Trump a-t-il raison de vouloir déprécier le dollar? par Vincent Clairmont

Trump a-t-il raison de vouloir déprécier le dollar? par Vincent Clairmont

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C'était une décision attendue, mais elle n'en reste pas moins explosive. Hier, le 10 décembre 2025, la Réserve Fédérale a abaissé ses taux directeurs de 25 points de base, ramenant le loyer de l'argent dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %. Ce geste, techniquement justifié par un marché de l'emploi qui s'effrite (4,4 % de chômage) et opéré dans un « brouillard statistique » causé par le shutdown, est bien plus qu'un ajustement monétaire. C'est le signal de départ d'une guerre des changes qui ne dit pas son nom, orchestrée depuis la Maison Blanche et désormais validée, bon gré mal gré, par l'institution de Jerome Powell.

Mais derrière les graphiques et les annonces du FOMC, une question fondamentale se pose pour l'Amérique et pour le monde : Donald Trump a-t-il raison de vouloir casser le dollar?

La mécanique de la chute : quand la FED valide la dépréciation

Pour comprendre ce qui se joue, il faut regarder au-delà de la baisse nominale de 25 points de base. En temps normal, une banque centrale baisse ses taux pour relancer la machine quand l'inflation est vaincue. Or, l'inflation américaine est tout sauf vaincue ; elle s'entête autour de 3 %, dopée par les tarifs douaniers.

En abaissant les taux dans ce contexte inflationniste, la FED crée une anomalie toxique pour la devise : des taux réels négatifs ou quasi-nuls. Mécaniquement, détenir du dollar devient moins rémunérateur pour les investisseurs internationaux par rapport à d'autres actifs ou devises. Le billet vert perd de son attrait, et les capitaux s'enfuient.

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C’est un document de trente-trois pages qui a l’effet d’une déflagration silencieuse dans les chancelleries du Vieux Continent. Publiée en ce mois de décembre 2025, la nouvelle Stratégie de Sécurité Nationale (NSS) des États-Unis ne se contente pas de redéfinir les priorités militaires de l’Amérique. Elle

Ce n'est pas un accident de parcours. La fracture au sein du comité de la FED – un vote divisé à 9 contre 3, du jamais vu depuis des années – montre que cette dérive inquiète les puristes. D'un côté, des gouverneurs comme Austan Goolsbee refusent de baisser la garde face à l'inflation ; de l'autre, Stephen Miran, l'homme de Trump au sein de la banque centrale, réclamait une baisse encore plus drastique de 50 points de base. En choisissant la voie médiane, Jerome Powell n'a pas sauvé le dollar ; il a acté son affaiblissement progressif.

L'Accord de « Mar-a-Lago » : la stratégie du dollar faible

Cette baisse des taux s'aligne parfaitement avec la grande stratégie de Donald Trump. Le Président ne s'en cache pas : pour lui, un dollar fort est un boulet au pied de l'industrie américaine ("Rust Belt"). Sa vision, théorisée par son conseiller et désormais gouverneur Stephen Miran, est celle d'une dévaluation de fait pour restaurer la compétitivité du Made in USA.

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Rédaction

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