Affaire Guerriau : une démission tardive qui résume l'impunité de la caste

Affaire Guerriau : une démission tardive qui résume l'impunité de la caste


Partager cet article

Joël Guerriau, sénateur centriste accusé d’avoir drogué la députée Sandrine Josso avec de la MDMA en vue d’une agression sexuelle en 2023, annonce qu’il quittera son poste le 6 octobre. Mais il prétend que ce départ n’a rien à voir avec son procès imminent. Une justification qui sonne comme une insulte à l’intelligence collective.

L’agence API News, basée à Nantes, a déclaré que Joël Guerriau, va démissionner au début octobre. Le sénateur, soupçonné de viol, a confirmé cette information et il a ajouté que son départ n’a rien à avoir avec son affaire juridique. Il s’agit d’une « traduction d’un engagement pris lors des sénatoriales de 2023 ».  

Le sénateur Joël Guerriau quitte son poste le 6 octobre prochain

Joël Guerriau, est accusé d’avoir dilué de la MDMA à 91,1 % pure dans le verre de champagne de sa collègue dans le but de « commettre un viol ou une agression sexuelle ». L’affaire a été portée devant la justice et le sénateur centriste devra comparaître devant le tribunal correctionnel de Paris.

Selon l’AFP News de Nantes, Joël Guerriau, devrait quitter « le Sénat le 6 octobre 2025 ». Le sénateur de la Loire-Atlantique a confirmé sa démission samedi. Il affirme vouloir céder sa place à une colistière pour "renforcer la représentation des communes rurales."Il sera remplacé par la maire de La Meilleray-de-Bretagne, Marie-Pierre Guérin.

Notons que le sénateur a déjà été suspendu par son parti Horizons et son groupe parlementaire Les Indépendants. Le président du Sénat, Gérard Larcher, a déclaré au début du mois de juillet qu’il a l’intention de saisir le comité de déontologie de l’institution afin de discuter des sanctions à attribuer à Joël Guerriau.

La réaction de la députée Sandrine Josso

« J’ai appris avec dégoût ce matin l’annonce de la démission prochaine de Joël Guerriau ».

a déclaré Sandrine Josso, offusquée par la décision de son présumé agresseur.

Par ailleurs, la députée Sandrine Josso dénonce le fait que c'est l'accusé qui choisit le moment de sa sortie, non la justice. Il s’agit là d’une insulte au processus judiciaire.

" Encore une fois, c’est l’agresseur qui choisit son calendrier, son récit, sa sorti. Il ne s’agit pas d’un acte de responsabilité ou de décence : il s’agit d’un repli stratégique",

a déclaré Sandra Josso.

Une parodie de justice

Le plus grave n’est pas seulement l’accusation de soumission chimique, déjà effrayante. C’est l’arrogance de l’élu qui, jusqu’au bout, se permet de dicter son récit.

La prétendue présomption d'innocence ne doit pas servir de bouclier contre toute critique. Alors que les faits sont troublants , les politiciens semblent bénéficier d’une bienveillance que le reste de la société n’a pas.

C’est un signal dangereux. Il suggère que les puissants peuvent contourner le système qu'ils sont censés représenter.

L'exemple de Joël Guerriau n’est pas un cas isolé, mais un symptôme d'un mal plus profond qui ronge la confiance du public envers la classe politique. Dans n’importe quel autre métier, une telle mise en examen entraînerait une suspension immédiate. Mais en politique, on joue la montre, on conserve les avantages, on garde les réseaux…


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
SMIC 2026 ? ou les deux automates de notre avachissement

SMIC 2026 ? ou les deux automates de notre avachissement

Au 1er juin, le SMIC franchit les 1 867 euros par revalorisation automatique. Mais l'allégement de cotisations qui devrait suivre est, lui, gelé par décret du 22 mai. La République distribue par index, prélève par décret : personne, des deux côtés, n'a tranché. Et si l'employeur et le salarié français pratiquaient, sans le savoir, la même défection ? Il existe des décisions qui ne sont prises par personne, qui ne sont signées par personne, qui ne sont défendues par personne, et qui pourtant tom


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Loi narcotrafic : un an d'application, premier bilan, par Elise Rochefort

Loi narcotrafic : un an d'application, premier bilan, par Elise Rochefort

La loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic, dite « loi narcotrafic », est entrée en vigueur il y a près d'un an. En voici le bilan un an plus tard. Issue d'une proposition de loi sénatoriale signée notamment par les rapporteurs Étienne Blanc et Jérôme Durain, adoptée définitivement par le Parlement le 29 avril 2025 puis examinée par le Conseil constitutionnel sur saisine de soixante députés, elle comprend dans sa version promulguée cinquante-huit articl


Rédaction

Rédaction

Euro numérique : comment s'en protéger ? par Vincent Clairmont

Euro numérique : comment s'en protéger ? par Vincent Clairmont

Le Parlement européen doit se prononcer en mai 2026 sur le mandat de négociation du règlement relatif à l'euro numérique, soit deux ans et onze mois après le dépôt de la proposition de la Commission européenne en juin 2023. Le Conseil de l'Union européenne a adopté sa position commune en décembre 2025 ; la commission ECON, paralysée par les divisions internes entre groupes, n'a pas dégagé de majorité, ce qui a conduit le Parlement à envisager le vote direct d'un mandat en séance plénière. Le


Rédaction

Rédaction

Aider les pauvres ? ou les dominer ?

Aider les pauvres ? ou les dominer ?

Et si la question elle-même était piégée ? Aider les pauvres ne se discute pas — la fraternité n'est pas une option, c'est une vertu. La vraie question est celle qu'un jeune magistrat de trente ans nommé Alexis de Tocqueville posait dès 1835 : à partir de quel seuil l'aide cesse-t-elle d'émanciper pour commencer à assigner ? Et qui le décide à notre place ? Il existe, dans certains départements de l'Ouest de la France, des dossiers cartonnés que des conseillers du RSA tiennent encore à jour à l


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe