Alors que la « pandémie est terminée aux Etats-Unis » , Pfizer fait le forcing concernant la vaccination des enfants

Alors que la « pandémie est terminée aux Etats-Unis » , Pfizer fait le forcing concernant la vaccination des enfants


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Pfizer a déposé lundi une demande d’autorisation de son candidat vaccin ciblant Omicron pour les enfants âgés de 5 à 11 ans. Cette demande d’autorisation d’urgence a été adressée à l’Agence américaine du médicament (FDA) pour une dose de rappel de 10 microgrammes. Si au départ la vaccination avait pour objectif prétendu de protéger les personnes à risque, désormais, on change de cible, on relance la vaccination des enfants pour faire reculer l’épidémie.

Face à l’essor des nouveaux sous-variants d’Omicron, et malgré l’inefficacité des vaccins, les campagnes de rappel de vaccin contre le Covid-19 reprennent cet automne. Les autorités sanitaires américaines recommandent le vaccin bivalent de Moderna pour les personnes âgées de 18 ans et plus, et Pfizer,  pour les personnes âgées de 12 ans et plus.  Aux États-Unis, depuis le 17 juin 2022, les Centres de contrôle et de prévention des maladies américains (CDC) avaient même donné leur feu vert pour la vaccination des enfants âgés de 6 mois à 5 ans. Bien que les effets secondaires de la vaccination Covid pour les enfants sont particulièrement à risque, les autorités sanitaires américaines poursuivent leur politique sanitaire qui repose sur le déni de réalité. Pour accélérer cette vaccination chez les plus jeunes, les laboratoires Pfizer et BioNTech ont demandé, ce lundi 26 septembre, l’autorisation de leur vaccin anti-Covid ciblant le variant Omicron pour les enfants âgés de 5 à 11 ans. Pour rappel, le président Joe Biden avait pourtant affirmé dans l’émission 60 minutes sur CBS que » la pandémie était terminée aux Etats-Unis » .

Une dose de rappel de 10 microgrammes

Dans un communiqué, Pfizer et son partenaire allemand BioNTech ont déclaré avoir soumis une demande d’autorisation d’utilisation d’urgence de leur vaccin actualisé adapté à Omicron  pour les enfants âgés de 5 à 11 ans à une dose de 10 microgrammes. Elle a été adressée à l’Agence américaine du médicament (FDA).

Cette nouvelle génération de vaccin dit bivalent a été conçue pour cibler à la fois la souche originelle du coronavirus, mais également les sous-lignages Omicron BA.4 et BA.5, actuellement dominants aux États-Unis, et qui seraient à l’origine de plus de deux tiers des infections selon   les CDC.

Si fin août, la FDA avait donné son feu vert pour l’utilisation des injections anti-Covid de Pfizer-BioNTech et Moderna ciblant Omicron, en tant que dose de rappel unique. Depuis début septembre, environ 4,4 millions d’Américains ont reçu un rappel du vaccin actualisé Covid-19, soit 1,5 % des personnes éligibles , selon les statistiques publiées par les CDC (Centers for Disease Control and Prevention). Les experts des CDC disent qu’il est encore trop tôt pour prédire si la demande correspondra aux 171 millions de doses de rappels que les États-Unis ont commandés pour l’automne.

Une demande d’autorisation européenne prévue

En cas de réponse positive de la FDA, cette nouvelle version de vaccin devrait encore être recommandée par les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), avant que les premières injections ne soient administrées aux enfants de 5 à 11 ans d’ici la mi-octobre.

Dans le communiqué, l’alliance Pfizer/BioNTech prévoit également de déposer une demande d’autorisation pour cette version mise à jour de leur vaccin pour enfants auprès de l’Agence européenne des médicaments (EMA) dans les « prochains jours ».

Récemment, dans une interview accordée au journal Telegraph britannique, le patron d’AstraZeneca, Pascal Soriot, a déclaré que les rappels de Covid-19 pour les jeunes et les personnes en bonne santé ne seraient pas opportuns.

En effet, jusqu’à ce jour, aucun variant agressif pour les enfants n’est apparu. Aussi est-on en droit de s’interroger sur les raisons de cette vaccination, qui soulève de nombreuses questions.

En France, la question de la vaccination obligatoire des enfants, dont nous avons rappelé qu’elle fait l’objet d’une première étude de la Haute Autorité de Santé, devrait être de nouveau dans tous les esprits.


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