Taxes douanières: Trump menace le commerce transatlantique

Taxes douanières: Trump menace le commerce transatlantique


Partager cet article

Les droits de douane sont devenus un outil central de la politique étrangère américaine, permettant à l’administration Trump d’exercer une pression considérable sur ses partenaires commerciaux. L’Union européenne redoute une rupture des échanges transatlantiques après la menace américaine d’une taxe de 30 %. Mais derrière ce bluff stratégique se cache une réalité douanière américaine confuse et vulnérable, où les règles douanières peuvent varier et être contournées.

President Donald Trump displays a chart with reciprocal tariffs during a ‘Liberation Day’ event in the Rose Garden at the White House on April 2, 2025 in Washington, D.C. Today?s tariffs are just the most recent moves that President Trump has taken in this new trade war since returning to the White House less that three months ago. (Photo by Samuel Corum/Sipa USA)/60532923//2504022251

Samedi, Donald Trump a annoncé l’application d’une taxation de 30% pour l’Union Européenne à compter du 1er août 2025. Pour mémoire,  l’application du taux de 20% a été suspendue et maintenue à 10% jusqu’au 1er août 2025. Selon le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, cette surtaxe douanière pourrait rendre « impossible les échanges transatlantiques ». La Commission tente de renouer le dialogue avec les Etats-Unis.Samedi, Donald Trump a annoncé l’application d’une taxation excessive de 30% pour l’Union Européenne à compter du 1er août 2025. Selon le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, cette surtaxe douanière pourrait rendre « impossible les échanges transatlantiques ». La Commission tente de renouer le dialogue avec les Etats-Unis.

Une surtaxe douanière pouvant mettre fin au commerce transatlantique

Samedi, Donald Trump a annoncé dans un courrier adressé à Ursula von der Leyen l’application de droits de douane de 30% pour l’UE à compter du 1er août 2025.A l’issue d’une réunion des ministres du Commerce extérieur des 27 à Bruxelles, lundi, Marcos Sefcovic a déclaré que « le niveau de 30% est absolument inacceptable et prohibitif de tout commerce ». Il craint qu’une telle surtaxe douanière risque de rendre « presque impossible les échanges transatlantiques ».

Lundi soir, le commissaire européen au Commerce a tenté de contacter ses homologues américains. Il espère pouvoir poursuivre les négociations dans le but de trouver un accord commercial plus adéquat. De plus, Donald Trump a déclaré qu’il est « toujours ouvert à discuter, y compris avec l’Europe ».

La riposte européenne

Face à l’éventualité d’une solution non négociée, l’Union européenne n’est pas inactive. Elle affine en parallèle ses mesures de rétorsion. Une première liste de biens américains, représentant 21 milliards d’euros et potentiellement surtaxés, avait été suspendue jusqu’au 1er août. Désormais, une seconde liste, portant sur 72 milliards d’euros (initialement 95 milliards), a été présentée par la Commission aux États membres.

« Si l’on veut la paix, il faut préparer la guerre », c’est ainsi que le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, a expliqué cette décision.

Le ministre français du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, a ajouté que « la situation depuis samedi doit nous amener à changer de méthode », afin de « mettre sur la table la capacité de l’Union européenne à riposter ».

L’administration américaine utilise les droits de douane comme un levier de négociation et de sanction. Un jour, un accord est signalé avec l’UE pour apaiser un conflit commercial ; le lendemain, une taxe de 50 % est imposée sur des marchandises brésiliennes. Cette flexibilité donne l’impression que le président Donald Trump dispose d’un pouvoir discrétionnaire illimité pour influencer les États.

Cependant, la réalité est plus nuancée. La politique douanière aux États-Unis peut varier considérablement d’un port à l’autre, être affectée par des décisions de justice et même être contournée de manière ciblée par des importateurs astucieux. Ce jeu de bras de fer pourrait se retourner contre Donald Trump : les juridictions américaines, engorgées par des litiges douaniers, et les douanes débordées pourraient finir par neutraliser les ambitions du président.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Comment Macron fait surveiller le Net pour lutter contre les ingérences étrangères... par Elise Rochefort

Comment Macron fait surveiller le Net pour lutter contre les ingérences étrangères... par Elise Rochefort

Ce matin, Emmanuel Macron tient un conseil de défense, dont l'un des points à l'ordre du jour porte sur la "lutte contre les ingérences étrangères" à l'approche des élections municipales. Mais concrètement, comment s'organise cette surveillance du Net ? Le jour même où il annonçait l'introduction du passe sanitaire, le 13 juillet 2021, Emmanuel Macron signait le décret créant l'agence Viginum, chargée principalement de lutter contre les ingérences étrangères. Cette coïncidence peut évidemment ê


Rédaction

Rédaction

Pourquoi la Russie tarde-t-elle autant à gagner la guerre en Ukraine? par Thibault de Varenne

Pourquoi la Russie tarde-t-elle autant à gagner la guerre en Ukraine? par Thibault de Varenne

Depuis quatre ans, une certaine cohorte de « poutinolâtres », installée confortablement dans ses certitudes de salon franco-français, nous promet de façon ininterrompue une victoire russe imminente. À les écouter, l’armée ukrainienne ne serait qu’un château de cartes prêt à s’effondrer sous le souffle du « génie stratégique » du Kremlin. Pourtant, quatre ans plus tard, cette victoire se fait toujours attendre. Ce décalage abyssal entre le fantasme et le réel ne démontre pas seulement la minceur


Rédaction

Rédaction

Macron vient-il réellement de brader LMB Aerospace aux Américains ?

Macron vient-il réellement de brader LMB Aerospace aux Américains ?

C’est un refrain que la France entonne avec une régularité de métronome. Hier Alstom, Technip ou Photonis ; aujourd’hui LMB Aerospace. À chaque fois, la même sidération de façade, le même théâtre d’ombres parlementaire et, au final, la même signature au bas du contrat de cession. Alors que le dossier a été bouclé dans un silence de cathédrale en décembre 2025, la question revient, lancinante : la France de Macron vient-elle, une fois de plus, de brader sa souveraineté aux États-Unis ? Nous a


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Hausses de l'or et du franc suisse : que manque-t-il pour qu'un krach survienne ?

Hausses de l'or et du franc suisse : que manque-t-il pour qu'un krach survienne ?

Nous vivons un mois de janvier 2026 qui fera date dans les manuels d’histoire financière, si tant est qu’il reste encore des historiens pour documenter l’effondrement de notre paradigme monétaire. La situation est d’une clarté aveuglante pour qui refuse de porter les œillères de la presse subventionnée : nous sommes entrés dans la phase de « l’évacuation ». Pendant que les plateaux de télévision s’extasient sur la résistance héroïque du S&P 500 flirtant avec les 7 000 points, les deux seuls the


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe