo s’est imposée dans une droite en crise

De Guaino à Zemmour: comment Sarah Knafo s’est imposée dans une droite en crise

Avant de devenir l’une des architectes de la campagne présidentielle d’Éric Zemmour en 2022, Sarah Knafo avait déjà attiré l’attention d’un poids lourd de la droite française : Henri Guaino. Ce passage peu connu éclaire les réseaux intellectuels et politiques dans lesquels s’est forgée l’une des stratèges de la nouvelle droite française. Jeune diplômée de Sciences Po, Sarah Knafo a vite grimpé les échelons. A seulement 32 ans, elle fait partie des plus grandes figures de l’extrême droite en Fra


Rédaction

Rédaction