150% de plein emploi, version Davos – par Modeste Schwartz

150% de plein emploi, version Davos – par Modeste Schwartz


Partager cet article

Ce revenu universel recommandé par Davos et réclamé par toute la gauche occidentale, beaucoup se l’imaginent comme une prolongation ad aeternam des belles heures de la pizza subventionnée devant Netflix, pendant qu’une peste noire imaginaire hantait les rues de 2020.

C’est parce qu’ils n’ont pas, comme moi, vécu sur le territoire de l’utopie précédente (nommée URSS), ou de ses états successeurs. Dans cette ancienne normalité encore rouge (pas encore verte), l’État vous garantissait non seulement un revenu, mais même un emploi, d’ailleurs obligatoire. Et comme le revenu en question, au marché noir (le seul qui fût à peu près approvisionné), permettait à peine de survivre, les citoyens soviétiques un tant soit peu ambitieux étaient fortement incités à assumer de front plusieurs emplois. C’est ainsi que la patrie du socialisme parvenait à plomber les caries creusées dans son marché du travail par la répression (immense population carcérale), l’alcoolisme, l’incompétence et l’émigration. D’où cette sociologie si typique de l’Europe de l’est, faite de musicologues-ramoneurs-chauffeurs de taxi et de cantatrices-coiffeuses-secrétaires trilingues.

 

« Les objectifs du plan seront atteints et dépassés ! »

Un siècle après la grande révolution d’Octobre, les planificateurs utopiques, après avoir officiellement cherché à éradiquer la grippe, le mauvais temps et la transphobie russe, retrouvent spontanément ces vieilles recettes du libéralisme de secours, c’est-à-dire du système B appelé à ralentir le naufrage de leur merveilleuse usine à gaz dirigiste. Ainsi, à défaut d’être revalorisés (c’est, leur dit F. Braun, « la mauvaise période » pour le demander), les professionnels de santé suffisamment « immunisés » pour avoir conservé leur emploi sont désormais invités à s’initier en outre, dans leurs heures « perdues », à la conduite de bus scolaires. Moyennant quoi, à terme, ils pourront sûrement espérer un rab de tickets (naturellement numériques) de chauffage – si utiles en période de réchauffement climatique !


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
"The Technological  Republic": le livre qu'il devient impossible d'ignorer, par Eric Lemaire

"The Technological Republic": le livre qu'il devient impossible d'ignorer, par Eric Lemaire

Lu pour vous: le livre d'Alex Karp, The Technological Republic, est probablement l'un des ouvrages les plus mal compris de l'année 2025. Présenté par ses détracteurs comme un manifeste technofasciste, il est en réalité autre chose : le constat brutal d'une transformation historique déjà en cours. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte


Rédaction

Rédaction

Édouard Philippe a-t-il une chance de gagner la présidentielle ?

Édouard Philippe a-t-il une chance de gagner la présidentielle ?

Donné favori il y a un an, l'ancien Premier ministre redescend dans les sondages à mesure que la campagne se rapproche. Deux poids le tirent vers le bas, que les commentateurs nomment rarement ensemble : l'homme qui veut incarner l'après-Macron fut le Premier ministre de Macron, et celui qui promet l'apaisement reste, dans la mémoire d'une partie du pays, le chef du gouvernement des éborgnés. On peut gagner malgré un handicap. Rarement malgré deux qui se renforcent. LE COURRIER DES STRA


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe