Requiem : on peut commencer la chronique de l’implosion française

Requiem : on peut commencer la chronique de l’implosion française


Partager cet article

L’implosion française peut être datée de ce 5 décembre 2019. Elle n’est pas seulement annoncée, produite, par la désastreuse réforme des retraites dont les élites ont refusé de voir qu’elle ne ferait l’unanimité que dans leur propre cerveau, et qu’elle serait viscéralement rejetée par le pays réel. Elle s’inscrit dans une addition de nouvelles cataclysmiques qui rendent définitivement urgent le renouvellement des élites bobos et le relèvement sans concession du pays.

L’implosion française devient une évidence. Pas seulement parce que les rues du pays sont aujourd’hui couvertes par des cortèges d’assurés sociaux en colère. Mais aussi parce que, de toutes parts, nous parviennent des nouvelles catastrophiques. La gestion du pays par des élites médiocres, arrogantes, superficielles, vulgaires, peu cultivées, tourne au désastre, dans des proportions équivalents à ce que fut 1940 ou 1870.

Les retraites encore et toujours donnent le signal de l’implosion française

Alors que, depuis 1944, le pays réel résiste avec obstination à la mise en place d’une sécurité sociale universelle, projet formé en son temps par des conseillers d’Etat déconnectés (déjà!) de la réalité, Emmanuel Macron a voulu faire le malin et épater la galerie en s’y collant. Pourtant, les dernières tentatives de ce genre se sont toutes soldées par des Berezinas. On pense ici au blocage du pays sous Juppé, puis au gaspillage de plusieurs milliards et au désespoir des indépendants dans la création du RSI.

Mais la particularité de l’énarque imbu de sa propre personne est de penser qu’il est entouré d’abrutis qui ne comprennent rien à rien, et de n’accorder sa confiance qu’à ceux qui lui disent ce qu’il a envie d’entendre. Résultat : alors que les détails de la réforme ne sont même pas connus, des millions de Français seront dans les rues aujourd’hui pour protester contre un projet totalement lunaire.

La déroute de l’éducation nationale ne gêne plus personne

Mardi, l’OCDE publiait son enquête PISA 2018, comparaison internationale des performances des systèmes scolaires. Il y a 20 ans, beaucoup de Français étaient convaincus de disposer du meilleur système scolaire du monde, et les enseignants français mettaient en avant cette performance fantasmée pour justifier un corporatisme sans égal dans le reste  du pays. Aujourd’hui, la France démontre avec opiniâtreté qu’elle propose, au mieux, un service moyen aux contribuables dont les enfants sont régulièrement rançonnés par les syndicats enseignants pour dépenser toujours plus.

Aucun ministre n’a songé à demander aux enseignants de se mettre au travail. Il ne faut pas brusquer les bobos. On lit donc dans la presse, désormais, cette bréviaire de la médiocrité républicaine parfaitement assumée :

« Contrairement à ce qu’on entend souvent, le score de la France n’est pas catastrophique », souligne Eric Charbonnier, spécialiste de l’éducation à l’OCDE. Elle fait globalement aussi bien que l’Allemagne, la Belgique ou le Portugal, mais moins bien que les Etats-Unis ou le Royaume-Uni.

« Elle occupe une place honorable mais conserve un gros point noir: les inégalités sociales y restent très fortes », indique Eric Charbonnier. Depuis la dernière enquête Pisa, qui mettait l’accent sur la lecture en 2009, « elles ne se sont pas aggravées mais leur niveau est toujours très inquiétant », souligne-t-il.

Ne pas faire mieux que le Portugal ne semble gêner personne. Avoir le système le plus inégalitaire non plus. Pourtant, le discours récurrent pour justifier que l’école publique soit gouvernée par des syndicats soviétiques comme le SNES est celui de l’égalité des chances. Il paraît que l’école doit rester plublique et nationale pour ne pas accroître les inégalités. Or nous sommes le pays industrialisé le plus inégalitaire scolairement.

Ne dites surtout pas la vérité aux bobos qui nous dirigent, elle risquerait de leur piquer les yeux.

Jack Lang, champion des petits cadeaux offerts par les copains ?

Alors que les performances du pays prennent l’eau de toutes parts (on n’évoque même pas ici la situation du système de santé, que les Français croyaient encore le meilleur du monde) et que les prélèvements publics et le nombre de fonctionnaires sont au plus haut historique, on apprend qu’une perquisition chez Smalto permettrait d’établir que ce ministre de la Culture que le monde entier nous envie, Jack Lang, aurait reçu en cadeau, de la part du couturier, des costumes pour une valeur supérieure à 500.000 euros.

Si l’information devait se confirmer, l’actuel président de l’institut du Monde Arababe se révèlerait fameusement corrompu par ses amis. Celui qui fut député à Blois puis, par pur calcul électoral, dans le Nord-Pas-de-Calais, et qui donc a largement profité des voix des prolétaires pour remplir sa gamelle (au nom de la gauche, bien entendu), s’en serait donc pas mal mis dans les poches en toute illégalité. Bravo la gauche bobo ! bravo les élites ! bravo les donneurs de leçons sur le Vivre Ensemble, le progrès et la bienveillance.

On ne mesure pas assez combien ce genre de comportement délictueux ruine l’idée républicaine et attise les passions.

Depuis les Gilets Jaunes, les élites françaises ont pris l’habitude de vociférer contre le petit peuple des Gaulois réfractaires. Mais il est temps qu’elles balaient devant leur propre porte, car elles ont à rougir de leurs déviances. Je fais ici le pari qu’elles n’auront pas l’intelligence de faire ce ménage salutaire, et que le peuple, très rapidement, le fera à leur place.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Air Canada : le PDG viré pour n’avoir pas assez parlé français

Air Canada : le PDG viré pour n’avoir pas assez parlé français

Après « près de deux décennies de leadership solide et dévoué qui a renforcé la position d’Air Canada en tant que chef de file de l’industrie du transport aérien au pays et à l’échelle mondiale », Michael Rousseau le PDG d’Air Canada a été chassé pour n’avoir pas assez parlé français. Mais derrière la démission, une démonstration de force politique québécoise. Michael Rousseau, patron d’Air Canada depuis près de vingt ans, quitte son poste à la fin du troisième trimestre. L’annonce officielle,


Rédaction

Rédaction

2026 : le Grand Désordre et la fin de la gestion de patrimoine "Papa", par Vincent Clairmont

2026 : le Grand Désordre et la fin de la gestion de patrimoine "Papa", par Vincent Clairmont

L’heure n’est plus à la diversification prudente, mais à l’antifragilité. Alors que la zone euro s'enfonce dans une stagflation structurelle et que le château de cartes du crédit privé menace de s'effondrer, comment protéger et faire croître un capital de 100 000 € ? Découvrez la Stratégie Barbell 2026, notre nouveau guide opérationnel exclusivement réservé à nos abonnés, à télécharger en fin d'article. L'illusion de la sécurité est votre plus grand risque Le modèle classique de gestion de pa


Rédaction

Rédaction

De la paranoïa au crime: la loge Athanor devant les assises

De la paranoïa au crime: la loge Athanor devant les assises

L’affaire Athanor aurait pu prêter à sourire si elle ne débouchait pas sur des faits d’une gravité extrême. Au cœur du dossier : une loge maçonnique des Hauts-de-Seine, désormais dissoute, dont certains membres sont accusés d’avoir commandité une série d’opérations violentes, jusqu’à l’homicide. Le 30 mars 2026, la cour d’assises de Paris a ouvert le procèsde l’ex-loge maçonnique Athanor, basée à Puteaux dans les Hauts-de-Seine. Vingt-deux accusés, âgés de 30 à 73 ans, vont comparaître pendant


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Pourquoi les libertariens disent que l'encadrement des loyers est un poison lent, par Elise Rochefort

Pourquoi les libertariens disent que l'encadrement des loyers est un poison lent, par Elise Rochefort

À chaque crise du logement, la même vieille lune réapparaît sur le devant de la scène politique : l’encadrement des loyers. Sous couvert de "justice sociale" et de protection des plus démunis, l'État s'immisce dans la relation contractuelle entre deux individus pour dicter un prix. Pourtant, pour quiconque refuse de s'aveugler, cette mesure n'est pas un remède ; c'est un poison lent. Un poison qui, sous prétexte de calmer la douleur à court terme, finit par paralyser tout l'organisme urbain.


Rédaction

Rédaction