À gauche de Macron, la taxe carbone n’a pas dit son dernier mot


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86 députés ont signé une tribune dans le Figaro appelant à une fiscalité carbone équitable. Certains d’entre eux sont des ténors de la République En Marche. Elle témoigne de la recomposition à gauche qui se construit.

Parmi les signataires de cette tribune qui a fait grand bruit, on trouve des ténors de la majorité actuelle, dont deux figures de la République En Marche données comme possibles candidats à la mairie de Paris. Le signal est assez fort pour qu’on devine, derrière ce texte frondeur, un calcul politique destiné à recomposer une gauche bo-bo.

Villani et Renson pour une nouvelle taxe carbone

Parmi les signataires de la tribune en faveur d’une taxe carbone nouvelle formule, on retient particulièrement deux noms: Cédric Villani et Hugues Renson. Les deux hommes sont des députés influents de la majorité parlementaire. Ils ont tous les deux fait part de leur intérêt pour la mairie de Paris. Les autres candidats potentiels étant ministres, on imagine que la solidarité gouvernementale ne leur a guère laissé la possibilité de signer eux aussi ce texte.

La fiscalité carbone, nouveau marqueur de la gauche bobo

La signature du texte par Villani et Renson indique en tout cas que la fiscalité carbone est devenue, grâce aux Gilets Jaunes, un marqueur crucial autour duquel la gauche bo-bo se reconnaît. Le fait que deux possibles candidats parisiens osent affronter les foudres présidentielles pour y souscrire montre bien le calcul politique que cette taxe si roborative permet. En raisonnant par l’absurde, on peut même soutenir que ne pas afficher son soutien à la fiscalité carbone risque d’être un handicap pour une candidature devant les élites parisiennes.

On y verra un pivot d’une recomposition en profondeur.


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