Reconfinement : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Reconfinement : y a-t-il un pilote dans l’avion ?

Le reconfinement est devenu le nouveau sujet de montagnes russes telles que le Président Macron les aime. Alors que, dimanche dernier, le Journal du Dimanche avait assuré qu'il serait annoncé mercredi soir par le Président de la République, il semblerait désormais qu'il y ait du branle dans le manche. Hier soir, un dîner s'est tenu à l'Elysée pour évoquer les scénarios possibles. Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a parlé d'un "reconfinement très serré". On attend l'arbitrage présidentiel comme la parole du Messie. En attendant, l'opinion doit vivre au rythme de ses incertitudes dont il n'est pas du tout sûr qu'elle calme la colère qui gronde contre la privation des libertés.

Mais quand débutera le troisième confinement en moins de douze mois ? Car nous sommes tous persuadés désormais qu’un reconfinement aura lieu, mais le Président hésite, semble-t-il, sur la formule et sur le calendrier.

Les scénarios de reconfinement à l’étude

Au cours d’un conseil de défense qui a duré 2h15, puis au cours d’un dîner de la majorité organisé à l’Elysée, la macronie a débattu des scénarios possibles de reconfinement. Selon Gabriel Attal, à l’occasion de sa conférence de presse à 18 heures, trois scénarios sont à l’étude, allant du maintien du statu quo actuel (avec un couvre-feu à 18 heures) jusqu’à un reconfinement « très serré ». L’hypothèse intermédiaire consisterait visiblement à laisser les écoles ouvertes jusqu’aux vacances, dont le calendrier serait peut-être modifié. Pour l’instant, on n’en sait pas plus.

La peur d’une sédition fait trébucher Macron

Si Emmanuel Macron hésite à reconfiner comme un seul homme, c’est évidemment à cause des appels à la désobéissance civile qui se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Collectivement, on sent bien qu’une partie des Français n’est guère prête à se reconfiner. Il suffit de suivre le hashtag « Je ne me reconfinerai pas » sur Twitter pour comprendre que les irrédentistes représentent une part substantielle de l’opinion.

A titre d’exemple, un groupe de plus de 3.000 restaurateurs s’est constitué sur Facebook pour évoquer une réouverture de force le 1er février.

Cette réaction peut-elle aller jusqu’à des émeutes comme en Hollande ? C’est la crainte du Président.

Un calendrier encore imprécis

La difficulté n’est plus guère de savoir si un reconfinement aura lieu, mais plutôt quand il aura lieu.

On le voit ci-dessus, le nombre de personnes en réanimation est à nouveau sur une pente ascendante, ce qui laisse craindre un « débordement » des hôpitaux dans les prochaines semaines si la tendance se confirme.

Il se murmure que la décision d’Emmanuel Macron pourrait être prise demain et que le confinement commence la semaine prochaine. Mais, pour l’instant, rien n’est sûr.