Sommet OCS : l'Inde et la Chine font bloc contre les tarifs de Trump

Sommet OCS : l'Inde et la Chine font bloc contre les tarifs de Trump


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En marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), Xi Jinping et Narendra Modi affichent leur rapprochement, à quelques jours seulement de la décision de Donald Trump d’imposer 50 % de droits de douane sur les produits indiens. Ce sommet marque le retour du Premier ministre indien Narendra Modi en Chine après sept ans d’absence, Xi Jinping qui se positionne désormais comme l’architecte d’un nouvel ordre mondial multipolaire.

Selon Aljazeera, le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) se tient à Tianjin, en Chine, depuis le dimanche 31 août 2025. Le Premier ministre indien Narendra Modi fait partie des dirigeants mondiaux qui assistent à la réunion. Avant le début du sommet, il a déclaré au président chinois Xi Jinping que l’Inde est déterminée à améliorer ses relations avec la Chine. Modi a indiqué ce rapprochement avec Pékin quelques jours après l’annonce des droits de douane élevés sur les produits indiens par les Etats-Unis.  

Inde et Chine, de la rivalité à la coopération prudente

Le sommet de l’OCS se tient actuellement à Tianjin. Cette organisation a été créée en 2021. La Chine, la Russie, l’Iran, l’Inde, le Pakistan, le Kirghizistan, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan et la Biélorussie sont les principaux membres du bloc présenté souvent comme le contrepoids de l’OTAN. 16 autres pays sont aussi affiliés à l’OCS et ils jouent le rôle d’observateurs ou de « partenaires de dialogue ».

Le président chinois Xi Jinping accueillera une vingtaine de dirigeants d’Asie et du Moyen-Orient lors de cette rencontre. On cite entre autres le président russe Vladimir Poutine, son homologue turc Tayyip Erdogan et le président de la République islamique d’Iran Massoud Pezeshkian. Pour la première fois depuis sept ans, le Premier ministre Indien Narendra Modi assiste aussi à cette réunion de deux jours.

Avant le début du sommet, Modi a exprimé sa détermination d’améliorer les relations bilatérales. Il a particulièrement souligné son désir de se rapprocher de la Chine.

« Nous sommes déterminés à faire progresser nos relations sur la base du respect mutuel, de la confiance et de la sensibilité »

a-t-il déclaré à Xi Jinping. Le dirigeant indien a même diffusé un clip vidéo révélant sa rencontre avec le président chinois sur son compte X.

Cette déclaration montre à priori le déclin de la relation entre l’Inde et les Etats-Unis, des alliés de longue date. Elle survient en effet 5 jours après l’annonce des tarifs douaniers de 50% sur les produits indiens punitifs par Donald Trump. A priori, les Etats-Unis imposent une sanction à New Delhi pour avoir acheté du pétrole russe.

Xi Jinping a salué cette ouverture et appelé à ne pas « laisser la question de la frontière définir l’ensemble des relations sino-indiennes », rappelant que le développement économique devait primer sur la rivalité stratégique.

« Tant qu’ils resteront attachés à l’objectif primordial d’être des partenaires et non des rivaux, et d’offrir des opportunités de développement et non des menaces, les relations sino-indiennes prospéreront et progresseront de manière constante. »

a ajouté Xi Jinping.

L’OCS, vitrine de la multipolarité

Selon la journaliste Katrina Yu d’Al Jazeera, le dirigeant indien avait « fait le calcul qu’il devait se rapprocher de Pékin ». L’époque où les Etats-Unis se servaient de l’Inde pour contrôler l’Inde était révolue. Lors du sommet de dimanche, les problèmes liés à la frontière himalayenne ont été donc réglés. Pour rappel, elle était le théâtre d’affrontements meurtriers entre les troupes indiennes et chinoises en 2020.

Le dirigeant indien a déclaré que la Chine et l’Inde ont trouvé un accord sur la gestion des frontières et établir une atmosphère de « paix et de stabilité ».

Les deux pays ont annoncé la reprise des vols directs, suspendus depuis 2020, et se sont entendus sur la gestion des tensions frontalières dans l’Himalaya. Pékin a levé plusieurs restrictions sur ses exportations vers l’Inde, notamment sur les terres rares et les engrais, et a rouvert l’accès des pèlerins indiens aux sites bouddhistes du Tibet. De son côté, New Delhi voit dans ces gestes un signal de coopération face à la pression commerciale américaine.

L’ambassadeur chinois en Inde a même déclaré que Pékin serait « fermement aux côtés » de New Delhi contre les droits de douane imposés par Washington.

Aux côtés de la Russie, de l’Iran et de plusieurs pays d’Asie centrale, la Chine et l’Inde participent à une organisation qui prend des allures d’alternative à l’OTAN et aux alliances dominées par l’Occident. Avec plus de 3 milliards d’habitants et près d’un quart du PIB mondial, l’OCS illustre le basculement d’un monde multipolaire où le Sud global affirme de plus en plus sa voix. Comme le souligne Dylan Loh, chercheur à Singapour, Pékin veut faire de l’OCS et des BRICS « un modèle plus démocratique de relations internationales », débarrassé de l’hégémonie occidentale.

 



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