SNCF : derrière la sécurité, la question de la mise en concurrence

SNCF : derrière la sécurité, la question de la mise en concurrence


Partager cet article

Officiellement, les salariés de la SNCF protestent contre les conditions de sécurité de l’entreprise. Cette protestation s’est notamment traduite par l’exercice massif d’un prétendu droit de retrait. Mais cette question essentielle est directement corrélée à l’ouverture à la concurrence. La procédure de « mise en mouvement » des trains revue pour permettre la circulation de concurrents de la SNCF sur les lignes du réseau doit en effet entrer en vigueur le 15 décembre. Voilà un puissant motif pour faire réussir le mouvement du 5 décembre.

La SNCF sera confrontée à la concurrence dans les mois qui viennent. Désormais, le pilotage de la marge opérationnelle devient un élément essentiel dans la structuration du groupe. Une étape sera franchie le 15 décembre sur ce chemin escarpé, avec la mise en œuvre des nouvelles procédures dites « AUM », c’est-à-dire d’autorisation de mouvement des trains.

Dans la pratique, la SNCF sera dépossédée de son monopole sur la circulation des trains et devra se plier à des procédures ouvertes à la concurrence. Cette évolution fait bondir les syndicats, et singulièrement la CGT Cheminots. On notera les propos de celle-ci:

Une des premières raisons justifiant le maintien de l’AuM reposerait sur un refus des autres entreprises ferroviaires de reporter la date de mise en place. Elles prétendent être prêtes pour ce changement et avoir formé tous leurs personnels. Comment seraient-elles prêtes alors que tous les documents sécurité ne sont pas en distribution ou rédigés ?

Donc, pour la direction, la cohabitation des 2 systèmes ne sera pas envisageable entre les procédures de départ pour l’entreprise historique et l’autorisation de la mise en mouvement pour les entreprises privées. Tous les arguments avancés par la direction ne sont que des fabulations qui relatent la mauvaise foi des « pseudo-experts métiers ».

Le combat pour la sécurité constitue ici l’habillage d’une lutte pied à pied contre la concurrence, et en particulier contre le risque de voir un acteur indépendant n’accorder aucun privilège à la SNCF dans la circulation de ses trains. Les mouvements de décembre risquent donc de constituer un puissant ultime baroud d’honneur.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Le vote à l’Assemblée sur la constitutionalisation de l’IVG a divisé les partis de droite
30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

Le vote à l’Assemblée sur la constitutionalisation de l’IVG a divisé les partis de droite

Le débat sur la constitutionalisation de l'IVG a profondément divisé les partis de droite, Rassemblement National et Républicains à l'Assemblée. Emmanuel Macron peut se réjouir: il a une fois de plus montré qu'il n'avait pas d'adversaire idéologiquement constitué; il a divisé les deux groupes d'opposition de droite; il a tendu un piège, qui a fonctionné, à Marine Le Pen. Cependant le résultat du vote montre qu'être de  droite, c'est précisément ne pas accepter, comme force politique, les diktats


CDS

CDS

« Haro sur l’extrême-droite »: cette comédie politique déconnectée
30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

« Haro sur l’extrême-droite »: cette comédie politique déconnectée

"Haro sur l'extrême-droite" est un spectacle qui est bien parti pour rattraper "La Cantatrice Chauve" de Ionesco jouée sans interruption à Paris, au théâtre de la Huchette depuis 1957. En l'occurrence, nous avons affaire à une (mauvaise) comédie politique, jouée sans interruption depuis  le 13 février 1984, jour où Jean-Marie Le Pen était l'invité de L'Heure de Vérité, la célèbre émission politique de l'époque.  Depuis lors, nous avons affaire à un feuilleton ininterrompu d'épisodes, dont l'anal


CDS

CDS

Pourquoi le cours de l'or a baissé aujourd'hui, par Vincent Clairmont

Pourquoi le cours de l'or a baissé aujourd'hui, par Vincent Clairmont

La chute du cours de l'or observée aujourd'hui, le 30 janvier 2026, est directement liée à la nomination de Kevin Warsh par le président Donald Trump pour succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale (Fed). Cette baisse s'explique par trois mécanismes financiers majeurs déclenchés par ce choix : 1. Le profil "Hawkish" (Faucon) de Kevin Warsh Kevin Warsh est perçu par les marchés comme un "faucon", c'est-à-dire un responsable favorable à une politique monétaire plus stricte po


Rédaction

Rédaction

Arno Klarsfeld en rajoute une louche dans la concurrence victimaire de la Shoah

Arno Klarsfeld en rajoute une louche dans la concurrence victimaire de la Shoah

L'actualité nous offre une nouvelle séquence dont la mise en scène frise l'indécence. Arno Klarsfeld, figure médiatique et héritier d'un combat mémoriel nécessaire, a décidé de porter plainte pour « incitation à la haine » suite à des tweets qualifiés d'« abjects ». Au cœur du litige : ses propos sur l'utilisation du terme « rafles » pour qualifier les interpellations d'étrangers en situation irrégulière. Si l'on peut, par principe, condamner la violence numérique des réseaux sociaux, il est


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

En plein regain diplomatique, Bruxelles cherche son salut à Hanoï

En plein regain diplomatique, Bruxelles cherche son salut à Hanoï

L'Union européenne a officialisé un "partenariat stratégique global" avec le Vietnam. Bruxelles se hisse au rang des grandes puissances à Hanoï. Une opération de communication diplomatique qui cache mal une fuite en avant pour tenter de peser dans un monde multipolaire. Alors que les projecteurs étaient braqués sur les tensions commerciales entre Washington et Pékin, l'Union européenne a discrètement procédé, jeudi, à une mise à niveau majeure de ses relations avec le Vietnam.  Le Vietnam et l’


Rédaction

Rédaction

Chronique des craquements dans la caste : les pompiers lillois et les CRS

Chronique des craquements dans la caste : les pompiers lillois et les CRS

Le jeudi 29 janvier 2026, les rues de Lille n'étaient pas le théâtre d'une énième manifestation citoyenne, mais d'une collision frontale entre deux piliers du régime : les soldats du feu et les forces de l'ordre. Plus de 700 pompiers ont forcé les lignes, rappelant une vérité que le pouvoir central feint d'ignorer : lorsque la base n'a plus les moyens de sa mission, c'est l'ordre public qui s'effondre. Le jeudi 29 janvier, plus de 700 pompiers du département du Nord se sont réunis à Lille pour


Rédaction

Rédaction