Un ancien ambassadeur français au service d’espions israéliens

Un ancien ambassadeur français au service d’espions israéliens


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Ambassadeur français est un métier qui peut conduire à bien des contacts et bien des reconversions réussies, surtout lorsque l’on a été en poste aux Etats-Unis et en Israël. Le groupe israélien NSO, accusé d’espionnage politique sur plusieurs centaines de comptes WhatsApp, le prouve. Cette entreprise soupçonnée de produire un logiciel espion contre lequel Facebook vient de porter plainte s’offre désormais les services de Gérard Araud.

Un ancien ambassadeur français au service d’espions étrangers? Oui, c’est possible, et cette information peut semer le doute sur l’engagement de notre corps diplomatique. En l’espèce l’ancien ambassadeur de France à Washington et à Tel-Aviv, Gérard Araud,  est devenu… conseiller d’une entreprise israélienne appelée NSO, spécialisée dans l’espionnage sur Internet.

On vient d’ailleurs d’apprendre que WhatsApp entamait des poursuites judiciaires contre cette entreprise:

Dans des documents transmis à un tribunal fédéral de San Francisco, la firme qui appartient à Facebook accuse NSO d’avoir facilité des campagnes de piratage dans 20 pays ciblant notamment des diplomates, opposants politiques, journalistes et hauts représentants gouvernementaux.

Aucune identité des cibles présumées n’est dévoilée par WhatsApp, qui indique seulement dans les documents avoir identifié des actes de piratage au Mexique, aux Emirats arabes unies et à Bahreïn.

Il est très probable que NSO n’agisse pas pour son propre compte, mais soit en lien avec les services israéliens et américains.

Le recrutement d’un ancien ambassadeur de France par cette entreprise interlope jette une lumière crue sur l’ambiguïté de certains diplomates français. On se souvient qu’Emmanuel Macron les avait morigénés début septembre, lors de la conférence des ambassadeurs, en leur reprochant leur proximité avec l’Etat profond. Le Président soupçonnait alors l’atlantisme primaire de certains maillons du quai d’Orsay ou du ministère des Armées (dont Florence Parly et Sylvie Goulard) d’être dus à une collusion avec le Deep State américain, aussi assimilé au complexe militaro-industriel.

Le cas Gérard Araud ne fait rien pour le démentir.


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