400 kg de cocaïne disparue, des policiers en prison : le procès Yoda s'ouvre sur fond de scandale

400 kg de cocaïne disparue, des policiers en prison : le procès Yoda s'ouvre sur fond de scandale


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Depuis lundi, le tribunal correctionnel de Marseille juge Félix Bingui,35 ans, à la tête de vingt prévenus. Ils comparaissent pour trafic de stupéfiants et blanchiment autour du point de deal de « La Fontaine », au cœur d’une guerre mafieuse qui a fait 49 morts en 2023 dans l’agglomération marseillaise. Mais derrière l’image du « narco-parrain », l'enquête vacille : les policiers qui l'ont instruite sont aujourd'hui incarcérés dans l'affaire Trident, un scandale de 400 kilogrammes de cocaïne volatilisés.

Depuis ce lundi 18 mai 2026, vingt prévenus, membres du gang Yoda, doivent comparaître devant le tribunal correctionnel de Marseille. Ce sont les rescapés d’une guerre sanglante contre un groupe rival, la « DZ Mafia » en 2023. Félix Bingui, alias « le Chat », se trouve au premier rang. Les magistrats instructeurs le présentent comme le chef « incontestable » des Yoda. Mais son avocat œuvre à lui enlever cette étiquette de tête de réseau criminel.

Le « chat » accusé d’être le chef des « Yoda »

Le dossier oppose deux clans rivaux implantés à La Paternelle : les Yoda et la DZ Mafia. Le procès des 20 membres du gang Yoda se tient au tribunal correctionnel de Marseille depuis ce lundi 18 mai 2026. Accusés de trafic de stupéfiants et de blanchiment d’argent, ils ont survécu à une guerre de territoire sanglante contre le clan rival « DZ Mafia ». Cette boucherie, ayant causé 49 décès, s’est déroulée dans la cité de La Paternelle en 2023. Parmi ces 20 prévenus figure Félix Bingui, alias « le Chat ». La justice le présente comme le « chef incontestable » des Yoda, l’un des plus grands réseaux de narcotrafic en France.

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Après le récent procès des seconds pour un double assassinat, les premiers passent à la barre. Félix Bingui, 35 ans, natif d’Alès, incarne la trajectoire classique du milieu marseillais. Ancien de la bande des Carmes, condamné treize fois dont quatre ans de prison en 2017 pour trafic et deux ans et demi en 2019 pour détention d’arme , il aurait dirigé le point de deal de « La Fontaine », l’un des plus rentables de la ville entre 2021 et 2023.

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Arrêté à Casablanca en mars 2024 grâce à une notice rouge Interpol, il est depuis incarcéré à Vendin-le-Vieil, prison de haute sécurité où cohabitent, par ironie institutionnelle, ses principaux rivaux de la DZ Mafia. Il encourt jusqu'à vingt ans de réclusion.

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Son avocat, Me Philippe Ohayon, conteste vigoureusement cette qualification. « On est loin de la figure d'un chef de clan », affirme-t-il. Les preuves à charge se réduisent à trois sonorisations de véhicules et de chambre d'hôtel " maigre arsenal" , juge-t-il, pour étayer trois années de direction supposée d'un réseau. Quant à la villa estimée à 3 millions d'euros par les enquêteurs, la défense n'y voit qu'un appartement à 200 000 euros à Dubaï.

Comment son avocat veut faire tomber toute l'enquête

Le véritable nerf du procès est ailleurs. Me Ohayon entend déposer dès l'ouverture de l'audience une demande de supplément d'information portant sur la légalité de toute la procédure.

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Motif : selon lui, « 90 % du travail d'enquête a été réalisé par des policiers aujourd'hui incarcérés dans l'affaire Trident ». Derrière ce scandale, une livraison surveillée de près de 400 kilogrammes de cocaïne, censée servir d'appât contre des narcotrafiquants marseillais, s'est tout simplement évaporée. Si les sonorisations sont invalidées, il ne reste plus, reconnaît l'avocat lui-même, que le volet blanchiment réel, lui, mais bien plus difficile à instruire à charge.

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Le réseau Yoda avait acquis une notoriété qui dépasse les cités. Le rappeur Jul chantait en 2020 « J'fume la frappe à Yoda », et un youtubeur doublait des films cultes en argot marseillais depuis ce même quartier, avec des millions de vues à la clé.

Ce procès révèle surtout l’échec d’un système : des cités transformées en entreprises criminelles, des réseaux internationaux capables d’investir à Dubaï, et des institutions policières elles-mêmes fragilisées par des soupçons de corruption ou de dérives. Derrière les figures médiatiques du narcobanditisme marseillais, c’est désormais la crédibilité même de l’État qui se retrouve sur le banc des accusés.


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