À chaque hiver, la même rengaine revient : annonces alarmistes, cartes anxiogènes, « experts » omniprésents et promesses de chaos météorologique. Février 2026 n’échappe pas à la règle. Pourtant, derrière les titres anxiogènes la réalité scientifique est nettement plus nuancée — et beaucoup moins spectaculaire.

Parler aujourd’hui d’un « froid historique » à plusieurs semaines d’échéance relève davantage de la spéculation que de la prévision. Météo-France est claire : aucun scénario de froid notable n’est privilégié dans les 15 prochains jours, et aucune tendance fiable ne se dégage avant la mi-février. Au-delà de dix jours, la météo devient probabiliste, pas prédictive. Transformer des hypothèses de modèles en certitudes relève d’un abus de langage… ou d’un calcul éditorial.
Des prévisions à nuancer
Les experts évoquent une combinaison entre un vortex polaire perturbé et un anticyclone russe, susceptible d’amener un air glacial sur la France. Si les départements du Nord et de l’Est sont les plus exposés, les modèles restent incertains.

Ce froid serait aussi provoqué par le phénomène « Moscou-Paris » qui se traduit par l’arrivée d’air glacial et sec de Sibérie en Europe occidentale. Il est lié à un blocage anticyclonique. Ce phénomène se produit environ tous les trois à quatre ans.
L’expression « période glaciaire », utilisée par certains médias, relève davantage du sensationnalisme que de l’analyse rigoureuse. En réalité, il s’agit d’un scénario de vague de froid prolongée, déjà observée par le passé.

Si les "experts" de Tiempo.com parlent d’une « période glaciaire », d'autres préfèrent plutôt utiliser le terme « vague de froid intense et durable ». Quel est le scénario probable ? Tout d’abord, les températures peuvent chuter jusqu’à -15°C, voire même -20°C selon les modèles étudiés par PlaneteWeb et Tameteo. Les prévisionnistes évoquent aussi un risque de gel permanent en journée.
En ce qui concerne les départements touchés par cette période glaciaire, Le Tribunal du Net, en s’appuyant sur les prévisions de Météo-France et de La Chaîne Météo, pense que la France serait coupée en deux.
Les risques réels : énergie et régulation
La configuration dite « Moscou-Paris » pourrait toucher principalement les départements du Nord et de l’Est, du Centre-Est au Nord-est et jusqu’à l’Ile-de-France. Les météorologues surveillent désormais le vortex polaire et ce blocage scandinave pouvant générer l’installation d’un froid continental sec en Europe. Selon leur prévision, cette vague de froid pourrait toucher la France entre le 2 et le 8 février 2026.

Cependant, le vrai sujet n’est pas la température, mais ses conséquences sur les systèmes décentralisés. En période de grand froid, la demande électrique explose. Pourtant, la France paie aujourd'hui le prix de l'abandon de sa rente nucléaire et de son alignement sur les marchés européens décorrélés des réalités physiques.

La fragilité du réseau n'est pas une fatalité naturelle, mais la conséquence d'une gestion bureaucratique qui privilégie l'idéologie à la sécurité d'approvisionnement. Un froid durable de dix à quinze jours testerait les limites d'un mix énergétique de plus en plus dépendant de l'intermittence.





