L’inévitable retour de l’ISF

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Selon toute vraisemblance, le gouvernement aura du mal à éluder la question du retour de l’ISF. Elle est posée par l’ensemble des cahier de doléances rédigés à ce jour. Pour Emmanuel Macron, ce sujet risque de causer une sérieuse déconvenue… et poser quelques problèmes à ses soutiens électoraux de la première heure.

Les premiers cahiers de doléances commencent à remonter des mairies qui avaient ouvert cette consultation. Les résultats convergent: l’une des premières revendications porte sur le rétablissement de l’Impôt sur la Fortune (ISF).

L’ISF vu par les Bretons

Pour s’en assurer, on lira attentivement l’enquête du Monde consacrée aux cahiers de doléances en Bretagne. Dans la plupart des communes, le retour de l’ISF est cité comme un leit-motiv. Il est explicitement demandé et relève pour ainsi dire du poncif ou de la porte ouverte.

On lira notamment: « A Gouesnou comme ailleurs, si les adresses au chef de l’Etat sont directes, nulle insulte ou discours haineux. Les contributions, structurées, expriment un ras-le-bol général. Dans un inventaire à la Prévert, un signataire réclame « l’augmentation du smic et des petites retraites », « le retour de l’ISF », « la fin de la gabegie de l’Etat et des cadeaux (…) comme l’Elysée qui change la vaisselle et les moquettes (entre 300 000 et 600 000 euros) ».

L’ISF dans les communes rurales

De son côté, Europe 1 a consulté la synthèse des cahiers réalisée par l’association des maires ruraux de France.

Le constat est le même: « Les revendications les plus souvent exprimées concernent la justice fiscale et sociale. La rémunération des élus et des hauts-fonctionnaires, ainsi que leurs privilèges, sont pointés du doigt. Les contributeurs mentionnent les différences de pression fiscale entre particuliers et entreprises ou entre personnes modestes et aisées, réclamant le retour de l’ISF, la renationalisation des autoroutes ou encore la taxation des transactions financières. Un « ras-le-bol fiscal » apparaît clairement : la taxe carbone, la TVA sur les produits de première nécessité, les niveaux du Smic comme des pensions de retraite sont très critiqués. »

Dans ces conditions, on voit mal comment Emmanuel Macron pourrait éviter de remettre cette mesure sur la table. Sauf à s’enfoncer dans une profonde crise politique.


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