Reconfinement : l’étude italienne qui change tout…

Reconfinement : l’étude italienne qui change tout…


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Le reconfinement est-il la meilleure solution pour empêcher la propagation du virus ? Une étude italienne produite par l’ISPI (Istituto degli Studi di Politica Internazionale) vient de montrer que, beaucoup plus efficace que le confinement généralisé, une mise à l’isolement des personnes les plus fragiles permettrait d’obtenir de meilleurs résultats en termes de baisse de la mortalité, et retarderait fortement le recours au confinement généralisé. Voilà une étude documentée qui change en profondeur la vision que l’on peut avoir en matière de stratégie sanitaire pour enrayer la propagation de la maladie.

L’Italie a-t-elle trouvé une parade au confinement généralisé ? On peut se poser la question en parcourant l’intéressante étude de l’Istituto per gli Studi di Politica Internazionale (ISPI) consacrée au sujet, qui chiffre les bénéfices humains que l’on pourrait tirer d’un confinement limité aux seules personnes vulnérables, à savoir les plus âgés.

Une étude italienne montre comment réduire drastiquement la mortalité

Selon Matteo Villa, chercheur associé de l’institut, un confinement limité aux seules personnes vulnérables permettrait de quasiment supprimer la mortalité du virus sans modifier fondamentalement les grands équilibres économiques. Sous le titre « Comment retarder le confinement ? isolement des personnes âgées et mortalité », il écrit notamment : « Si l’on réussissait à isoler efficacement les plus de 60 ans, la mortalité descendrait à 0,07% de la population, soit près de dix fois moins (que sans confinement). »

On le voit, l’étude permet de calculer les bénéfices humains apportés par un confinement ciblé par catégorie d’âge, sans lequel la mortalité attendue du virus monte à  0,76% de la population.

Bergame immunisée ?

Les Italiens s’interrogent désormais sur un étrange phénomène : l’apparente immunité dont bénéficient les villes les plus sinistrées par le virus lors de la première phase de l’épidémie. En particulier à Bergame, le nombre de cas détectés n’augmente que de 7% en octobre (9% à Crémone), contre 60% dans la toute proche Milan, ou 65% à Varese. Il est très probable que les habitants de Bergame aient désormais développé une immunité collective,, après avoir payé le prix fort de la contagion au printemps. 

Un choix moral difficile à soutenir

Ce qui pose problème évidemment, dans cette proposition de limiter le confinement aux plus anciens tient à sa dimension morale : faut-il ou non impliquer toute la société (y compris ceux qui ne sont pas menacés par le virus) dans la lutte contre la propagation de l’épidémie, ou faut simplement isoler ceux qui sont les plus en danger ?

Dans la pratique, les plus de 60 ans représentent désormais une force politique active que les élus entendent ménager. Mais, comme nous l’indiquions, tout montre désormais que le choix d’un confinement généralisé, qui nous ruinera pour de nombreuses années, a toutes les apparences d’une guerre de générations, comme Didier Picot le soutenait hier dans nos colonnes.

La question reviendra probablement sur le tapis dans les semaines à venir, à mesure que l’endurance de la société française face à un confinement qui devrait durer plusieurs mois s’essoufflera.

En France aussi, ça commence à résister

Non, le confinement ne passe pas comme une lettre à la poste. Matteo Ghisalberti, rédacteur en chef de Putsch, évoque pour nous la situation en Italie. Retrouvez notre article du jour consacré à ce sujet, et aussi le communiqué que nous relayons pour forcer le gouvernement à agir. 
Mortalité du virus par tranche d'âge

Une affaire qui n’est donc pas achevée

Dans un contexte où la capacité des sociétés occidentales à endurer un nouveau confinement est encore très incertaine, l’intérêt de l’étude de l’ISPI est de documenter et de chiffrer les résultats que pourrait apporter une autre politique, dite du confinement sélectif. Et tôt ou tard, nous avons la conviction que nos décideurs publics devront bien s’y consacrer.


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