Sur le plateau de BFMTV, la porte-parole du Rassemblement National Andréa Kotarac a substitué le mot « contre » à « pour » en évoquant la liberté religieuse des musulmans. Un dérapage sémantique de trois secondes, mais révélateur sur l'état du débat public français.
Le lapsus, filmé et diffusé, a circulé en quelques heures sur les réseaux. Kotarac voulait défendre lson attachement à la liberté de conscience. Il a glissé, au lieu de placer musulmans, juifs et chrétiens sur le même plan, il a opposé un « contre » aux premiers. Cette séquence intervient alors que le RN assume une ligne particulièrement ferme sur le port du voile et cherche à démontrer qu’il distingue la pratique religieuse de l’islamisme.
Un mot de trop
Andréa Kotarac entendait manifestement défendre une position de principe : « On respecte la conscience religieuse, on respecte la liberté religieuse, on respecte l’intimité religieuse », avant d’énumérer les différentes confessions. C’est à ce moment qu’il prononce « contre les musulmans, pour les juifs ou pour les chrétiens ».
🇫🇷📺 LAPSUS/AVEUX — « On respecte la liberté religieuse, que ce soit CONTRE les musulmans, POUR les juifs ou POUR les chrétiens », déclare le porte-parole du RN, Andréa Kotarac. pic.twitter.com/WlcpDBCUB6
— THE NEWS (@thenews_fr) August 31, 2026
Le terme « contre » peut évidemment relever d’un simple lapsus, d’autant que la formulation générale de son intervention allait dans le sens inverse. Mais précisément : c’est lorsqu’un responsable politique prononce une formule potentiellement lourde de sens que le travail journalistique devrait commencer.
La question qui n’a pas été posée
Une relance immédiate aurait pourtant été simple : « Vous avez dit “contre les musulmans”. Est-ce un lapsus ? Que vouliez-vous dire ? » Cette clarification aurait permis au porte-parole du RN de corriger publiquement ses propos ou, au contraire, d’en préciser la portée.

Au lieu de cela, la séquence a surtout trouvé sa seconde vie sur les réseaux sociaux, où chacun peut sélectionner quelques secondes pour conforter son propre récit politique. Les adversaires du RN y voient une confirmation de leurs accusations ; ses défenseurs parlent d’une manipulation fondée sur un lapsus.
Au fond, l’épisode dit moins sur les intentions réelles du RN que sur l’état du débat français. Tant que la critique de l’islamisme restera assimilée à une attaque contre les musulmans, le lapsus de Kotarac, aussi involontaire soit-il, vient justement brouiller cette ligne de crête que le parti s'efforce de tenir en public.
